Sciences / Culture

Il n’y a qu’au cinéma que les méchants éclatent de rire (pour une bonne raison)

Temps de lecture : 2 min

Le rire est le meilleur moyen de montrer le sadisme d'un personnage.

Jack Nicholson dans le costume du Joker pour le «Batman» de Tim Burton | Capture écran via YouTube
Jack Nicholson dans le costume du Joker pour le «Batman» de Tim Burton | Capture écran via YouTube

Dans la réalité, personne ne lance vraiment de grands rires sardoniques comme les méchants dans les films. Le rire est au contraire une réaction positive, synonyme de joie ou de bonheur.

Jack Torrance dans Shining, Bowser dans Mario, la fin du clip de «Thriller», Jafar dans Aladdin, M. Burns dans «Les Simpson» et bien sûr le Joker de Batman... Tous ces personnages et des milliers d’autres sont célèbres pour leurs éclats de rire un peu effrayants. Comment ce rire fou est-il devenu un symbole de la malfaisance?

Jens Kjeldgaard-Christiansen, chercheur à l’université d’Aarhus, au Danemark, s’est penché sur la question. Il utilise la psychologie évolutionniste pour comprendre les mécanismes psychologiques façonnant les personnages de fiction.

Une étude de 2016 a montré que généralement, nous estimons que le plus haut niveau de malfaisance concevable est le sadisme. Apprécier de voir d’autres personnes souffrir serait le comportement le plus moralement condamné et le moins accepté socialement.

Kjeldgaard-Christiansen explique que le rire est la manière la plus simple pour montrer qu’un personnage apprécie le mal qu’il fait aux autres. Et tout d'abord pour une raison pratique: le rire est à la fois sonore –il ne peut être confondu avec aucun autre son– et visuel, puisque la personne qui rit ferme les yeux et ouvre grand la bouche. Parfait pour le cinéma.

Difficile à imiter

Un rire réel et spontané est causé par une «rapide oscillation des muscles du larynx», ce qui le rend difficile à imiter sans qu’il ne paraisse artificiel. C’est pourquoi il est interprété comme un signal social «fiable» pour savoir si une personne passe un bon moment. Si un ami rit à une blague, vous savez qu’il l’a trouvée drôle; si il ne rit pas mais vous dit qu’il l’a appréciée, cela semble tout de suite moins sincère.

Au cinéma, c’est la même chose: lorsqu’un acteur ou une actrice parvient à rire de manière convaincante, l’audience croit aux émotions du personnage, là où une ligne de dialogue serait moins efficace. Un méchant mort de rire est instinctivement identifié comme d’autant plus malfaisant.

Kjeldgaard-Christiansen précise que le rire démoniaque jouait également un rôle important quand le jeu vidéo n’en était qu’à ses débuts. Difficile de pousser le joueur ou la joueuse à développer un attachement à des personnages qui ne peuvent pas communiquer d’émotions à cause de graphismes peu avancés. Le rire sardonique était alors «l’un des seul signe communicatif possible pour des opposants pixelisés et vaguement anthropomorphiques, et ça marche».

Slate.fr

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