Boire & manger

Comment soigner sa gueule de bois à la turque

Temps de lecture : 2 min

Le remède ultime n'existe pas, mais à Ankara, on y croit.

Ça ne coûte rien d'essayer | Park City via Flickr CC License by
Ça ne coûte rien d'essayer | Park City via Flickr CC License by

En Turquie, les pickles de légumes sont une institution. Comme l'écrit Paul Benjamin Osterlund, journaliste pour la BBC, «si ça pousse dans la terre, il y a de fortes chances pour que ça finisse en pickles». La tradition, qui remonte aux premières heures de l'Empire ottoman, n'a pas cessé de se développer depuis. Les pickles (turşu, en turc) font désormais office d'incontournables au sein d'une cuisine complexe et plurielle, très variée d'une région à l'autre.

En Turquie, on ne se limite pas aux piments, aux cornichons et aux bouquets de chou-fleur. Tous les types de légumes y sont soigneusement placés dans des bocaux remplis de saumure. Le mélange d'eau fortement salée et de vinaigre constitue une marinade redoutable ainsi qu'un conservateur de grande qualité. Et c'est justement ce jus de pickles, en quelque sorte, qui fait apparemment office de remède miracle dans plusieurs régions du pays.

L'idée ne vient pas de nulle part: certaines marinades de pickles sont très demandées en Turquie, comme le şalgam, liquide violet foncé obtenu en faisant mariner de la carotte rouge et du navet. Servi avec le raki, alcool traditionnel turc, il accompagnerait à merveille les viandes grillées.

Le journaliste a testé le jus de pickles en tant que remède à la gueule de bois, comme le fait une partie de la population turque. La méthode est indéniablement naturelle, mais elle est surtout décrite comme terriblement efficace, comme s'il était possible de se purger en quelques minutes par ce biais. «C'est plein de minéraux», résume Adem Altun, 64 ans, vendeur de pickles comme son père et son grand-père avant lui.

Des premiers résultats sidérants

Les tentatives successives du journaliste se sont soldées par des réussites éclatantes, à son grand étonnement. Rencontrant plusieurs producteurs et productrices de pickles, testant différentes recettes, Paul Benjamin Osterlund assure s'être à chaque fois tiré des effets ravageurs d'un récent abus d'alcool.

En France, contrairement à ce que décrit le journaliste à propos de la Turquie, les boutiques de pickles ne se trouvent pas à tous les coins de rues. Mais si le liquide obtenu après macération permet d'enrayer aussi efficacement les effets de la gueule de bois, nul doute qu'un nombre croissant de personnes va se mettre à acheter des bocaux et à préparer ses propres pickles de légumes. Moins pour les légumes eux-mêmes (alors que l'intérêt gustatif est indéniable) que jus qui les accompagne.

On rappelle qu'encore récemment, un journaliste ayant écrit tout un ouvrage sur le sujet expliquait que le remède miracle n'existe pas, notamment en raison de la multiplicité des gueules de bois et de la façon très diverse dont elle était vécue par les personnes ayant forcé sur l'alcool.

Newsletters

La morue à la polenta ne s'en laisse Paolo Conte

La morue à la polenta ne s'en laisse Paolo Conte

Une vieille chanson de Paolo Conte, et c'est tout le parfum de la farine de maïs en train de cuire qui renvoie un Italien en enfance, à la manière des petites madeleines de Proust.

Des recettes vieilles de 4.000 ans ont été testées, et c'est très bon

Des recettes vieilles de 4.000 ans ont été testées, et c'est très bon

Ni frites ni burger à l'époque, les chef·fes étaient de fins palais.

Marcel Guigal et son fils Philippe sont-ils les meilleurs vignerons et négociants de France?

Marcel Guigal et son fils Philippe sont-ils les meilleurs vignerons et négociants de France?

Ils sont installés dans la Vallée du Rhône à Ampuis, au sud de Lyon.

Newsletters