Culture

Le dernier film de Polanski présente des ressemblances avec sa vie

Temps de lecture : 2 min

The Ghost Writer connaîtra ce jeudi soir à la Berlinale une première mondiale sans réalisateur, et pour cause: il s'agit du dernier film de Roman Polanski, toujours assigné à résidence dans son chalet de Gstaad. 2.000 invités sont attendus pour l'occasion sur la Potsdamer Platz. Le film sera en compétition pour la 60e édition du festival international.

Mercredi 10 janvier à Berlin, les acteurs ont défendu le film et encensé l'homme qui les a dirigés lors d'une conférence de presse. Ewan McGregor y incarne le nègre d'un Premier ministre britannique incarné par Pierce Brosnan. «C'est un réalisateur extraordinaire. S'il a ce statut légendaire, ce n'est pas par accident. C'est un maestro, il pousse ses acteurs et son équipe à se dépasser», a déclaré Ewan McGregor. Pierce Brosnan a renchéri: «J'étais enchanté et excité de travailler avec lui. Il a une énergie féroce (...). Il arrive à obtenir de vous le meilleur travail possible (...) C'est vraiment un maître et on a intérêt à être au top.» Pas un mot en revanche sur les ennuis judiciaires du réalisateur, Ewan McGregor précisant qu'il n'avait jamais parlé avec Polanski de ses démélés avec la justice américaine pendant le tournage.

Mais la vraie première a en réalité eu lieu le 17 janvier, sur le home cinema installé par Polanski à l'intérieur de Milky Way, le chalet suisse du réalisateur. Le producteur a envoyé un DVD de la version finale depuis Paris, que Polanski a visionné en compagnie de l'écrivain britannique Robert Harris, auteur du roman et co-auteur du scénario, invité au chalet. «J'avais pris une bouteille de champagne que nous avons ouverte à la fin de la séance», a raconté Harris. «C'était légitime, car dans des circonstances difficiles, quelque chose est né.»

Le Spiegel fournit une analyse particulière du film. L'hebdomadaire allemand voit dans la dernière oeuvre de Polanski des similarités troublantes avec la situation du réalisateur. Son Premier ministre, sous le coup d'une enquête de la Cour internationale de justice pour avoir suivi les Etats-Unis dans la guerre en Irak, se retrouve piégé sur l'île de Martha's Vineyard dans une maison de vacances. Un mandat d'arrêt lancé par un juge pourrait l'envoyer en prison s'il voyageait dans des pays ayant passé des accord d'extradition...

Selon Harris, la ressemblance entre la fiction et la vie réelle de Polanski «doit être une des choses qui l'ont attiré vers ce scénario, peut-être inconsciemment». Ironiquement, le film se déroule dans les deux pays où Polanski ne pouvait se rendre, le Royaume-Uni et les Etats-Unis. Le film a été tourné en Allemagne au printemps 2009. Polanski a été arrêté pendant la phase de post-production, qu'il a suivie grâce à des DVD apportés par son avocat.

[Lire l'article complet sur Spiegel on line]

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Image de une: Roman Polanski, REUTERS/Ina Fassbender

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