Égalités / Monde

La femme du vice-président américain enseigne dans une école qui interdit les LGBT+

Temps de lecture : 2 min

Les parents d'élèves et le personnel doivent s'engager à ne pas «participer, soutenir ou cautionner l'immoralité sexuelle, l'activité homosexuelle ou l'activité bisexuelle».

Le vice-président américain Mike Pence et sa femme Karen Pence à Washington, D.C., le 28 février 2018 | Mandel Ngan / AFP
Le vice-président américain Mike Pence et sa femme Karen Pence à Washington, D.C., le 28 février 2018 | Mandel Ngan / AFP

Cette semaine, Karen Pence, la femme du vice-président américain Mike Pence, a repris son travail en tant qu'enseignante d'arts plastiques dans une école primaire privée de Virginie. L'annonce est au départ passée inaperçue, les médias relayant des citations anodines, comme: «Enseigner les arts plastiques m'a vraiment manqué, et c'est formidable d'être dans l'école où j'ai enseigné pendant douze ans.»

Mais une journaliste du Huffington Post a découvert que l'Imanuel Christian School avait des règles très strictes concernant l'homosexualité des élèves et du personnel. Pour inscrire leurs enfants, les parents doivent signer un accord dans lequel ils acceptent de ne pas «participer, soutenir ou cautionner l'immoralité sexuelle, l'activité homosexuelle ou l'activité bisexuelle».

Le contrat stipule que l'école se réserve le droit de refuser l'inscription ou d'interrompre la scolarité d'un ou une élève si «l'atmosphère et le comportement au sein du foyer, les activités d'un parent ou tuteur ou les activités de l'élève s'opposent au mode de vie biblique enseigné par l'école». Évidemment, le document explique que les «activités homosexuelles» s'opposent au «mode de vie biblique» en question.

En toute légalité

Comme les parents, le personnel de l'école doit rejeter l'homosexualité. Pour travailler dans l'établissement, les candidates et candidats sont obligés de signer un document les engageant à «s'efforcer de vivre une vie personnelle moralement pure». Il est précisé plus bas que cette pureté implique de ne pas avoir les comportements suivants: «Activité hétérosexuelle hors mariage, activité homosexuelle ou lesbienne, polygamie, identité transgenre ou toute autre violation des rôles uniques de l'homme et de la femme.»

Dans la déclaration des principes essentiels de la foi qui suivent, on peut également lire que «le mariage unit un homme et une femme» et que «la femme doit se soumettre à son mari, comme l'Église se soumet au Christ».

Dans douze États américains, dont la Virginie, les employeurs ont le droit de discriminer en fonction de l'orientation sexuelle: les contrats de cette école sont entièrement légaux.

Sur Twitter, une journaliste qui a grandi dans un milieu chrétien ultraconservateur similaire explique que ce genre de contrat homophobe est courant dans les écoles évangéliques.

Newsletters

Le public du rap français est prêt pour la vague #MeToo; l'industrie, non

Le public du rap français est prêt pour la vague #MeToo; l'industrie, non

Avec les affaires Moha La Squale et Roméo Elvis, la lumière est désormais braquée sur une omerta palpable.

De tous temps et en tous lieux, médecine et religion ont bridé le plaisir solitaire des femmes

De tous temps et en tous lieux, médecine et religion ont bridé le plaisir solitaire des femmes

Au XIXe siècle, la masturbation féminine est associée à de nombreuses pathologies. Dénigrée voire diabolisée, cette pratique est longtemps restée taboue. Jusqu'à aujourd'hui.

Pourquoi est-il si difficile de dire non?

Pourquoi est-il si difficile de dire non?

Au cœur des réflexions sur le consentement, un petit mot de trois lettres qui peine parfois à sortir ou à se faire entendre.

Newsletters