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Au Texas, les élus des régions frontalières sont opposés au mur de Trump

Temps de lecture : 2 min

Même certains Républicains considèrent qu'un mur est une façon inefficace et coûteuse de contrôler la frontière.

Des manifestants protestent contre la visite de Donald Trump avec un ballon «Baby Trump», à McAllen au Texas le 10 janvier 2019. | Jim Watson / AFP
Des manifestants protestent contre la visite de Donald Trump avec un ballon «Baby Trump», à McAllen au Texas le 10 janvier 2019. | Jim Watson / AFP

Le président Donald Trump s'est rendu à McAllen au Texas le jeudi 11 janvier pour encore une fois défendre son projet de mur que le Congrès refuse de financer.

«Ils disent qu'un mur est médiéval. Et bien la roue aussi. Les roues sont plus anciennes que les murs, a expliqué le président. Il y a certaines choses qui fonctionnent, vous savez? Une roue fonctionne et un mur fonctionne. Rien de tel qu'un mur.»

Mais sur place, les élus locaux, même les Républicains, sont beaucoup plus sceptiques. Mike Hurd, un élu Républicain au Congrès qui représente un district avec plus de mille kilomètres de zone frontalière au Texas, a plusieurs fois voté contre le mur aux côtés des Démocrates. «Construire une structure haute de dix mètres en béton du Nord au Sud est la façon la plus coûteuse et la moins efficace de prendre en charge la sécurité à la frontière», a-t-il déclaré sur CNN.

Après le discours de Trump au Bureau ovale sur une «crise humanitaire» à la frontière, Hurd avait répondu: «S'il y a une crise, les gens qui s'occupent de cette crise devraient être payés.» En effet, depuis le «shutdown» causé par l'absence de compromis sur le financement du mur au Congrès, les agents de la police des frontières ne sont pas rémunérés depuis trois semaines.

Parmi les Républicains texans, Mike Hurd est le plus radical dans son opposition au mur, mais beaucoup d'autres élus du parti de Trump sont également réticents, quoi que plus discrets.

Lors de la première séance de l'assemblée législative du Texas de 2019, le gouverneur Républicain Greg Abbott a fait un discours dans lequel il n'a même pas évoqué les problèmes de sécurité à la frontière qui obsèdent tant le président américain. Quant au sénateur Républicain du Texas John Cornyn, il ne semble pas non plus convaincu de la nécessité du mur. «Au Texas, avec une frontière commune de 1.900 km avec le Mexique, l'idée d'un mur rebutte pas mal de gens», a-t-il dit dans une interview.

Il a aussi expliqué que selon lui, étant donné la géographie de l'État, il ne pouvait pas y avoir de solution uniforme le long de toute la frontière.

Ces réticences reflètent celle de la population du Texas, qui est majoritairement opposée au mur (à 51% contre 45%). De nombreux propriétaires terriens que le gouvernement voudrait exproprier pour construire le mur ont d'ailleurs l'intention de faire un procès contre l'administration Trump.

Interviewé par Politico, Sergio Contreras, le directeur d'une association de commerçants de la Vallée du Rio Grande a souligné que de nombreux élus s'inquiétaient aussi des potentiels effets néfastes du mur sur l'économie locale. Il explique que de nombreux Mexicains traversent la frontière pour faire des achats au Texas et que des investisseurs mexicains ont déjà abandonné certains projets immobiliers à cause du débat sur le mur.

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