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En Australie, les médias n'ont pas le droit de couvrir le procès d'un cardinal accusé de pédophilie

Temps de lecture : 2 min

La justice australienne a interdit à la presse de publier le verdict du procès afin de ne pas influencer un autre procès en cours.

Le cardinal George Pell à Melbourne le 11 décembre 2018, pendant son procès. WILLIAM WEST / AFP
Le cardinal George Pell à Melbourne le 11 décembre 2018, pendant son procès. WILLIAM WEST / AFP

En 2017, le Cardinal George Pell a été inculpé pour abus sexuels sur deux mineurs dans les années 1990 et le 11 décembre, un jury australien a rendu son verdict (unanime) dans ce procès. Mais la presse n'a pas le droit d'en parler, conformément à une décision de justice visant à préserver l'impartialité des jurys. En effet, le Cardinal Pell est impliqué dans une seconde affaire en cours (également pour agressions sexuelles, mais dans les années 1970), et les médias ne pourront révéler les détails du premier procès qu'une fois que ce deuxième procès sera fini.

Le 13 décembre, le quotidien australien Herald Sun a dénoncé ces restrictions en une du journal:

«CENSURÉ. Le monde entier est en train de lire une histoire importante qui touche les résidents de l'État de Victoria. Mais le Herald Sun n'est pas autorisé à publier des détails sur ces informations essentielles.»

Un éditorial du Daily Telegraph de Sydney a qualifié cette interdiction «de restriction archaïque de la liberté de la presse dans un monde connecté via Internet».

Le Sydney News Herald a contourné l'interdiction en ne citant pas le nom du Cardinal:

«Une personnalité haut-placée a été reconnue coupable d'un crime grave mardi, mais nous n'avons pas le droit de dévoiler son identité à cause d'un ordre de dissimulation.»

Les risques encourus par la presse sont importants. En effet, le juge chargé de cette affaire a déclaré que certains journalistes pourraient être «emprisonnés, et pour des peines sévères», en cas de violation de l'interdiction de publier.

La principale association australienne de victimes d'abus sexuels par des prêtres a aussi dénoncé cette censure qui fait écho à celle imposée pendant des décennies par la hiérarchie catholique.

Comme l'explique une chronique du Washington Post, ce genre de censure est difficile à maintenir en place à l'ère d'internet: des informations sur le verdict ont été publiées en ligne par plusieurs médias étrangers, même si les rédacteurs en chef ont dû prendre des précautions. La direction du Daily Beast, un des premiers sites à rendre le verdict public, a consulté plusieurs avocats, fait attention à ce que le titre de l'article soit relativement neutre et «géobloqué» l'article afin qu'il soit plus difficile de le lire en Australie.

La presse française n'a pas révélé le verdict, mais a mentionné que le pape François avait mis fin aux fonctions du Cardinal Pell, qui avait pendant longtemps dirigé les finances du Saint-Siège.

Slate.fr

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