Sciences

Rien de plus normal que l'envie de domination ou de soumission au lit

Temps de lecture : 2 min

Malheureusement, les études sur le sujet ont trop tendance à considérer ces fantasmes comme pathologiques.

Se soumettre, c'est aussi reprendre le pouvoir  | massdistraction via Flickr CC License by

En matière de sexualité, les fantasmes et les pratiques riches en subordination sont très courants. Dès les premiers soubresauts de la sexologie scientifique, les fameux rapports Kinsey trouvaient ainsi que 24% des hommes et 12% des femmes manifestaient une quelconque réaction érotique au sadomasochisme. Des travaux plus récents et mieux représentatifs de la population générale estiment que de tels fantasmes titillent une personne sur cinq en moyenne et suivent une nette distribution genrée –les hommes étant davantage portés à la domination et les femmes à la soumission. Mais malgré la fréquence de ces désirs, les études cherchant à les expliquer –c'est-à-dire à savoir s'ils ont une fonction– sont des plus rares.

Pour Menelaos Apostolou et Michalis Khalil, psychologues à l'université de Nicosie, à Chypre, le fait que la grande majorité des études sur le sujet considèrent a priori l'envie de domination ou de soumission comme pathologique est un premier écueil à la compréhension du phénomène. Dans un article en passe d'être publié dans la revue Archives of Sexual Behavior, les deux chercheurs soulignent ainsi que les questionnaires utilisés ont trop souvent tendance à concerner plusieurs paraphilies à la fois –certaines étant tout bonnement criminelles, comme la pédophilie–, ce qui peut nuire à la sincérité des participants et participantes et les inciter à sous-déclarer leurs préférences.

«Une variation normale du désir sexuel»

Après avoir identifié treize pratiques et fantasmes agressifs et/ou humiliants, Apostolou et Khalil ont demandé à 573 femmes et 453 hommes de juger leur désirabilité. Il en ressort que 70% des sondés déclarent désirer au moins un item, quand près de la moitié se dit excité par trois et plus. Les résultats montrent aussi que l'envie de domination est généralement plus courante que l'envie de soumission, mais que cette dernière est significativement plus forte chez les femmes.

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L'un dans l'autre, les chercheurs concluent que l'envie sexuelle d'agression et d'humiliation «constitue une variation normale du désir sexuel» et que la prévalence relativement élevée de ces désirs est un solide indice de leur fonction évolutive. Du côté féminin, les fantasmes de soumission pourraient notamment s'expliquer par la «théorie de la préparation», déjà formulée par plusieurs scientifiques. Selon cette théorie, la sexualité féminine intègre une dimension consciente et active à tout un module réactif, hérité des temps où elles n'avaient pas beaucoup de possibilités d'éviter un rapport non-consenti et où le mieux (ou le moins pire) était encore de se protéger contre des blessures parfois mortelles.

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