Égalités / Santé

Les filles présentes sur les réseaux sociaux sont plus sujettes à la dépression que les garçons

Temps de lecture : 2 min

Un écart significatif a été observé et ce pour plusieurs raisons.

Instagram et Snapchat sont particulièrement cités. | rawpixel via Pixabay CC License by
Instagram et Snapchat sont particulièrement cités. | rawpixel via Pixabay CC License by

Une étude britannique suggère qu'il existe une corrélation entre une utilisation intensive des réseaux sociaux et l'apparition de symptômes de la dépression chez les adolescentes et adolescents. Elle se révèle même être plus importante pour les filles que pour les garçons.

«La différence est alarmante», souligne Yvonne Kelly, autrice de la recherche et professeure d'épidémiologie et de santé publique au University College de Londres. Parmi les jeunes qui passent au moins cinq heures par jour sur les réseaux sociaux, l'étude a montré une augmentation de ces symptômes de 50% chez les filles, contre 35% chez les garçons, par rapport à des jeunes qui y naviguent entre une et trois heures par jour. «Nous étions plutôt surpris en voyant les chiffres et ces pourcentages», note Kelly.

Les données ont été récoltées par Millennium Cohort Study, via des questionnaires adressés à 10.904 ados britanniques nés entre 2000 et 2004. Une des raisons qui pourraient expliquer cette différence entre les genres est une utilisation des réseaux sociaux plus prononcée chez les filles que chez les garçons. 43,1% d'entre elles y passent plus de trois heures par jour, pour seulement 21,9% d'entre eux. «Pour les deux, plus ils y passent de temps, plus ils encourent de risques d'avoir des problèmes de santé mentale, mais peu d'études ont réussi à avancer une explication», indique Kelly.

Tentative d'explication

L'article du University College s'appuie sur quatre signaux avant-coureurs potentiels: le manque de sommeil, le harcèlement en ligne, le manque de confiance en soi et la façon dont on perçoit son propre corps. Yvonne Kelly tente un raisonnement pour expliquer cet écart statistique: «Au Royaume-Uni, les filles utilisent plus Snapchat et Instagram, qui sont basés sur l'apparence physique, prendre des photos et poster des commentaires sur ces photos. Je pense que l'écart est dû au type d'usage».

Anne Longfield, commissaire à l'enfance en l'Angleterre, affirme que des enfants, certains âgés d'à peine 9 ans, «deviennent presque accro aux likes, comme une forme de validation sociale qui les rend heureux. Leur usage de plateformes comme Instagram et Snapchat peut aussi influencer leur image de soi en les faisant se sentir inférieurs aux personnes qu'ils suivent».

L'étude trouve cependant certaines limites en ne démontrant qu'une corrélation entre réseaux sociaux et dépression, et non un lien vérifié de cause à effet.

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