Monde / Culture

Aux États-Unis, des projections de «Roma» pour les travailleuses domestiques

Temps de lecture : 2 min

Un syndicat va diffuser le film d'Alfonso Cuarón dans douze grandes villes américaines.

L'actrice mexicaine Yalitza Aparicio, qui interprète une travailleuse domestique dans le film Roma, le 10 décembre 2018 à Hollywood. | Robyn Beck / AFP
L'actrice mexicaine Yalitza Aparicio, qui interprète une travailleuse domestique dans le film Roma, le 10 décembre 2018 à Hollywood. | Robyn Beck / AFP

À la suite de la nomination de Roma à dix Oscars, un syndicat va organiser des projections du film qui seront réservées aux travailleuses domestiques et à leurs employeurs. Ces événements auront lieu à partir de février dans douze grandes villes américaines.

La National domestic workers alliance (NDWA), une association créée en 2007, tente en effet de profiter de l'intérêt pour le film qui raconte l'histoire de Cleo, un personnage inspiré de la nounou d'Alfonso Cuarón, pour attirer l'attention sur les conditions de travail des employées domestiques (en grande majorité, des femmes) aux États-Unis.

«Les employées domestiques sont les héroïnes ignorées de nos familles et de notre économie. Bien qu'elles s'occupent de ce qui importe le plus dans nos vies –ceux que nous aimons et nos foyers– leur travail est rarement reconnu à sa juste valeur et trop souvent invisible», a déclaré Ai-jen Poo, la directrice de la NDWA.

Depuis sa création, ce syndicat a permis de faire passer plusieurs lois qui ont permis d'améliorer la protection de ces employées des nounous, femmes de ménage ou encore auxiliaires de vie qui sont environ deux millions aux États-Unis. Ces dernières années, huit États ont passé des lois garantissant une meilleure rémunération des heures supplémentaires, des congés payés et des protections légales contre le harcèlemement sexuel. L'organisation voudrait que ces droits soient garantis au niveau fédéral.

Au Mexique, où le film a été tourné, un syndicat a aussi organisé des projections et débats pour des élèves du supérieur et des parlementaires afin d'attirer leur attention sur les conditions de travail de ces employées. Comme aux États-Unis, le syndicat mexicain des travailleuses domestiques espère utiliser la médiatisation autour du film pour faire entendre leur message. L'organisation demande des garanties pour les retraites ainsi que la reconnaissance d'une journée de huit heures.

«Les travailleuses domestiques ne sont pas considérées comme des employées, a expliqué une représentante du syndicat. L'employeur et le gouvernement ne reconnaissent pas le foyer où elles travaillent comme un lieu de travail.»

Inscrivez-vous à la newsletter de SlateInscrivez-vous à la newsletter de Slate

Newsletters

Les États-Unis risquent d'entrer en récession, leur histoire économique le prouve

Les États-Unis risquent d'entrer en récession, leur histoire économique le prouve

La Fed va augmenter les taux d'intérêt dans l'espoir d'obtenir un atterrissage en douceur. Mais les indicateurs de surchauffe suggèrent une très forte probabilité de récession au cours des deux prochaines années.

Pandémie forestière: l'espoir renaît dans les forêts tchèques

Pandémie forestière: l'espoir renaît dans les forêts tchèques

Les journalistes afghans se masquent en solidarité avec leurs consœurs

Les journalistes afghans se masquent en solidarité avec leurs consœurs

Les talibans exigent désormais que les journalistes femmes se dissimulent le visage.

Podcasts Grands Formats Séries
Slate Studio