Société / Monde

Israël ne veut pas de relations amoureuses entre travailleurs et travailleuses étrangères

Temps de lecture : 2 min

Leurs visas de travail ne leur permettent pas de fonder une famille.

Yoav Aziz via Unsplash CC License by
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Le quotidien Haaretz révèle que l’Autorité de la population et de l’immigration, une branche du ministère de l’Intérieur israélien, défend devant les tribunaux l’interdiction des relations amoureuses entre travailleurs et travailleuses étrangères.

Depuis 2013, afin de réguler la présence des populations venues travailler dans le secteur du service à la personne, l’Autorité interdit à deux membres d’une même famille nucléaire de rester sur le territoire en même temps s'ils sont dans le pays grâce à un visa de travail. Selon le ministère, accorder ce droit reviendrait à «encourager l’installation en Israël».

Lorsque des personnes disposant seulement d’un visa de travail sont suspectées de vivre en couple ou de s’être mariées, elles sont menacées de voir leur visa révoqué à moins que l'un des deux partenaires ne quitte le pays.

Toutefois, jusqu’ici, le ministère n’insistait pas lorsque sa décision était contestée. En 2017, par exemple, un couple ayant eu récemment un enfant avait contesté le départ forcé de l’un d’entre eux devant la justice. Le ministère avait alors laissé la famille rester en Israël car «un réexamen de la requête montrait que la travailleuse et le père de l’enfant ne maintenaient pas de cellule familiale. L’extension du visa de travail avait donc été approuvée».

Sévérité

Lors des treize dernières contestations menées par Kav LaOved, une organisation de défense des droits des travailleurs et travailleuses précaires, l'Autorité avait abandonné sa démarche. Elle semble désormais vouloir être plus sévère et réfuter les contestations.

Charel, une Indienne de 28 ans, entrée en Israël légalement en 2017 avec un visa de travail, a eu un enfant avec un autre travailleur étranger présent lui aussi depuis plusieurs mois. Elle voudrait faire un rapide aller-retour en Inde pour confier l’enfant à sa mère. Mais l’Autorité estime que si elle veut revenir, il faudra que le père quitte le pays.

Le couple déclare pourtant ne pas vivre sous le même toit et ne pas vouloir s’installer dans le pays. Leur travail, dans le secteur du service à la personne, ne leur laisse que rarement l’occasion de se voir: ils ne se croisent que pendant leurs congés, explique Charel: «Je ne vois mon partenaire que toutes les deux ou trois semaines et nous ne dérangeons personne. Je suis toujours au travail. […] Ma famille en Inde compte sur moi pour lui envoyer de l’argent».

Pour Kav LaOved, «cette politique est l’ultime déshumanisation des travailleurs migrants. […] L’autorité leur demande de choisir entre leur moyen de subsistance et leur vie de famille. C’est une demande amorale et illégale».

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