Boire & manger

Pour la Saint-Valentin, sortez le grand jeu gastronomique

Temps de lecture : 7 min

Les établissements affichent complet comme jamais dans l'année.

Le Moulin Rouge | © Sandie Bertrand
Le Moulin Rouge | © Sandie Bertrand

Notre sélection de lieux parisiens.

Féerie au Moulin Rouge à Paris

Le plus fameux spectacle de music-hall d’Europe –soixante-dix girls et boys sur scène– sera joué deux soirs de suite, les 14 et 15 février. Les représentations sont données après le beau dîner du chef exécutif David Le Quellec, époux de Stéphanie, nouvelle double étoilée du Prince de Galles à Paris (75008).

Au Moulin Rouge, tartare de veau de Corrèze, crémeux d’oseille rafraîchi au caviar Kristal Schrenkii | © Moulin Rouge, Zekser Cyril

Jamais la mise en scène de la Revue n’a atteint un tel niveau de perfection: la succession de tableaux vivants, la parade des «Doriss Girls» les seins nus, le french-cancan endiablé (deux fois), la naïade au milieu des pythons, le bal du gouverneur, les chevaux nains, les attractions innovantes, les jongleurs, équilibristes, prestidigitateurs de classe internationale et la splendeur des décors et costumes (superbes): tout cela s’enchaîne selon un rythme haletant, l’œil est comblé et l’humeur du public enjouée fait plaisir à voir.

Au Moulin Rouge, la Vanille Bourbon | © Moulin Rouge, Zekser Cyril

Au menu de six plats et champagne rosé, le tartare de daurade, le ceviche de Saint-Jacques aux condiments, les poireaux et filets de caille rosés, le filet de bar sauce maltaise, le suprême de volaille au foie gras et ses ravioles sauce poulette et, pour finir, la fleur de granny smith et pana cotta, plus un cadeau souvenir par couple.

Deux heures de plaisir à table et de beauté sur scène, c’est unique à Paris, 600.000 spectateurs et spectatrices par an, une performance olympique.

82 boulevard de Clichy 75018 Paris. Tél.: 01 53 09 82 82. Dîner spectacle à 20 heures, 240 euros tout compris. Autres jours, 190 euros la soirée et le dîner.

La Saint-Valentin à l’Épicure du Bristol

Éric Fréchon, MOF, trois étoiles et son alter ego Franck Leroy ont conçu un dîner d’anthologie dans la belle salle à manger du palace ouverte sur le jardin intérieur.

À l’Épicure du Bristol, langoustines royales | © Benoît Linero

Au menu somptueux, les langoustines royales au piment d’Espelette, juste cuites dans un bouillon clair, le céleri-rave à la truffe noire rôti à la broche, oignon paille et lard fumé, le homard breton à la polenta moelleuse aux truffes noires et premières asperges vertes, le canard challandais rôti aux feuilles de mûrier, jus épicé, le brie de Meaux affiné aux fruits du mendiant, la truffe noire en dessert aux noisettes, glace à la truffe noire, sauce au chocolat gianduja. Une noble fête des papilles qui a son prix. 680 euros.

À l’Épicure du Bristol, œufs King Crab, mayo au gingembre et citron | © Aimery Chemin

Au 114 Faubourg, le second restaurant au premier sous-sol, le menu du chef Loïc Dantec est beaucoup plus simple, mais très alléchant: œuf cocotte, crème fumée au caviar de Sologne, les ravioles de langoustines à la coriandre, bouillon au gingembre, les noix de Saint-Jacques à la plancha, l’agneau de lait cuisiné de la tête aux pieds, le baba infusé au jus d’hibiscus, sorbet pamplemousse. 190 euros le 14 février seulement.

Au 114 Faubourg, soupe d’artichaut, escalope de foie gras poêlée, émulsion à la truffe noire | © Roméo Balancourt

112 rue du Faubourg Saint-Honoré 75008 Paris. Tél.: 01 53 43 43 00. Menu au déjeuner à 145 euros. Au bar très chic, spécialités françaises et étrangères pas données. Les restaurants n’ont pas de fermeture. Le grand hôtel est affilié à Oetker Collection, propriétaire de l’Hôtel du Cap d’Antibes.

L’Agapé

Menu Carte Blanche à l’Amour le 14 février. Laurent Lapaire, concepteur de restaurants de cuisine contemporaine –il a découvert David Toutain, double étoilé en 2019– a installé aux fourneaux le jeune chef Benoît Dumas dont toutes les assiettes sont ciselées et engageantes, au-delà de la première étoile.

Au restaurant l’Agapé, huîtres, oseille et mandarine | © Dumas Benoît

Cette table de gourmets patentés est habilement relancée et les sept plats de la Saint-Valentin sont à marquer d’une pierre blanche. Les voici: l’émincé de Saint-Jacques à la poire, l’œuf de poule bio à la truffe noire, les ormeaux sauvages du Trégor, le homard de Roscoff dans un consommé aux algues, le ris de veau aux truffes noires et chou farci, la crème glacée vanille et gingembre, le chocolat Guanaja et sorbet cerise. Que des surprises gourmandes dans une salle à manger lumineuse. 250 euros, 375 euros, accord mets et vins.

51 rue Jouffroy-d’Abbans 75017 Paris. Tél.: 01 42 27 20 18. Menu au déjeuner à 52 euros. Fermé samedi et dimanche. Voiturier.

La Maison de la Truffe (1932)

Rien de mieux que le diamant noir pour célébrer la fête des amoureux. Les deux adresses parisiennes de ce conservatoire de la truffe noire (et blanche en saison) offrent un ensemble inégalable de préparations à la tuber melanosporum (de décembre à mars), la reine du champignon magique si mystérieux.

À la Maison de la Truffe, brie de Meaux à la truffe noire | © La Maison de la Truffe

Parmi les entrées froides, la baguette truffée et le croque-au-sel à la truffe (20 euros), la buratina truffée (38 euros), le vitello tonnato (39 euros) rivalisent avec le délicieux velouté de châtaigne et dés de foie gras de canard (37 euros) et les noix de Saint-Jacques escortées de trofie (pâtes italiennes) au corail d’oursins (42 euros) ou le tournedos de bœuf au foie gras et truffes melano (46 euros), frites en sus.

Parmi les plats signatures, l’admirable truffe noire melano en feuilleté et sa sauce Périgueux, au dîner (145 euros), ou la très rustique et noble pomme de terre au four, crème truffée et perles de melano (32 euros).

Aussi le mini-burger à la truffe noire et frites (32 euros) et la fameuse purée à la truffe noire, buffala et roquette (46 euros) –ces préparations ont fait la notoriété de la Maison de la Truffe.

À la Maison de la Truffe, brouillade à la truffe noire | © La Maison de la Truffe

À côté des œufs, accompagnements naturels du diamant noir, la brouillade d’œufs de poule, moelleuse et parfumée (26 ou 40 euros) est un «must» que réussit à merveille le chef Xavier Caussade de la rue Marbeuf. Il a été formé par le maestro landais Alain Dutournier au Carré des Feuillants, un as du champignon magique.

Les pâtes et les risotti restent des partenaires réguliers de la truffe noire, melano, brumale ou tuber aestivum: six préparations au choix dont les taglierini à la truffe, crème truffée (29 ou 43 euros) et le risotto à la truffe avec ou sans langoustines (35 ou 45 euros). Aussi au homard breton (78 euros).

Le menu dégustation comprend six assiettes à la truffe dont une spécialité fromagère (le tout à 119 euros). C’est le dîner de fête idéal pour les vrais accros au diamant noir.

14 rue Marbeuf 75008 Paris. Tél.: 01 53 57 41 00. 19 place de la Madeleine 75008 Paris. Tél.: 01 42 65 53 22.

Au Shangri-La, l’Abeille

Au sous-sol de ce magnifique palace asiatique donnant sur la Tour Eiffel, le grand restaurant dont l’enseigne fait référence à l’Empereur est d’une élégante sobriété. Il bénéficie du savoir-faire, de la gestuelle, de la créativité de Christophe Moret, ancien du Plaza et de Lasserre. Sa partition éblouissante se découvre dans ses pommes soufflées à la marmelade de truffes noires (95 euros) et la poulette de Bresse sauce Albufera à la truffe noire (115 euros): de la haute cuisine d’un extrême raffinement, bien au-delà de la seconde étoile accordée par le Michelin. À quand la troisième?

Au restaurant l’Abeille, feuille à feuille de foie gras de canard | © Bernhard Winkelmann

Pour le dîner d’exception du 14 février, le maestro a prévu l’araignée de mer en fine gelée de caviar gold, les Saint-Jacques aux ormeaux, asperges et ragoût «primavera», les aiguillettes de turbot et pommes de terre à la truffe noire, le homard aux courges et châtaignes en cocotte, les pomelos à la vanille et le thé au jasmin: un admirable menu en hommage à la tradition française –le luxe gastronomique bien compris. Au choix, le champagne Roederer rosé ou le Klein Constantia, le muscat envoûtant d’Afrique du Sud que savourait Napoléon à Sainte-Hélène. 390 euros.

Au restaurant l’Abeille, oursin et caviar en délicate royale | © Bernhard Winkelmann

10 avenue d’Iéna 75016 Paris. Tél.: 01 53 67 19 90. Au dîner seulement, menu à 260 euros. Fermé dimanche. Au Bauhinia, beau salon-salle à manger du rez-de-chaussée, style chinois, le fameux Pad Thai végétarien (30 euros) et la sole bien française au menu du déjeuner à 38 ou 45 euros. Le verre de Clicquot à 22 euros.

Le Petit Sommelier

Pour les accros de la cuisine bistrotière, voici le bon plan idéal. En face de la gare Montparnasse, Pierre Vila Palleja, très fin œnophile, a développé la brasserie de ses parents en restant fidèle à de bons professionnels comme Bobosse à Lyon d’où ces plats rustiques nobles soignés et goûteux.

Au restaurant le Petit Sommelier, millefeuille d’anguille fumée, foie gras, pomme grany et raifort | © Le Petit Sommelier

Le pâté en croûte au fil des saisons (14,50 euros), la tarte fine de boudin noir de l’excellent Christian Parra aux champignons et caviar d’aubergines (14,50 euros), le millefeuille d’anguille fumée au foie gras (14,50 euros) sont les prémices de viandes maturées, la poitrine de veau fermier confite aux carottes et condiments (19,50 euros), la pintade fermière rôtie, épeautre et sarrasin au citron, tomates confites, harissa (19,50 euros), le bœuf bourguignon mariné au vin rouge, oignons et lard (19,50 euros) et les pièces de bœuf des frères Metzger, le tartare de Charolais au couteau, frites (14,90 ou 29,50 euros), le T-Bone de 400 grammes, maturation spéciale, béarnaise et frites (46 euros), la côte de bœuf Grand Cru de 1,2 kilo, frites, salade (150 euros pour deux): tout cela emballe les carnivores voraces, nombreux dans cette maison humble et conviviale.

Au restaurant le Petit Sommelier, pâté en croûte de ris de veau, foie gras, volaille à l’Oloroso | © Le Petit Sommelier

Les fromages sont affinés par Hervé Mons, grand MOF à Roanne, et les glaces sont artisanales (rhum raisin), le riz au lait et la mousse au chocolat à volonté. Une adresse pour Gargantua, il en faut.

La carte des vins, mille références, un exploit majeur, recèle des trésors: Vouvray 2005 (42 euros), Chassagne-Montrachet blanc de Ramonet 2012 (95 euros). En rouge, la Côte Rôtie 2015 de Jamet (95 euros), le Gevrey Chambertin d’Armand Rousseau 2005, un chef-d’œuvre (180 euros), et pour finir en apothéose, le jurançon de Larrey 2016 (9,50 euros le verre), le grand Sauternes Suduiraut 1982, belle année (85 euros la demi). Qui dit mieux dans la bistronomie parisienne?

49 avenue du Maine 75014 Paris. Tél.: 01 43 20 95 66. Menu-carte à 37 euros servi midi et soir. Fermé dimanche.

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