Égalités / Monde

Prada retire des portes-clés après avoir été accusé de blackface

Temps de lecture : 2 min

«Nous abhorrons le racisme», a déclaré la marque de mode.

Un magasin Prada à Paris en 2012. AFP/Joel Saget
Un magasin Prada à Paris en 2012. AFP/Joel Saget

Chinyere Ezie, une avocate américaine, avait passé une bonne journée. Cette dernière venait de visiter le Musée national d’histoire et de culture afro-américaine de Washington, qui présentait une exposition sur le blackface – cette pratique théâtrale raciste du XIXe siècle aux États-Unis où des blancs se déguisaient en noir pour s’en moquer. De retour à New-York, Chinyere Ezie fut frappée par la vitrine du magasin de la marque italienne Prada de Soho, où il a été «confronté aux mêmes images racistes et dénigrantes», a-t-il expliqué dans un post Facebook partagé environ 10.000 fois, cité par USA Today.

L’avocate y a découvert la nouvelle ligne de la marque, nommée Pradamalia. Un ensemble de figurines en forme de «créatures mystérieuses», développées par Prada Labs, raconte FastCompany. Mais une des figurines, un singe noir appelé Otto, évoque fortement à un blackface et est décliné en porte-clés, t-shirts, colliers, etuis de téléphone… «Je ne fais pas beaucoup de messages publics mais là je tremble de colère», a écrit l’avocate, appelant à boycotter la marque.

Le groupe a rapidement réagi et a annoncé vendredi que les marchandises reprenant l’image d’Otto seraient retirées. «Le groupe #Prada a horreur des images racistes», a déclaré la marque sur Twitter. «Les Pradamalia sont des goodies de fantaisie composés d'éléments de l'oeuvre de Prada. Ce sont des créatures imaginaires qui ne sont censées faire référence au monde réel et certainement pas au blackface, a continué le groupe. Prada n’a jamais eu l’intention d’offenser qui que ce soit et nous abhorrons toutes les formes de racisme et d’images racistes. Dans cet intérêt, nous retirerons les personnages en question de leur présentation et de leur diffusion».

L’annonce n’a pourtant pas suffi à calmer les velléités de boycott de certains internautes.Ce n’est pas la première fois que le luxe italien est accusé de racisme. En 2016 Dolce & Gabanna avait sorti une paire de chaussures d’été nommées «sandales d’esclave». Et en novembre, la même marque avait publié une vidéo pour le marché chinois. On y voyait une Chinoise incapble de manger des pâtes avec des baguettes. Le clip avait causé de nombreuses protestations en Chine et de nombreux appels au boycott.

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