Parents & enfants / Société

Aux USA, les démissions de profs montent en flèche

Temps de lecture : 2 min

Une crise dont les symptômes rappellent trait pour trait la situation française.

Une fuite qui touche aussi les autres métiers de l'éducation. | eflon via Flickr CC License by

Le taux n'avait pas été aussi élevé depuis 2001: sur les 10 premiers mois de 2018, rapporte le Wall Street Journal, le taux de personnes démissionnaires dans l'Éducation nationale américaine était de 83 pour 10 000. Un chiffre à comparer à celui de l'année 2009, où 48 démissions avaient été enregistrées pour 10 000 postes.

Ce ne sont pas seulement les enseignantes et les enseignants qui claquent la porte, mais également les concierges, les psychologues scolaires et les membres des personnels administratifs. Le chiffre de 83 pour 10 000 reste extrêmement bas par rapport au taux de démission sur l'ensemble de la population active américaine (231 pour 10 000 en 2018), mais il est cependant très inquiétant, faisant émerger une véritable crise dans au sein du secteur de l'éducation.

L'article du Wall Street Journal cite l'exemple de Sara Jorve, 43 ans, enseignante depuis 12 ans, qui a choisi de démissionner en raison d'un salaire bien trop bas, qui la contraignait à demander régulièrement l'aide de ses parents pour boucler ses fins de mois. «Il fallait que je démissionne, pour ma santé mentale», affirme Sara Jorve, qui suit actuellement une formation en imagerie médicale. Il devenait trop dur de se consacrer autant à ses élèves pour se retrouver chaque soir lessivée, et en proie à ses propres problèmes.

L'économiste Julia Pollak explique que le milieu de l'éducation fut un temps considéré comme un éden, notamment lors des périodes de récession. En 1980, aux États-Unis, le taux de chômage avoisinait les 10%, ce qui a poussé beaucoup de jeunes adultes à se diriger vers les métiers liés à l'enseignement. Aujourd'hui, ce pourcentage est de 3,7%, rendant l'obsession pour la sécurité de l'emploi beaucoup moins justifiée.

Julia Pollak décrit des enseignantes et des enseignants qui s'ennuient dans leur métier, reçoivent un salaire médiocre en fin de mois, et observent certaines de leurs relations saisir des opportunités professionnelles alléchantes, y compris avec un niveau d'études inférieur.

Du personnel sous-qualifié

Depuis 2015, les services de l'Éducation nationale américaine peinent à trouver des profs ayant un niveau de qualification suffisant pour les postes proposés, ce qui les contraint régulièrement à embaucher des personnes insuffisamment formées, voire pas formées du tout. Une constatation qui est hélas loin d'être propre aux USA, les mêmes schémas se reproduisant notamment en France.

Dans au moins 12 États, le budget consacré à l'éducation serait inférieur de 7% à celui de 2009. En tenant compte de l'inflation, le salaire des enseignantes et enseignantes serait quant à lui 5% inférieur à celui de 2009. Une perte de pouvoir d'achat qui ressemble comme deux gouttes d'eau à celle du corps professoral français, chez qui le gel du point d'indice a notamment fait du dégât.

Slate.fr

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