Boire & manger / Santé

Boire trois ou quatre pintes après le boulot peut vous mener à la greffe de foie

Temps de lecture : 2 min

L'alcoolisme ne concerne pas que les buveurs et buveuses d'alcools forts.

Les buveurs et les buveuses endurcies ne représentent qu'une minorité des malades.| Robert Mathews via Unsplash
Les buveurs et les buveuses endurcies ne représentent qu'une minorité des malades.| Robert Mathews via Unsplash

Cette question réconfortante, vous la connaissez et vous aimez l'entendre à la fin d'une journée de travail: «On va boire une bière?».

Cette habitude est peut-être bonne pour le moral, mais beaucoup moins pour votre santé, surtout si le verre se prolonge en multiples tournées. Des experts de l’hôpital Royal Free à Londres déclarent que les personnes qui boivent trois à quatre pintes fréquemment après le boulot sont celles qui subissent le plus de greffes de foie. En clair: pas besoin d’être un buveur de spiritueux quotidien pour chopper une cirrhose.

Depuis trente ans, un quart des 2.000 transplantations de foie opérées au Royal Free ont pour origine une maladie liée à l’alcool. Les autres sont dues à des cancers, à des hépatites C ou encore à des pathologies auto-immunes.

«Il est faux de croire que les seules personnes qui se retrouvent à l'hôpital avec des lésions hépatiques sont celles qui ont une bouteille de scotch sur leur table de chevet, ou qui ne peuvent pas tenir la journée sans boire un verre: c’est en réalité une minorité», explique au Evening Standard Yiannis Kallis, consultant en greffe hépatologue au Royal Free.

Du pub au lit d'hôpital

David Edgell, 53 ans, va recevoir une transplantation de foie. Il confie au média anglais ne s’être jamais considéré comme un buveur avéré: «Je n’ai jamais raté un jour de boulot, je n’ai jamais été vraiment saoul et je ne suis jamais allé au travail avec la gueule de bois. En fait, j’avais même arrêté de boire quelques mois avant de tomber malade, mais c’était trop tard.»

Après le décès de son père et celui de son grand-père, David a commencé à fréquenter les pubs quotidiennement. Il buvait quelques pintes, sans forcément tomber dans l’excès. Pour le quinquagénaire, le verdict médical est un choc, mais pour le Dr. Kallis il représente au contraire le patient type: «David est représentatif des personnes que nous voyons, celles qui ont développé une consommation habituelle excessive et malsaine d'alcool, qui endommage de manière irréversible leur foie.»


N’en déplaise à certaines ou à certains, boire plusieurs fois par semaine trois à quatre pintes après une longue journée de travail n’est pas sans conséquences. Même si les avancées en matières de stockage de foie permettent une greffe plus rapidement, le risque de décès durant l’attente est de 15%.

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