Société / Culture

La nomination aux Oscars d'un film inspiré par un fait divers sordide fait polémique

Temps de lecture : 2 min

Le meurtre de James Bulger par deux enfants à peine plus âgés avait bouleversé le monde en 1993.

Leon Hughes incarnant Robert dans le film «Detainment» de Vincent Lambe | Capture écran via vidéo YouTube Detainment (Trailer)
Leon Hughes incarnant Robert dans le film «Detainment» de Vincent Lambe | Capture écran via vidéo YouTube Detainment (Trailer)

Le 12 février 1993, dans un supermarché de Liverpool en Grande-Bretagne, deux jeunes garçons de 10 ans, Jon Venables et Robert Thompson, enlevaient James Bulger, âgé de 2 ans et, après l’avoir torturé, l’assassinaient près d’un canal avec un tuyau en fer. Le fait divers sordide avait bouleversé le monde et gravé dans la mémoire collective la vidéo de surveillance du supermarché où l’on voyait les enfants sortir du magasin.

À l’époque, contenant sa colère, la mère du jeune garçon, Denise Fergus, n’avait pas parlé à la presse, avait refusé de connaître les détails de la mort de son fils et n’avait pas assisté au procès de Venables et Thompson, les deux plus jeunes condamnés pour meurtre en près de 250 ans au Royaume-Uni.

L’année dernière, finalement, elle avouait au Guardian «ne plus avoir d’énergie pour [la colère]».

Pourtant, comme le raconte IndieWire, à l’annonce des nominations aux Oscars mardi 22 janvier 2019, elle n’a pas réussi à la contenir plus longtemps. Dans la catégorie «meilleur court-métrage en prise de vue réelle» était en effet nommé Detainment, un film de trente minutes écrit, produit et réalisé par l’Irlandais Vincent Lambe mettant en scène mot pour mot les interrogatoires des deux jeunes meurtriers.

Sur Twitter, pour demander à l’Académie d'annuler sa nomination et que le film ne sorte pas en salles, Fergus écrivait que «c’était une chose de faire un film comme celui-ci sans contacter ou obtenir l’autorisation de la famille de James, mais une autre de faire rejouer à un enfant les dernières heures de la vie de James avant qu’il soit brutalement assassiné et nous obliger, moi et ma famille, à revivre cela encore une fois!».

En décembre, James Lambe avait expliqué que son film «n’était pas fait pour excuser [Venables et Thompson] mais qu’en effet il les rendait humain», qu’il ne voulait simplement pas se contenter d’une narration les présentant comme des monstres maléfiques. Quelques jours plus tard, il présentait également ses excuses à la famille Bulger pour ne pas l'avoir consultée et a offert d'offrir un don avec les bénéfices que le film pourrait récolter lors des projections.

L’Académie, elle, n’a, à cette date, fait aucun commentaire suite à la demande de Denise Fergus.

Slate.fr

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