Monde

L'Arabie Saoudite paye des enfants du Darfour pour combattre au Yémen

Temps de lecture : 2 min

Des milliers de Soudanais de moins de 18 ans font la guerre pour l'Arabie Saoudite en échange de salaires avantageux.

Des soldats soudanais au Yémen, le 7 juin 2018. NABIL HASSAN / AFP
Des soldats soudanais au Yémen, le 7 juin 2018. NABIL HASSAN / AFP

Dans la guerre qui oppose l'Arabie Saoudite aux rebelles houthis du Yémen depuis 2015, les Saoudiens évitent autant que possible de faire combattre leurs propres soldats. Selon le New York Times, depuis le début de la guerre, le Royaume saoudien a embauché environ 14.000 miliciens soudanais qui reçoivent des primes de 8700 euros et des salaires mensuels équivalent à ceux d'un médecin (environ 450 euros). Un grand nombre d'entre eux sont des enfants âgés de 14 à 17 ans originaires du Darfour.

Appauvries par des années de guerre civile, de nombreuses familles de cette région du Soudan s'empressent d'envoyer leurs fils au combat. Dans une interview avec le journaliste David Kirkpatrick, un jeune soldat qui a commencé à se battre au Yémen à l'âge de 14 ans a expliqué:

«Les familles savent que le seul moyen de changer leurs vies est que leurs fils fassent la guerre et ramènent de l'argent».

Après deux ans en tant que soldat, ce jeune de 16 ans a ainsi pu acheter une maison et du bétail à sa famille. Certains parents vont même jusqu'à payer des officiers miliciens pour s'assurer que leurs fils pourront être envoyés au Yémen.

Le journaliste du New York Times a interviewé cinq soldats soudanais et d'après trois d'entre eux, les mineurs représentent au moins 20% des troupes, alors que deux d'entre eux parlent d'un taux de plus de 40%. Le gouvernement soudanais nie que des mineurs combattent et il n'y a pas de chiffres officiels en ce qui concerne les décès.

Sur place, les soldats soudanais disent être supervisés à distance par des officiers saoudiens et émiratis qui communiquent avec eux via téléphone et suivent leurs progrès par GPS sans jamais se battre à leurs côtés.

La grande majorité des troupes dirigées par la coalition saoudienne viennent de pays qui dépendent de financements saoudiens et émiratis, comme le Pakistan, la Jordanie et le Soudan.

«Nous exportons des soldats pour se battre comme s'ils étaient de la marchandise que nous échangeons contre des devises étrangères», a expliqué le consultant économique soudanais Hafiz Ismail Mohamed au New York Times.

Selon les Nations Unies, la guerre au Yémen est la pire crise humanitaire actuelle. Le blocus mis en place par les Saoudiens et leurs alliés émiratis ont causé une grave crise de malnutrition qui a entraîné la mort d'environ 85.000 enfants, selon l'ONG Save the Children.

Slate.fr

Newsletters

Polyglotte gay de 37 ans, le candidat démocrate Buttigieg est l'anti-Trump

Polyglotte gay de 37 ans, le candidat démocrate Buttigieg est l'anti-Trump

Une anecdote sur ses talents linguistiques a attiré l'attention sur la modeste campagne présidentielle de ce maire d'une petite ville de l'Indiana.

Renaud Camus, les idées derrière les balles de l'attentat de Christchurch

Renaud Camus, les idées derrière les balles de l'attentat de Christchurch

L'attentat de Christchurch prouve que l'idéologie développée par Renaud Camus dans «Le Grand remplacement» a fait son chemin dans les esprits des extrémistes blancs.

Quatre ans après son élection, Justin Trudeau ne fait plus rêver personne

Quatre ans après son élection, Justin Trudeau ne fait plus rêver personne

À quelques mois des élections fédérales, le Premier ministre canadien fait face à un scandale politique qui déchire son parti. Il ne peut que difficilement compter sur son bilan pour se relever.

Newsletters