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Wikileaks envoie aux médias une liste de 140 choses à ne pas dire sur Julian Assange

Temps de lecture : 2 min

L'organisation veut faire savoir que Julian Assange ne pue pas, n'a violé personne, ne travaille pas pour la Russie, n'a pas aidé Trump à gagner les élections et n'a jamais torturé de chat.

Julian Assange devant l'ambassade d'Équateur à Londres, en mai 2017. | Justin Tallis / AFP
Julian Assange devant l'ambassade d'Équateur à Londres, en mai 2017. | Justin Tallis / AFP

Après sa création en 2006, Wikileaks est devenu célèbre pour sa défense radicale de la transparence et de la liberté d'expression. Il est donc particulièrement ironique que treize ans plus tard, l'organisation se retrouve à envoyer aux journalistes une liste de 140 choses à ne pas écrire sur son fondateur, Julian Assange.

La liste a été envoyée par mail à plusieurs médias avec le sujet: «Communication légale confidentielle. Pas pour publication». L'agence Reuters a malgré tout révélé l'existence de ce message, sans publier tous les détails. La liste a ensuite été postée en ligne par la journaliste Emma Best, entre autres.

On y apprend qu'il est «faux et diffamatoire de suggérer que Julian Assange pue», qu'il est «faux et diffamatoire de suggérer qu'il a torturé des chats ou des chiens», ou qu'il se «teint les cheveux». Il est aussi «faux et diffamatoire de suggérer que Julian Assange est un hacker», que c'est un «violeur», qu'il n'utilise «pas de couverts» pour manger, ou encore qu'il est «proche du Kremlin» et qu'il a eu des contacts avec l'équipe de campagne de Donald Trump.

Suite à la publication de la liste complète, Wikileaks a édité et racourci le texte (qui faisait à l'origine 5.000 mots), en effaçant certains détails étranges comme «il est faux et diffamatoire de suggérer que Julian Assage vit, ou a jamais vécu dans un sous-sol, un placard ou sous des escaliers».

Dans le mail «confidentiel» envoyé à la presse, Wikileaks s'en prend directement au Guardian, qui a récemment publié un article selon lequel Assange a rencontré Paul Manafort, l'ancien chef de campagne de Donald Turmp, en Équateur en 2016.

Si cette rencontre particulière n'a jusqu'ici pas été confirmée par d'autres médias, plusieurs contacts d'Assange avec l'équipe de campagne de Trump et avec les hackers russes qui ont piraté des mails du parti démocrate ont été corroborés. C'est pour cela que Julian Assange est désormais un sujet important de l'enquête de Robert Mueller sur les liens entre la campagne de Trump et la Russie.

Les démentis de Wikileaks sont donc erronnés sur ce sujet, tout comme les démentis sur l'hygiène personnelle d'Assange. En effet, Wikileaks explique aux médias qu'il est «faux et diffamatoire de suggérer que l'Équateur a demandé à Julian Assange d'améliorer son hygiène». Mais des journalistes ont rapporté que le personnel de l'ambassade s'était bien plaint de son manque d'hygiène et lui avait demandé de prendre une douche.

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