Sciences

Pourquoi certains serpents sont-ils plus venimeux que d'autres?

Temps de lecture : 2 min

Tout (ou presque) est une question de nourriture.

 Pas touche au crotale  | Cloudtail the Snow Leopard via Flickr CC License by
Pas touche au crotale | Cloudtail the Snow Leopard via Flickr CC License by

La phobie des serpents est l'une des plus courantes au monde et n'a, à la base, rien d'irrationnel: leurs morsures venimeuses en font de redoutables prédateurs. Reste que certaines espèces, comme les cobras, les boomslangs ou les crotales possèdent une réserve de venin bien supérieure à leurs besoins –capable de tuer des milliers de leurs proies naturelles et une bonne tripotée d'humains– quand d'autres, à l'instar du serpent marin Aipysurus eydouxii, ont un venin si faible qu'il le rend quasi inoffensif. Pourquoi la capacité létale ou paralysante du venin de serpent varie-t-elle autant d'une espèce à l'autre?

Une étude, menée par des scientifiques de l'Université nationale d'Irlande à Galway, de l'Université de St Andrews, du Trinity College de Dublin et de la Société zoologique de Londres, révèle pourquoi certains serpents sont beaucoup plus mortels que d'autres. Le secret est évolutionnaire: les venins ont évolué pour être les plus efficaces contre les animaux phylogénétiquement les plus proches de ceux que les serpents ont l'habitude de manger.

Ce que Kevin Healy, l'auteur principal de l'article, résume en ces termes: «Ces résultats sont logiques d'un point de vue évolutionnaire car on pouvait s'attendre à ce que l'évolution ait façonné les venins pour les rendre les plus mortels vis-à-vis des proies les plus fréquentes des serpents. Vous ne trouverez pas beaucoup de souris dans la mer alors il ne fallait pas s'attendre à ce qu'un serpent marin développe un venin plus efficace pour tuer les souris que les poissons».

Un travail qui montre aussi que la quantité de venin qu'un serpent renferme dépend autant de sa taille que de son milieu. Les glandes venimeuses les plus prolifiques sont celles des serpents terrestres, suivis par les serpents arboricoles puis les serpents marins. Une différence qui pourrait être déterminée par l'abondance des proies disponibles dans leurs environnements respectifs. Les opportunités alimentaires des serpents terrestres, vivant en général dans des régions chaudes et arides, étant les plus rares, l'évolution les a dotés de la meilleure assurance boustifaille.

Prochaine étape pour l'équipe du Dr. Healy: voir si son modèle est capable de prédire la dangerosité du venin des serpents extérieurs à la centaine d'espèces analysées et comparées dans leur étude. Une base de données écologiques et évolutionnaires susceptible, par ailleurs, d'identifier des venins aux propriétés biomédicales intéressantes pour l'industrie pharmaceutique.

Slate.fr

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