Sciences

Tous les ours blancs ne sont pas en danger

Temps de lecture : 2 min

Près de 3.000 ours polaires se la coulent douce dans la Mer des Tchouktches.

 Ours venant de se repaître d'une carcasse de morse  | Eric Regehr/Université de Washington
Ours venant de se repaître d'une carcasse de morse | Eric Regehr/Université de Washington

Avec le panda, l'ours blanc est sans doute l'animal le plus emblématique de la prise de conscience écologique. Plus précisément, le plantigrade polaire est devenu le symbole des ravages du changement climatique, car une bonne partie de la vingtaine de sous-populations constituant l'espèce Ursus maritimus sont menacées par la fonte de la banquise. Mais toutes ne sont pas en danger. Dans la mer des Tchouktches, située dans le cercle polaire Arctique entre la Sibérie et l'Alaska, un recensement scientifique de ces animaux permet de dire qu'ils sont en bonne santé et ne courent aucun danger d'extinction.

Menée par des chercheurs notamment affiliés à l'université de Washington, l'étude établit que les ours de la mer des Tchouktches avoisinent les 3.000 individus et évoluent dans un milieu riche en ressources alimentaires.

«Certaines sous-populations déclinent alors que d'autres vont bien»

«Ce travail représente une décennie de recherches et nous offre une première estimation de la quantité et de la condition de la sous-population de la mer des Tchouktches», explique Eric Regehr, biologiste et auteur principal. Et si, à cause de la fonte de la banquise, les ours de cette région ont effectivement perdu un mois de chasse sur leur habitat préféré, cela ne leur a pas nui outre mesure et leur masse graisseuse est restée identique.

«La fonte de la banquise due au changement climatique demeure la première menace de l'espèce», précise le chercheur, «mais, comme le montre l'étude, ses effets varient géographiquement et temporellement. Certaines sous-populations déclinent alors que d'autres vont bien».

En l'espèce, les ours de la mer des Tchouktches peuvent compter sur une abondance de phoques et de carcasses de baleine à se mettre sous la dent. «C'est une zone très riche», commente Regehr. «La mer des Tchouktches est globalement peu profonde, avec des eaux riches en nutriments en provenance du Pacifique. Ce qui se traduit par une productivité biologique élevée».

Avec l'aide de l'agence fédérale américaine chargée de la protection de la faune sauvage et de la vie marine, Regehr et ses collègues ont collecté leurs données en suivant une soixantaine d'ours entre 2008 et 2016. Pour ce faire, les scientifiques survolaient en hélicoptère la région à la recherche des pistes fréquentées par les animaux et, une fois des individus localisés, ils les endormaient le temps de les peser, de collecter des échantillons biologiques, de les marquer individuellement et, dans certains cas, de leur installer un émetteur GPS.

Toutes ces données ont ensuite été intégrées dans un modèle conçu pour estimer la population de grands carnivores très mobiles et au territoire très large. Un modèle que les auteurs ont choisi de laisser accessible au public dans l'espoir qu'il soit utilisé pour d'autres populations ou espèces. En outre, ce modèle est le premier à prendre en compte des connaissances écologiques issues des populations humaines autochtones, qui vivent au contact des ours toute l'année et dont l'expertise s'est accumulée depuis des centaines de générations.

Slate.fr

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