Santé / Sciences

Une enfance violente accélère le vieillissement

Temps de lecture : 2 min

Et une enfance affamée le ralentit.

 L'espoir fait vivre  | United Nations Photo License by
L'espoir fait vivre | United Nations Photo License by

Avoir été victime de violences physiques durant l'enfance ferait vieillir plus vite, tandis que des privations alimentaires auraient au contraire tendance à ralentir le développement. Telles sont les principales conclusions d'une étude en passe d'être publiée dans la revue Biological Psychiatry.

Ce travail, mené notamment par des chercheurs en psychologie, biologie et médecine des universités de Washington, Columbia et Harvard, montre ainsi que toutes les formes d'adversité infantile n'ont pas le même type d'incidence sur le développement biologique et le vieillissement cellulaire. Certaines le précipitent et d'autres le freinent, conformément à la théorie évolutionnaire dite des histoires de vie.

«Une exposition à la violence dans l'enfance accélère le vieillissement biologique dès 8 ans», détaille Katie McLaughlin, auteur principal de l'étude. Ce qui pourrait contribuer à expliquer pourquoi, devenus adultes, les enfants battus ont certains problèmes de santé plus fréquents que les individus ayant joui d'une enfance paisible.

La théorie des histoires de vie est un outil précieux

L'étude a enrôlé 247 enfants et adolescents âgés de 8 à 16 ans. L'échantillon, recruté dans la région de Seattle, était composé à 48% de filles, 52% de garçons, 61% de non-blancs et 27% d'individus issus de foyers à bas revenu. Parmi ces participants, 25% ont affirmé avoir subi des violences sexuelles, 42% des violences physiques et 16% n'avoir pas toujours mangé à leur faim. Ces données déclaratives ont été associées à des analyses génétiques permettant de mesurer l'éventuel décalage entre l'âge biologique et l'âge chronologique des sujets.

Il en ressort que les individus ayant été les plus exposés à des violences physiques manifestent un vieillissement cellulaire plus avancé, ainsi qu'un développement pubertaire plus précoce que ce que pourrait prédire leur date de naissance. Des différences qui, dans cette étude, ne sont pas liées à l'origine ethnique ou l'environnement socio-économique, des variables que l'on sait par ailleurs associées à une maturation biologique relativement plus rapide.

Pour expliquer cette plasticité du développement, la théorie des histoires de vie est un outil précieux. Cette branche de la biologie évolutive stipule que les êtres vivants ont tendance à moduler leur développement en fonction des dangers (s'ils ne sont pas mortels) qu'ils rencontrent durant leur enfance. Ainsi, face aux violences, se dépêcher d'être fertile se révèle une stratégie bénéfique pour transmettre ses gènes à la génération suivante, tandis que se mettre en «pause» et économiser son énergie en attendant des jours meilleurs est plus avantageux en cas de privations alimentaires.

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