Santé

«J'aurais voulu qu'il soit plus fou, plus drôle, plus fantaisiste»

Temps de lecture : 3 min

[C'est compliqué] Cette semaine, Lucile conseille Junon, qui se demande si elle est encore amoureuse de l'homme qui partage sa vie et ce qu'elle doit faire de son existence.

«Je le trouve beau, mais pas forcément sexy.» | Scott Webb via Unsplash
«Je le trouve beau, mais pas forcément sexy.» | Scott Webb via Unsplash

«C’est compliqué» est une sorte de courrier du cœur moderne dans lequel vous racontez vos histoires –dans toute leur complexité– et où une chroniqueuse vous répond. Cette chroniqueuse, c’est Lucile Bellan. Elle est journaliste: ni psy, ni médecin, ni gourou. Elle avait simplement envie de parler de vos problèmes. Si vous voulez lui envoyer vos histoires, vous pouvez écrire à cette adresse: [email protected]

Vous pouvez aussi laisser votre message sur notre boîte vocale en appelant au 07 61 76 74 01 ou par Whatsapp au même numéro. Lucile vous répondra prochainement dans «C'est compliqué, le podcast», dont vous pouvez retrouver les épisodes ici.

Et pour retrouver les chroniques précédentes, c’est par là.

Chère Lucile,

Mon problème est banal: je me demande si j'aime toujours mon copain et où j'en suis dans notre relation. Nous sommes ensemble depuis six ans et demi maintenant, nous avons 28 ans tous les deux. Il a été mon premier vrai copain, mon seul et unique amant.

Mes doutes ont commencé au mois de mai cette année, époque à laquelle nous sommes rentrés à Paris d'un voyage en Asie et en Océanie de cinq mois. Nous travaillons tous les deux beaucoup: lui a un poste stressant, avec des horaires compliqués et de grosses responsabilités; de mon côté, je travaille trente-cinq heures par semaine, à un poste également assez stressant (je suis infirmière en réanimation) et à côté de ça, je prépare un concours sur mon temps libre.

Nos caractères ont toujours été assez différents. Lui est très prévoyant, intelligent, assez froid, courageux, vraiment gentil et attentionné. Je suis plutôt une fille bordélique, un peu trop perso, on me dit que je suis curieuse, que j'ai beaucoup d'imagination. J'aime bien les histoires, j'adore l'humour.

Nous sommes venus travailler à Paris en 2015 et cela n'a pas été évident de faire de nouvelles connaissances. Ce n'est pas pareil que les potes de lycée et des études de notre ville d'origine, Nantes.

Malgré cela, j'adore Paris, l'anonymat, les promenades nocturnes avec les fenêtres illuminées, les possibilités de cette ville. J'ai toujours aimé ça. On y est venus sur mon idée, pour mon travail. Mon copain, qui m'aime énormément, préfèrerait retourner vivre à Nantes près de sa famille, acheter une maison en bordure de ville, dans un endroit où l'on pourrait avoir des enfants et les laisser jouer dehors.

Il y a des qualités que j'aime vraiment chez lui, son intelligence, la profondeur de ce qu'il pense du monde, des relations entre les gens, sa bienveillance peu commune, sa détermination admirable. Ces dernières semaines, je me dis que j'aurais voulu qu'il soit plus fou, plus drôle, plus fantaisiste. Je le trouve beau, mais pas forcément sexy. Pour moi, être sexy, c'est être vraiment drôle.

Voilà, j'ai beaucoup de peine à penser ces choses et à les écrire. Je ne sais pas quoi penser de ce que je pense. Je ne parviens pas à faire la part des choses entre lui, moi, notre environnement. Vous êtes peut-être la seule personne à qui j'oserai parler de tout cela.

Junon.

Chère Junon,

Je vous assure que vous arrivez à mettre des mots très clairs sur les doutes qui vous assaillent. Et c’est normal de souffrir quand on arrive à un tel un tournant de sa vie.

Je pense que vous avez moins besoin d'une réponse à ces questions –«Je me demande si j'aime toujours mon copain et où j'en suis dans notre relation»– que de laisser maturer la réponse que vous portez déjà en vous. Ce qui vous manque aujourd’hui, c’est juste ce petit surplus de courage qu’il vous faudra pour enclencher la suite de votre vie, qu’elle soit à Nantes avec une maison et des enfants qui courent dans le jardin, ou à Paris, seule mais libre.

Vous avez commencé votre vie d’adulte sur des rails: comme on fait des études et qu’on trouve un travail dans sa branche après avoir été diplômée, vous avez aimé un garçon qui est naturellement devenu un pilier de votre vie. À la première fois se sont additionnées toutes les autres premières fois et le quotidien se déroule sans accroc.

C’est maintenant à vous de décider à combien vous évaluez cet équilibre, cette confiance que vous pouvez avoir en ce compagnon fiable avec qui vous avez presque tout partagé, et à combien vous évaluez la passion, la surprise, la liberté. Je vous préviens par avance: il n’y a pas de mauvais choix. Moi, quand est venu le temps du choix, j’ai décidé de partir et de commencer une autre vie, avec un autre homme. Mais beaucoup choisissent de rester et ont aussi l’opportunité d’y trouver leur bonheur.

Vous avez déjà la réponse; vous savez ce que vous voulez faire. Mon seul conseil est le suivant: soyez digne de cette réponse, soyez à la hauteur de ce choix que vous sentez dans vos entrailles. Ne vous mentez pas, c’est la seule façon d’être heureuse. Parce que vous pourrez vous faire violence un temps, mener une vie qui ne vous convient pas, mais vous le regretterez toujours amèrement. Vient toujours le temps où un tel mensonge se paye. Vous avez les cartes en main pour conduire au mieux votre existence. La clé repose sur l’honnêteté, envers soi-même et envers l’autre.

Lucile Bellan Journaliste

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