Santé / Sports

Les produits solaires «spécial montagne» sont-ils vraiment meilleurs que les autres?

Temps de lecture : 3 min

Dévaler les sommets doté d'une bonne crème solaire? Indispensable pour ne pas s'exposer aux risques de cancer.

La bonne formulation d'un produit solaire  destiné à la montagne est plus rare qu'on le croit. | Pexels via Pixabay
La bonne formulation d'un produit solaire destiné à la montagne est plus rare qu'on le croit. | Pexels via Pixabay

Pour les chanceuses et les veinards, c’est le temps des vacances à la montagne. Avant de partir, il convient de faire un tour dans un magasin de sport pour compléter sa garde-robe et, surtout, de rechercher le combo –crème solaire + stick labial– le plus efficace en matière de protection vis-à-vis des ultra-violets. Cette année encore, des produits solaires estampillés «montagne» ou «ski», présentés comme spécifiquement adaptés à une utilisation en montagne, ont été mis sur le marché. Mais sont-ils différents des autres crèmes solaires?

La lèvre inférieure, cible privilégiée des UVB

Le rayonnement ultra-violet augmente quand on s’élève en altitude, en particulier quand on est exposé à la gamme des UVB. On a l’habitude de dire que la quantité de radiations nocives augmente de 4% tous les 300 mètres, sans donner plus de précision. En réalité, cette valeur est loin d’être une constante. En fonction de la localisation et du climat, les résultats d’exposition seront différents. Dans les Andes, par exemple, et par temps sec, l’augmentation ne dépasse pas les 15% par mille d’altitude. Dans les Alpes, en revanche, y compris par temps de brouillard, l’augmentation monte à 24%.

Le phénomène de réflexion du rayonnement incident –sur la neige, qui est blanche– doit être pris en compte. On sait que les UVB sont responsables de coups de soleil et de cancers cutanés (les carcinomes, par exemple, sont localisés au niveau des zones de peau découvertes et au niveau de la bouche, tout spécialement au niveau de la lèvre inférieure plus exposée aux radiations UV). Ils sont également à l’origine de problèmes oculaires sérieux. Chez les guides de haute montagne, on constate que le vieillissement oculaire est plus important que pour le reste de la population avec, en particulier, un risque accru de cataracte corticale antérieure pour celles et ceux qui travaillent à plus de 3.000 mètres d’altitude. Le skieur peut souffrir, quant à lui, d’ophtalmie des neiges, également appelée photokératite, qui se traduit par des brûlures oculaires comparables à celles des grains de sable incrustés sous la paupière. Pour éviter ce type de désagrément, le port de lunettes à verres protecteurs s’impose.

La protection solaire étiquetée «montagne», un choix restreint parmi la gamme

Pour être bien protégé en montagne, on utilisera un produit de très haute protection (SPF 50+). Photo-stable obllige, il faudra appliquer ce produit toutes les deux heures. Il devra contenir le minimum d’ingrédients, mais le maximum de filtres. Devront en être exclus l’alcool (un exhausteur de pénétration) et les extraits végétaux aux vertus anti-inflammatoires. Si la résistance à l’eau fait partie des critères cruciaux lorsqu'il s'agit de choisir une crème solaire destinée aux vacances à la mer, les priorités en termes de formulation du produit changent lorsqu'on doit se protéger dans l'environnement montagneux des sports d’hiver.

Attention à la composition de votre crème solaire: la mention «montagne» n’est pas un gage de qualité. Un sommet en Suisse.| Julius_Silver / Pixabay

Présence d’alcool, de palmitate de rétinyle, problème de photostabilité ou de niveau d’efficacité… Le choix d’une protection solaire efficace se révèle aussi complexe l’hiver que l’été. Parmi les formules disponibles dans le commerce à destination du vacancier qui part à l'assaut des glaciers, le nombre de références qui répond à toutes les exigences de qualité est extrêmement réduit. La mention «montagne» n’est donc pas un gage de qualité. Il devient urgent qu’une prise de conscience se fasse au niveau de l’industrie cosmétique sur la question.

Ne négliger aucune zone du visage

Appliquer une généreuse couche de protection solaire sur l’ensemble du visage est indispensable. Une étude menée par des Anglais et publiée en 2017 montrait que la zone d’application fréquemment négligée par les personnes utilisant de la crème solaire était la zone péri-oculaire.

Outre le tour des yeux, les ailes du nez, le menton et le sommet des oreilles ne devront pas, non plus, être oubliés. Les lèvres doivent également être bien protégées; si la dose erythématogène minimale (DEM) est en général 25% plus élevée que celle mesurée au niveau du dos –ce qui témoigne d’une plus grande résistance vis-à-vis des UV– il convient d’être prudent et de diminuer au maximum le risque de cancérogenèse. Ajoutons également que les personnes souffrant d’herpès labial doivent tout particulièrement penser à se protéger dans la mesure où l’exposition solaire constitue un facteur déclenchant d’une crise virale.

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.The Conversation

Céline Couteau Maître de conférences en pharmacie industrielle et cosmétologie, Université de Nantes

Laurence Coiffard Professeur en galénique et cosmétologie, Université de Nantes

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