Pierre Moscovici: comment la gauche peut sauver les retraites
En rendant le système plus juste et plus responsable.
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Dès le début des années 1990, Michel Rocard avait bien senti l'explosivité du dossier des retraites. A gauche comme à droite, nombreux sont ceux qui semblent depuis lors avoir repris à leur compte la formule du Cardinal de Retz, «on ne sort de l'ambiguïté qu'à ses dépens». Cette attitude, quelque peu infantile, ne peut suffire. Qui ne se souvient des difficultés rencontrées sur ce sujet par Ségolène Royal lors du débat d'entre deux tours contre Nicolas Sarkozy? Comment négliger les scores très faibles réalisés par notre candidate chez les Français de plus de 60 ans? Rappelons en effet que le Parti socialiste aurait pu emporter l'élection de 2007 s'il avait réussi à faire jeu égal avec le candidat de l'UMP chez les retraités!
Je crois pour ma part que le système de retraite français doit absolument être sauvé. La crise financière actuelle montre les immenses dangers des systèmes de retraite par capitalisation individuelle, qui placent les pensionnés sous la dépendance extrême de l'évolution des marchés financiers, dont on mesure chaque jour l'invraisemblable volatilité. Il serait donc tout à fait déraisonnable d'évoluer vers des systèmes privatisés de retraites.
En revanche, cela n'exonère pas la gauche du devoir impérieux d'assurer l'équilibre d'un système public. Le report sur les générations futures de déficits toujours plus grands n'est en rien une politique de gauche, c'est d'abord une politique injuste et inéquitable pour les jeunes générations. Je propose de réfléchir à l'adoption en France d'une règle dite «de Musgrave», comme récemment proposé par Gosta Esping Andersen et Bruno Palier -Trois leçons sur l'Etat providence (La république des Idées, Le Seuil, 2008). Il s'agit de figer à leur niveau actuel le niveau relatif des revenus des retraités et des actifs, jeunes ou moins jeunes. Cela revient à considérer que les niveaux relatifs actuels des pensions, de la durée de cotisation et du niveau des cotisations sociales sont dans l'ensemble justes (même s'il faut prêter attention aux petites retraites) et que cet équilibre entre générations doit être préservé.
En conséquence, si la croissance n'était pas assez forte dans les prochaines années pour maintenir à flots le système de retraites, les trois sources d'économies potentielles devraient être activées, pour permettre un rééquilibrage juste du besoin de financement public. En effet, chaque levier pèse plus fortement sur des Français d'âge différent. La hausse des cotisations ou de la CSG frappe tout le monde, mais en premier lieu les plus jeunes, qui par définition contribueront plus longuement que les autres. L'allongement de la durée de cotisation pénalise d'abord les actifs les plus proches de la retraite, qui voient leur retraite s'éloigner. Et la baisse des pensions est évidemment au premier chef préjudiciable pour les retraités, en particulier les récents retraités.
Bref, je plaide pour un système dont l'ajustement reposerait sur un partage juste du coût entre générations, qui permettrait de dépasser le caractère irrationnel et souvent clientéliste des pseudo-réformes des retraites menées depuis bientôt 20 ans.
Cela n'empêche évidemment pas, au sein d'une génération, d'essayer de rendre le système actuel plus juste. Cela reviendrait, par exemple, à prendre en compte la pénibilité des métiers exercés, car bien peu de progrès ont été effectués dans cette direction ces dernières années. Il convient également de reconnaître que les femmes ont en moyenne des carrières plus courtes que les hommes et doivent donc bénéficier d'un rattrapage au moment de la retraite.
Enfin, je crois indispensable de ne pas céder sur l'idée que les travailleurs qui ont commencé à travailler très jeunes doivent pouvoir partir à la retraite plus tôt, en ayant comme référence une durée de cotisation plutôt qu'un âge minimal, comme l'a obtenu la CFDT de haute lutte en 2003. Le débat actuel me semble de ce point de vue mal engagé par le gouvernement. Le problème est moins l'âge minimal de départ à la retraite —je reste attaché à l'idée d'un droit à la retraite possible à partir de 60 ans, qui protège ceux qui ont commencé à travailler tôt, issus le plus souvent des couches populaires— que l'âge de départ effectif, qui peut progresser pour certains travailleurs. Dans cet esprit, une refonte du mécanisme de décote et de surcote doit redonner à chacun le droit et le pouvoir réel de décider quand il prend sa retraite, alors que le mécanisme actuel sanctionne durement ceux qui veulent partir plus tôt et n'encourage pas assez ceux qui souhaitent continuer.
Enfin, le débat sur l'allongement de la durée de cotisation perd absolument tout son sens si la question de l'emploi des seniors ne progresse pas. La France est très fortement pénalisée par un taux d'emploi des seniors très faible par rapport à ses partenaires européens. Fin 2003, après le vote de la loi Fillon, le taux d'emploi en France sur la tranche 55-64 ans était de 40,9%. Début 2009, il était de 41,7%, c'est-à-dire que le taux d'emploi des seniors n'a absolument pas plus progressé que le taux d'emploi de la population en âge de travailler, qui est lui passé de 63,5 à 64,5% sur la même période.
Nous sommes donc en droit d'attendre du ministre des Affaires sociales de l'époque, aujourd'hui Premier ministre, un bilan, des explications et des propositions car les engagements et les promesses de 2003 n'ont pas été tenues. Avec la hausse du chômage de 25% depuis un an et la multiplication des départs anticipés à la retraite qui découlent du système de rupture conventionnelle des contrats de travail, je ne serai pas surpris que la situation des seniors se soit même nettement dégradée ces derniers mois.
Si les seniors n'ont pas accès au travail, allonger la durée de cotisation revient alors purement et simplement à baisser les pensions, ce dont personne ne veut. Le gouvernement a donc lui aussi un déficit de crédibilité à combler.
Ce débat est extrêmement important pour la gauche. Le Parti socialiste, s'il veut rester un parti de gouvernement, un candidat crédible à l'alternance, doit assumer ses responsabilités. Comme parti de gauche, il doit plaider sans relâche pour un système qui soit aussi plus juste et plus respectueux des choix individuels des Français. En somme, c'est dans cette dialectique entre justice et responsabilité que je vois la méthode d'une réforme réussie.
Pierre Moscovici
Image de une: REUTERS/Jon Jones/Handout
Mis à jour le 11/02/2010 à 15h35











































Bonjour,
Quel crédit accordez-vous aux autres pays qui sont passé à un système 'par point'. ?
Avec lui, chacun choisi son départ en fonction des points qu'il a accumulé. Si le gouvernement peut mettre en place un système à l'équilibre sur, non pas, un nombre de point 'fixe' mais malléable en fonction des résultats de l'année précédente de la caisse de retraite. Il est possible d'avoir un système à peu près équilibré, et capable de durer dans le temps et surtout unique !
Les gouvernements en place n'auraient donc qu'à se préoccuper du montant des pensions des retraites.
Mais il est vrai que ce système ferra voler en éclat votre sacro-saint "60 ans" (Je dis "votre", car, c'est la position de votre parti)
Je suis par contre assez étonné que quelqu'un comme vous ose écrire votre second paragraphe. Le système par capitalisation n'est pas plus dangereux que le système par répartition. Si vous commencé à mettre aujourd'hui de l'argent en bourse dans un produit indexé sur les indices, c'est très loin d'être négatif quand vous récupérer 40 ans plus tard cet argent. Là, par exemple, cette crise a fait perdre 11ans sur l'indice CAC40. Ce qui signifie qu'avant, le montant du CAC40 était en dessous, donc, quelqu'un qui a investit il y a 20 ans, a gagner de l'argent malgré cette crise !
Vous pourriez également envisager d'obliger les retraites par capitalisation d'investir dans les OAT/OATi. De ce fait, le gouvernement trouvera plus facilement de l'argent pour investir, et donc, on pourra reporter le problème de la dette. Etant donné que c'est un problème 'électif', vous faites d'une pierre 2 coups. (Seul problème viendra des professionnels de l'investissement qui alerteront sur les risques encouru d'un tel système)
Pour ce qui est du taux d'emploi des seniors. Etant donné que la retraite est à 60 ans, il ne faut pas s'étonner d'avoir 40%. Si le départ était à 55 ans et qu'on donne un taux d'emploi des 51-58 ans, il sera de même... J'ai peur que vous vous fassiez piéger par ce type de statistique. Il ne faut pas s'étonner si par exemple l'Allemagne a un taux supérieur étant donné qu'eux le départ est à 67 ans.
Quand un employeur voit quelqu'un débarquer de 55 ans, il sait qu'il lui faudra 5 ans pour qu'il devienne rentable. Comme il partira à 60 ans à la retraite, l'intérêt est nul. Si, par contre, il part à 67 ans, l'employeur aura un intérêt à le recruter.
De plus, l'age de la retraite a été mis en place à la base en fonction de l'espérance de vie : 60 ans (Avec 65 ans d'espérance de vie). Nous avons maintenant 80 ans d'espérance de vie, et l'age de la retraite n'a pas changer. Faut-il être vraiment étonné maintenant que le système est déséquilibré ?
L'espérance de vie des femmes est 6 années de plus que les hommes. Si comme vous le dites, les femmes ont des carrières moins longues et ont donc besoin d'un rattrapage, cela signifie qu’elles recevront la retraite 6 années de plus, en moyenne, que les hommes. N'y aurait-il pas là un déséquilibre aussi important (voir plus) que celui de la pénibilité ? (fer de lance des syndicats)
En préambule, laissez-moi vous dire, monsieur Mocovici, que bien qu'étant une électrice de droite, vous êtes parmi les élus du parti socialiste un de ceux que j'ai le plus de plaisir à entendre parce que vos attaques ne sont jamais outrancières et que votre ton est toujours mesuré.
Cependant j'ai trouvé cet article assez pathétique et, croyez-moi, il n'y a aucune ironie dans ces mots.
Vous dites que " la gauche peut sauver les retraites en rendant le système plus juste." Mais vous ne dites pas si vous trouvez les régimes spéciaux "justes" ni si le PS est prêt à les remettre à plat.
Vous dites qu'il "serait tout à fait déraisonnable d'évoluer vers des systèmes privatisés de retraite" mais vous ne dites pas que les fonctionnaires bénéficient du système Préfon qui leur permet une capitalisation subventionnée par l'état.
On ne sait pas si le PS va demander la suppression du système pour les fonctionnaires ou sa généralisation dans le cadre du "système plus juste" ?
La vérité c'est, qu'entre les lignes, on peut lire que cette réforme dont le pays a tant besoin et pour laquelle nous avons pris tant de retard, ce n'est pas le PS dans sa structure actuelle qui la votera. Au mieux il s'abstiendra comme pour le RSA, au pire il combattra cette réforme comme les précédentes.
M.Mscovici, j'ai lu votre article et je me suis dit comme son train devait avoir du retard il a "pondu" un petit article creux pour passer le temps.
Votre édito ne sert à rien et vous maintenez ce que l'on peut reprocher aux socialistes et plus particulièrement les locataires de la rue Solférino, de parler pour ne rien dire.
Sauf respect que je vous dois, relisez votre artcicle et répondez: que trouvez-vous de concret, d'innovant, dans ces quelques lignes qui pourraient laisser croire que les socialistes ont étudié le dossier des retraites?
Je crois et il est dommage pour un parti qui se dit responsable de ne pas avoir un débat au niveau des défis de notre pays.
Au lieu de faire de l'anti-sarko ou anti-gouvernement essayez d'avoir votre personnalité ECONOMIQUE REALISTE cela vous rendra plus crédible.
Aux régionales je vais votez PS ou vert pas conviction car mes idées économiques sont plus tournées vers la droite moins utopique que la gauche "mot fourre-tout qui ne veut rien dire", même si cette droite a un côté immoral mais au moins je le sais.
Mon vote sera une SANCTION contre le Président et le gouvernement qui nous a menti depuis 2007, mais certainement pas un vote pour une "gauche" dont les idées sont d'un autre temps.
Cher Mayombe,
Lisant vos commentaires je vous imaginais toujours droit dans vos bottes et le képi bien droit aussi sur la tête. Au fur et à mesure de la lecture il me semblait même qu'elle était scandée par le sifflement d'une cravache.
Mais, aujourd'hui à quoi sert de vilipender le parti socialiste et ce pauvre monsieur Moscovici, si vous terminez votre commentaire en clamant que vous allez voter socialiste malgré le peu de confiance que vous accordez à ce parti sur le plan économique.
Je crois qu'un homme politique sera toujours beaucoup plus intéressé par votre vote que par votre opinion sur son parti.
Et c'est en agissant ainsi qu'en 2002, alors qu'ils pouvaient penser que le tour de monsieur Jospin était arrivé, les électeurs socialistes qui comme vous, ont préféré voter pour une telle ou un tel, pour des raisons d'humeur personnelle, ont infligé à leur parti la plus dure des humiliations, dont il ne s'est pas encore remis.
Cordialement.
Chére Marianne,
Ma décision semble et je le comprends incohérente mais elle part d'un ras le bol d'un gouvernement qui refuse d'écouter une partie de ses électeurs.
Un Président qui parle beaucoup mais dont l'efficacité est des plus médiocre, le député de ma circnscription illustre inconnu dans son "territoire" qui refuse de recevoir ses électeurs hors ceux de sa ville portuaire pour une demande concernant un amendement sur l' handicap. De grandes messes de nos ministres ou chefs de parti, avec à la clé des déplacements du Premier Ministre dans les grandes villes mais hors des cantons de l'arrière pays de nos grandes communes.
Alors oui j'en ai ras le bol d'une politique de discours d'un gouvernement qui a été elu pour un vrai changement mais quel changement des lois dont le titre a encore une valeur mais le fond est creux, un Etat qui continue de "s'équiper" de conseillers spéciaux quels conseillers!!!!! , les promtions ou les placements des amis comme depuis 40 ans....
Alors j'ai décidé de punir modestement ceux qui n'ont pas respecté le pacte de leur engagement.
J'ai voté pour la première fois de ma vie en 2007 car j'y croyais et bien non RIEN n'a changé et le mensonge continue et notre pays s'enfonce.
J'ai travaillé dans les "démocraties" populaires dans des pays totalitaires, si notre pays n'est ni dans l'un ni dans l'autre il arrive dans les frontières.
Pour ce qui est de l'économie que dire de notre ministre de l'industrie, de notre ministre de la relance que dire de la pléthore de ministres et de secrétaires d'état et de conseillers dont la quantité est hors norme fixée par le Premier Ministre.
Voilà ma Chère Marianne mon vote punitif d'avoir été trompé j'espère que d'autres suivront car le discours n'est pas à la hauteur des enjeux.
Je vous souhaite un excellent WE et je vous lis avec toujours autant de plaisir.
Voilà un échange qui prouve que Slate est indispensable
En 1945, le Conseil National de la Résistance – en reprenant les embryons de ce qui commençait à exister depuis la fin du XIXème siècle en matière de protection salariale et sociale (voir ce qu'avait initié André Citroën) - est à l'origine de la création du système des retraites par répartition, de la sécurité sociale, de l'assurance santé que nous connaissons avec un système basé sur la masse des actifs – pour reconstruire une France détruite et participer à un " élan de Solidarité Nationale ".
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Combien de veuves et d'orphelins à aider et assister en 1945 ? Dans un contexte qui a vu deux déficits successifs des naissances dus aux guerres de 14-18 et 39-45 et une nécessité de tout reconstruire avec un plein emploi, pour ne pas dire un " sur emploi ", on manquait de bras à l'époque. Ce contexte et cette volonté de Solidarité sont à la base de cette démarche.
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Le Conseil National de la Résistance avait bâti un véritable programme de reconstruction nationale avec notamment une véritable démocratie sociale (création des comités d'entreprises, par exemple) certes balbutiante mais réelle, et fin de la concentration des pouvoirs économiques dans les mains de grandes fortunes industrielles ou financières. (nationalisations). Ce point est aussi très important.
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Le contexte a changé depuis, notamment les chocs pétroliers entre autres choses et les détournements successifs de finalité de la politique et des comportements des politiques et une réapparition de la mainmise des grands groupes financiers et autres dans la direction de l'économie mondiale. Foin de la solidarité nationale, place à l'égoïsme des industries et des élus de la République. Chômage de masse, gestion de la précarité, allongement de la durée de vie, amélioration de la santé dans les pays développés, plus de guerres comme les deux précédentes donc pas de déficits de naissances, pas de plan massif de reconstruction, disparition de la valeur travail et de la valeur humaine, primauté du profit et de la très haute rentabilité à très court terme, etc.
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Les privatisations ont probablement renforcé la fin de la valeur travail et de la prise en compte de l'homme dans le fonctionnement des sociétés et des entreprises.
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Je trouve désolant que les politiques, économistes et journalistes de tout bord oublient tous la Loi de Pareto, économiste et sociologue italien et son principe de base : environ 80 % des effets sont le produit de 20 % des causes.
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Quelques exemples :
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20% des causes peuvent être à l'origine de 80% des défauts
20% des clients sont à l'origine de 80% des réclamations
20% des automobilistes causent 80% des accidents
20% des délinquants génèrent 80% des délits
20% des joueurs de foot marquent 80% des buts
20% des hommes ou femmes politiques détiennent 80% de l’espace débat
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Et la plus marquante et certainement la plus compréhensible :
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20% de l’effectif d’une entreprise représente 80% de la masse salariale. Ou si vous préférez, 80% des salariés d'une entreprise ne gagnent que 20% de la masse salariale.
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C'est certainement pour cela que les chefs d'entreprises licencient en priorité les petits salaires pour réduire la masse salariale ! Soient les 80% qui gagnent 20% de cette masse salariale. Et que font la " Gauche " et les " syndicats " sur ce point ? Motus et bouche cousue.
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Certains confondent le droit acquis (exemple : la retraite) avec l'assiette d'exercice ou de calcul de ce droit (partir à 55, 60, 65 ans voire plus), assiette qui doit varier en fonction du contexte. On vit plus longtemps, il faut travailler plus longtemps. C'est certain. Oui, mais c'est un peu court.
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En clair, se limiter à allonger la durée du travail, augmenter le montant des cotisations, majorer le nombre de trimestrialités de cotisations, baisser le montant des retraites c'est, pour schématiser, s'attaquer aux 80% du problème qui ne pèsent que pour 20% dans le résultat final.
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Si le fonctionnement de l'économie continue à favoriser le capital, le court terme et la rentabilité de l'argent, les retraités seront de plus en plus nombreux, avec des retraites de plus en plus réduites. Et le pouvoir d'achat des actifs va finir par s'effondrer et tout le système avec.
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Favoriser le rendement du capital à court terme détruit obligatoirement les emplois. Il me semble que nous sommes revenus aujourd'hui à une direction de l'économie mondiale par des grands groupes et non plus par des gouvernements.
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C'est peut être là aussi une piste à étudier. Mais nationaliser à outrance ou ne taxer que le capital et faire payer les riches n'est certainement pas " LA " solution. Il est faux de faire croire qu'on fera payer les riches. Les riches – et tant mieux pour eux – trouveront toujours qui les conseiller pour payer moins, et ils auront raison.
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Pour mémoire, au XIXème, un placement à 3% l'an était un placement de bon père de famille et tout le monde y trouvait son compte, même les grandes fortunes. Sans inflation, le système de répartition est adéquat. Mais en période d'inflation, la capitalisation serait partiellement plus adaptée. Peut-être un mélange des deux serait-il assez fluctuant pour encaisser les variations économiques.
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Enfin, s'appuyer également sur la consommation à crédit en élargissant les conditions d'accès au crédit – y compris pour les retraités qui participeraient ainsi au financement du système des retraites - puisque on vit plus longtemps, serait aussi un moyen d'alimenter le système de répartition et le faire perdurer.
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Egalement, il serait nécessaire de fondre tous les régimes spéciaux – dont vous profitez, au fait – en un seul et unique. Mesure d'économie et de ……… solidarité !
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Ce n'est donc pas une question d'idéologie de droite, de gauche, du centre ou d'ailleurs, mais de contexte, de réalité économique et de volonté politique, comme celle qui existait en 1945.
Le problème des retraites, ne vous en déplaise, est fait de chiffres et de statistiques:
-en sortie de crise, les taux de croissance des prochaines années ne vont pas permettre de résorber le chômage, même partiellement, donc stagnation ou diminution des montants cotisés!
-un retraité de 60 ans a aujourd'hui une espérance de vie de 22 ans pour les hommes, 27,9 pour les femmes, soit environ 10 ans de plus qu'en 1965
-un fonctionnaire a une espérance de vie supérieure à la moyenne, une retraite fondée sur les derniers salaires, donc surévaluée, et des avantages comme Préfon financés par la collectivité
La logique et la justice voudraient que les fonctionnaires partent plus tard, cotisent plus (puisqu'ils sont préservés du chômage) et que leur retraite soit calculée selon la règle commune!
Si vous êtes prêts à discuter sur ces bases, ce dont je doute, vous avancez, sinon, c'est du bavardage sans conséquence!
Quel intérêt de voter pour quelqu’un dont ont n’a pas les mêmes idées ? Imaginez qu’ils arrivent à les mettre en place.
Votre vote sera donc une sanction contre vous, et non plus contre le gouvernement.
Personnellement, je voterai plutôt pour la droite pour être sur que la gauche ne fasse pas le grand chelem. Grâce à ça, les transferts de charges sans compensation ne seront plus possible. Et donc, on aura moins de chance d’avoir une explosion de l’imposition fiscale locale. Même si ma région n’a visiblement aucune chance de contrer la gauche (Freche ^^)
Parce que le grand chelem de la gauche sera une aubaine pour la droite en prévision des élections de 2012. Une explosion de l’imposition locale sera intenable lors d’un hypothétique débat… surtout si certaines régions ou département sont mis sous tutelle par l’état pour cause de faillite.
Enfin… Stratégiquement, la gauche est en train de perdre le combat 2012.
(Ce commentaire s'adresse à Charlotte Pudlowski pour son article : Etre roux, c'est pas si facile.
Dans le cadre des "difficultés techniques" de Slate, je me sers de la seule fenêtre qui a bien voulu s'ouvrir.)
Chère Charlotte,
C'est toujours un plaisir de voir apparaître votre petit visage souriant à la gauche d'un article. On n'a encore rien lu que déjà on voudrait faire un commentaire !
J'ai donc lu votre article et je me suis tout de suite dit : "Il manque un paragraphe, celui où il serait question de ces gens, dont je suis, qui ont la passion du roux."
Quand j'en croise un ou une dans le métro je ne peux en détourner les yeux. Les roux, les vrais, me fascinent. Je ne parle évidemment pas de toutes ces fausses rousses qui pullulent partout mais qui ne sauraient tromper le vrai passionné !
Même Rita Hayworth, n'était pas rousse mais, comme chacun sait, brune.
Cette fascination a été décrite dans un petit livre que quelqu'un m'avait offert, connaissant ma passion et que j'ai depuis offert, à mon tour, à une petite fille rousse aux yeux verts.
Dernière chose, quel plaisir d'apprendre au hasard d'une émission télé, que Ramsès II dont on "soignait" la momie, était roux tout comme Jules César et même le roi David, paraît-il !
Très cordialement.
Comme les autres hommes politiques, vous vous gardez de reconnaitre les avantages de ceux qui sont vos électeurs potentiels ou traditionnels. D'où un discours incomplet où vous mettez en lumière des vérités incontestables qui vous arrangent et n'évoquez pas celles qui vous dérangent et qu'ont mis en avant certains des commentaires ci dessus.
Normal ? De bonne guerre? sans doute... Interrogez-vous quand même, Monsieur, sur votre crédibilité.
J'aurais aimé qu'un homme tel que vous, que je respecte encore, bâtisse un projet dans lequel une totale transparence, l'exemplarité, le don de soi à son pays soient considérés comme les valeurs fondatrices de l'engagement politique.
alors votre prose sur les retraites retrouverait une utilité.