Société

Un an après un meurtre, attraper les coupables devient quasi impossible

Temps de lecture : 2 min

Aux USA, près de la moitié des affaires de meurtres sont résolues en moins de 10 jours. Mais les affaires plus anciennes sont rapidement laissées de côté par manque de moyens.

Murder of a cherry | Sergey Ivanov via Flickr CC License by
Murder of a cherry | Sergey Ivanov via Flickr CC License by

Si une affaire d'homicide n'a pas été résolue lors de sa première année, la probabilité que la police finisse par arrêter le ou la coupable n'est que de 5%. C'est la conclusion d'une étude réalisée par des journalistes du Washington Post, qui ont étudié des milliers d'affaires de meurtre survenues depuis 2007 dans 25 grandes villes américaines et leur périphérie.

L'équipe de journalistes s'est également intéressée à 8 000 arrestations pour homicide survenues depuis 2007. Elle a établi que dans près de la moitié des cas, la police avait arrêté les coupables en moins de 10 jours, et que dans environ 12% des cas, cette arrestation survenait même dans les premières 24 heures. Environ 30% des arrestations ont lieu entre le dixième et le 150ème jour, et la quasi totalité des arrestations restantes a lieu avant la fin de la première année.

Collecter des preuves et obtenir les résultats de certaines analyses prend plusieurs jours, ce qui explique qu'attraper un meurtrier ou une meurtrière puisse prendre 48 ou 72 heures même dans un cas dit facile, explique l'article du Washington Post. Mais l'utilisation des tests ADN semble ne pas avoir que des effets positifs.

Au début de ce siècle, l'arrivée des tests ADN a poussé de nombreux départements de la police à créer des unités spécialement dédiées aux cold-cases, ces affaires non élucidées et commençant à dater. Objectif: passer chaque preuve au crible, l'intégrer dans un fichier d'empreintes génétiques, et tenter de mettre la main sur un certain nombre de coupables.

Moins de moyens sur les cold-cases

Cette étape étant désormais terminée, il a été décidé que puisque les unités dédiées aux cold-cases avaient fait tout ce qu'elles pouvaient et que les cas restants ne seraient probablement jamais résolus, leurs effectifs allaient être réduits au profit des services dédiés aux affaires récentes, dans lesquels le pourcentage de réussite est élevé.

Dans un monde où les budgets seraient illimités, la police pourrait à la fois placer un grand nombre d'enquêteurs et d'enquêtrices sur des affaires récentes et demander à d'autres de se consacrer à des dossiers plus anciens. Mais par souci d'efficacité, les affaires qui datent sont laissées de côté, même si certains départements de la police américaine font appel à des investigateurs et investigatrices à la retraite. Il leur est demandé d'étudier patiemment des dossiers sur lesquels d'autres avaient déjà planché.

Sheryl McCollum, du département dédié aux cold-cases de la ville d'Atlanta, explique que d'après ses statistiques personnelles, dans environ 90% des cas, le nom du ou de la coupable figure quelque part dans les pages du dossier. Conclusion: avec plus de personnel pour tout relire, recroiser les informations et tenter de poser un regard neuf sur les affaires, beaucoup d'homicides ayant eu lieu il y a plus d'un an pourraient être résolus. En tout cas bien plus que maintenant.

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