Merkel quasi-convertie à la gouvernance économique
Pour la première fois, un chancelier allemand a évoqué l'idée d'un «véritable gouvernement économique européen».
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Est-elle convaincue ou a-t-elle prononcé le mot par égard pour son hôte? A l'Elysée, en sortant du conseil des ministres commun franco-allemand avec Nicolas Sarkozy, Angela Merkel s'est déclarée en faveur d'un «véritable gouvernement économique européen». C'était la première fois qu'un chancelier allemand reprenait à son compte une expression chère aux Français depuis le traité de Maastricht et le début de l'aventure vers la monnaie unique.
Opposition historique
Sans doute ne faut-il pas voir dans la déclaration d'Angela Merkel un ralliement pur et simple aux thèses françaises. L'Allemagne a toujours été opposée à un gouvernement économique européen car elle considère qu'une telle instance entamerait la sacro-sainte indépendance de la Banque centrale européenne (BCE). Comme si la Bundesbank n'avait pas eu face à elle, pendant toutes les années du deutschemark-roi, le gouvernement fédéral allemand avec un ministre des Finances qui n'hésitait pas à se mêler des affaires monétaires! Toujours est-il qu'au début des années 1990, Pierre Bérégovoy étant ministre des Finances à Paris, les Allemands ont rejeté l'idée qu'il pourrait exister une institution européenne destinée à être l'interlocuteur politique de la BCE. Ils soupçonnaient la France, et les autres Etats du sud, de ne pas avoir renoncé à leur mauvaise habitude consistant à manipuler les taux de change pour vivre au-dessus de leurs moyens.
A l'automne 2008, Angela Merkel a encore tué dans l'œuf la proposition de Nicolas Sarkozy d'organiser des sommets réguliers -au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement- des pays de la zone euro. L'eurogroupe se réunit au niveau des ministres des Finances, sous la présidence du Jean-Claude Juncker, mais au début de la crise financière, le président de la République française a reproché au Luxembourgeois son peu d'empressement à coordonner une réaction européenne.
Divergence avec Sarkozy
Les mois ont passé, la crise a changé de forme puisque ce ne sont pas les banques qui sont attaquées mais les Etats, qui se sont endettés pour les sauver. La zone euro est mise en cause dans ses maillons les plus faibles et l'idéologue le plus convaincu du laisser-faire, laisser-passer ne peut pas ignorer qu'une monnaie unique ne saurait exister, à long terme, sans un référent politique.
Angela Merkel s'est rendue à cette évidence. Elle n'a cependant pas pu cacher une divergence avec Nicolas Sarkozy. Alors que le président de la République pense à un gouvernement économique de la zone euro, la chancelière semble prête à accepter un gouvernement économique des vingt-sept pays membres de l'Union européenne. La nuance est d'importance. Dans le second cas, la responsabilité est diluée, l'eurogroupe ne peut être soupçonné de vouloir créer un «noyau dur» au sein de l'UE et ce gouvernement économique n'est pas directement lié à la monnaie unique.
Mais c'est un premier pas dans la bonne direction. Il existe des précédents à une telle conversion. Pendant des décennies, l'Allemagne s'était refusée à voir dans l'Europe l'émergence d'une puissance mondiale. Jusqu'au jour de 1999, où, devant l'Assemblée nationale française, le chancelier Gerhard Schröder employait pour la première fois le terme cher aux Français d'«Europe-puissance». Une décennie plus tard, le gouvernement économique européen a creusé son sillon.
Daniel Vernet
Image de une: le 4 février 2010. REUTERS/Philippe Wojazer
Mis à jour le 11/02/2010 à 19h23











































Il paraît que les banques françaises et allemandes soient très exposé avec la Grèce. Derrière les grands discours et les changements soudains il y a souvent, trop souvent, un "simple" besoin ou intérêt économique.
http://www.info-grece.com/modules.php?name=News&file=article&sid=5122
Bien mal vous en fera de la gouvernance allemande de l'économie européenne. La balance commerciale allemande a toujours été positive, sauf exception. Philippe DESSERTINE dans "Ceci n'est pas une crise" met l'accent sur le peuple allemand qui ne joue pas le jeu économique des européens, ils achètent allemand ! Un soutraitant suisse avec qui je travaillais s'est vu appelé par son client allemand pour qu'il se fournisse chez un soutraitant allemand s'il ne voulait pas s'exposer à des rétorsions.
Laissez les allemands gouverner l'Europe et elle ne deviendra qu'un marché pour les entreprises allemandes, c'est à dire telle qu'elle a toujours été considérée foutre-Rhin.
C'est vrai que c'est l'article de monsieur Le Boucher intitulé : "La crise grecque a donné le pouvoir à l'Allemagne" que je voulais commenter, mais à la réflexion ce commentaire ne sera pas si déplacé ici.
Et d'ailleurs, le moyen de faire autrement quand c'est la seule fenêtre qui a bien voulu s'ouvrir ?
A lire cet article de monsieur Le Boucher, quand on n'est pas économiste, on comprend que l'Allemagne qui s'y prépare depuis dix ans, va tous nous manger, nous pays de la zone euro qui nous sommes conduits en cigales, pendant que l'Allemagne attendait tout le monde au tournant.
Ce n'est ni mauvais, ni critiquable dit monsieur Le Boucher, l'Allemagne a fondamentalement raison.
C'est la fin de l'article qui laisse perplexe.
Ayant dit que l'Europe ne peut pas être une grande Allemagne, monsieur Le Boucher préconise une cohérence économique d'ensemble.
Mais c'est quoi une cohérence économique d'ensemble ?
Qu'on instaure des mesures protectionnistes aux frontières de l'Europe, afin que l'Europe ne soit plus cette "Europe passoire" tant décriée et qui fait tant souffrir nos entreprises ?
Que les pays européens ne soient plus en mesure de se faire de la concurrence et du dumping les uns par rapport aux autres ?
Que la BCE puisse jouer sur la valeur de l'euro, pour favoriser les exportations européennes, comme sait si bien le faire la FED avec le dollar ?
Est-ce cela dont il est question et que jusqu'ici, pourtant, personne n'a pu ou voulu mettre en oeuvre ?
Pensez-vous un instant qu'Angela Merkel et Nicolas Sarkozy aient la même vision des choses en utilisant les mêmes mots?
En période d'austérité et alors que les salariés de la plupart des pays devront travailler plus longtemps , sans compter la résorption nécessaire, douloureuse et à venir (malgré tous les démentis) des super-déficits de la crise, la solidarité vis-à-vis de ces pays affublés du nom (quelque peu méprisant) de PIGS ou de "Club Med" ne peut susciter l'adhésion des contribuables vertueux du Nord!
Et le "chacun pour soi" n'est forcément pas loin, et même compréhensible, pour un pays qui a tout de même dépensé 1300 milliards d'euros pour sa réunification!
--La cigale grecque ayant chanté.... la fourmi allemande n'est pas prêteuse....! --
Sacré Jean de La Fontaine, il avait tout prévu!