Sciences

Trouve-t-on des gènes liés à l'intelligence sur le chromosome Y?

Temps de lecture : 2 min

Mauvaise nouvelle pour les hommes, la recherche répond par la négative.

Le chromosome Y, qui détermine le phénotype masculin, ne comporte que 350 gènes. | Geralt via Pixabay
Le chromosome Y, qui détermine le phénotype masculin, ne comporte que 350 gènes. | Geralt via Pixabay

Cet article est publié en partenariat avec Quora, plateforme sur laquelle les internautes peuvent poser des questions et où d'autres, spécialistes du sujet, leur répondent.

La question du jour: «Y a-t-il des gènes liés à l’intelligence sur le chromosome Y?»

La réponse de Suzanne Sadedin, docteure en biologie de l’évolution, diplômée de l'Université Monash (Australie):

Aucun gène augmentant l’intelligence n’a été trouvé sur le chromosome Y, même si certains gènes de ce chromosome s’expriment dans le cerveau et peuvent d’ailleurs entraîner des problèmes cérébraux en cas de dysfonctionnement.

Certaines versions du chromosome Y semblent notamment associées à une hausse de l’agressivité et de l’alcoolisme, et plusieurs gènes peuvent influer sur des maladies davantage répandues chez les hommes, comme le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), l’addiction et l’autisme –des études suggèrent qu’une duplication du chromosome Y est liée au TDAH et à l’autisme.

Le chromosome Y est tout petit: il contient seulement 350 gènes, dont la plupart sont cassés. La région proprement masculine du chromosome Y –celle qui ne se recombine pas avec le chromosome X– produit vingt-sept types de protéines, dont certains s’expriment dans tout l’organisme, y compris dans le cerveau; les autres types s’expriment principalement ou exclusivement dans les testicules.

Expressions divergentes

À une exception près, les gènes masculins du chromosome Y dont on sait qu’ils s’expriment dans le cerveau sont des copies fonctionnelles de gènes présents sur le chromosome X. Ces gènes du chromosome Y pourraient encore influencer le développement cognitif, car ils peuvent s’exprimer différemment des versions du chromosome X.

L’exception? SRY, le gène déterminant le sexe. À un stade précoce du développement, SRY interagit avec de nombreux autres gènes pour stimuler la croissance des testicules et d’autres attributs masculins. Les testicules produisent de la testostérone, qui constitue sans doute le principal facteur de différenciation sexuelle du cerveau. Mais SRY s’exprime également dans le cerveau lui-même, dans certaines parties de l’hypothalamus, ainsi que dans les lobes frontal et temporal.

La recherche soupçonne que chez les hommes, SRY est susceptible d’affecter le développement du système responsable de la production de dopamine, l’un des neurotransmetteurs les plus importants. Le cas échéant, un dysfonctionnement du gène SRY pourrait expliquer pourquoi certains troubles liés à la dopamine –tels que le TDAH et l’addiction– sont plus fréquents chez les hommes.

Le gène PCDH11 est également intéressant. Ce gène uniquement présent chez les hominidés influence le développement précoce des tissus formant le système nerveux. La version Y s’exprime quelque peu différemment de la version X; par exemple, PDCH11X est davantage transcrit dans le cervelet, tandis que PCDH11Y est davantage transcrit dans les testicules et plusieurs autres organes. Cela contribuerait à expliquer pourquoi les hommes sont plus exposés à certains troubles impliquant le cervelet, comme le TDAH et l’autisme.

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