Monde

Le laser, une arme de destruction massive contre les moustiques

Slate.fr, mis à jour le 13.02.2010 à 16 h 52

Une arme de destruction massive pour lutter contre le paludisme? C'est ce que propose Nathan Myhrvold, l'ancien patron de la division techno de Microsoft et actuel dirigeant d'Intellectual Ventures. A en croire la présentation qu'il a faite vendredi lors des prestigieuses conférences TED qui rassemble des experts de tout horizon, il s'agit d'utiliser le laser pour abattre les moustiques porteurs de la maladie dévastatrice.

Au premier coup d'œil, l'idée du «Tony Soprano de l'innovation» semble d'autant plus saugrenue que les pays où le palu fait le plus de dégâts n'ont même pas les moyens de se payer des moustiquaires. Autant dire que ce dérivé de la guerre des Etoiles pourrait revenir à un saut technologique du plus stupide effet... Sauf que Nathan Myhrvold utilise des bouts de ficelle pour créer sa «photonic fence» («clôture photonique») — vieilles imprimantes, appareils photos numériques, etc achetés sur eBay — qui foudroie les moustiques en plein vol.

Si cela ressemble une vidéo humoristique néerlandaise façon télé-achat, rappelle le blog Sciences du Monde, c'est peut-être parce que l'idée, née d'une discussion entre Myhrvold et son ancien patron Bill Gates, très impliqué dans la lutte contre la maladie, faisait référence à la guerre des Etoiles (pas le film, le système de protection anti-missiles américain. Quoique).

Comment ça marche? Démonstration: les moustiques cibles sont rassemblés dans une cage de verre, avant de se faire désintégrer par le laser. Effet loupe avec une vidéo en slow-motion: le moustique cobaye décolle avant d'être allumé par un rayon bleu. Ne reste plus que quelques bouts d'ailes et un nuage de fumée. Selon le chercheur, le laser peut toucher entre 50 et 100 moustiques à la seconde, sans toucher un humain ou un papillon, car le logiciel lié au rayon enregistre d'abord les mouvements et la taille de ce qui bouge avant de décider de frapper. Au point que le système pourrait épargner les mâles — ce sont les femelles qui piquent — pour augmenter l'efficacité du rayon.

Selon Myhrvold, ce système ne coûte pas très cher, environ 50 dollars (36 euros). Ce système passera-t-il un jour des conférences TED à l'Afrique? Y sera-t-il efficace hors de sa bulle de verre? Avec plusieurs centaines de millions de personnes malades chaque année et entre un et trois millions de décès par an, ça vaut le coup d'essayer.

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