Barbie, pourquoi tant de haine?
Tous les parents (ou presque) la détestent. Pourtant, elle a aussi de bons côtés.
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Barbie se fiche de la crise. Pendant les fêtes de fin d'année, les ventes de la célèbre poupée ont bondi de 12% en volume dans le monde. Du pain béni pour son propriétaire, le groupe américain Mattel, dont les bénéfices se sont envolés de 86% au quatrième trimestre 2009. Pas mal pour un simple jouet en plastique qui a déjà plus de 50 ans.
Si la poupée culte affiche une si belle longévité, elle ne le doit pas aux parents. La plus grande partie la déteste. Et si les adultes finissent par en acheter, c'est pour répondre aux demandes insistantes de leurs petites filles (en général de 3 à 7 ans). Ce qu'on reproche à Barbie -? D'abord de symboliser une consommation débridée. Caricature de «l'American way of life», la grande blonde boit du Coca, mange MacDo et ne pense qu'à faire du shopping avec ses copines. C'est une «fashion victim» comme n'importe quel grand magasin en rêverait. On dirait que son plaisir est d'accumuler les choses: de nouvelles robes scintillantes, des bijoux, un scooter, une voiture de sport, un bateau ... Il lui faut toujours plus d'accessoires et le luxe la fascine. De là à penser que Barbie transformerait les fillettes en droguées de la fringue et des centres commerciaux, il n'y a qu'un pas ...
Les adultes la perçoivent aussi comme la quintessence de la «femme objet», soumise aux diktats masculins. Talons hauts, robe bling bling, taille mannequin ... Barbie est obsédée par sa «beauté». Elle réduit la femme à une silhouette filiforme, complètement déconnectée des réalités morphologiques. Comme les magazines féminins, on l'accuse de favoriser l'anorexie des petites filles qui veulent lui ressembler. Certains trouvent même cette pin-up de 28 cm un peu «sulfureuse». Avec ses tenues flashy, elle veut séduire les mecs et s'amuser non stop car elle a plein d'amis avec qui faire la fête. Vraiment trop frivole, Barbie.
Raconter des histoires
Cette mauvaise image, bien inscrite dans l'imaginaire des parents, échappe pourtant complètement aux enfants. Pour eux, Barbie est avant tout un jouet qui sert de support pour se raconter des histoires ou raconter des histoires aux autres. Pour Marie-Françoise Hanquez-Maincent, universitaire, spécialiste de la civilisation américaine (auteur de «Barbie poupée Totem» -Edition Autrement), elle a un rôle de lien social: «les petites filles jouent très souvent à la Barbie en groupe et imaginent entre elles des scénarios ludiques. Elles ne s'identifient pas à la poupée mais partagent un univers commun où elles font l'apprentissage des codes sociaux en apprenant par exemple à se prêter des choses».
Barbie n'est pas un bébé et on ne peut pas jouer à la maman avec. C'est peut-être ce qui dérange le plus les mères de famille: leur fille n'est pas dans l'apprentissage rassurant de la maternité. Modèle de jeune adulte, Barbie joue un autre rôle auprès des enfants. La sociologue Anne Perrin, citée sur lesquotidiennes.com, est claire: «les fillettes ont eu en main une pin-up sexuée à habiller et à déshabiller. La Barbie a favorisé une projection vers l'avenir qui n'a plus rien à voir avec le geste maternant. Le jeu est orienté vers la capacité de séduire, de se relooker». Selon Marie-Françoise Hanquez- Maincent, «n'en déplaise à certains idéologues, elle peut aider la petite fille à affirmer sa féminité. Le jouet sert de support aux propres fantasmes de l'enfant. De ce point vue, il répond à un vrai besoin de se construire et de grandir».
C'est entendu, pas de mariage et pas d'enfant en vue pour la belle blonde. Eternelle célibataire, elle n'a aucune envie de se fixer avec Ken, son équivalent masculin. Avec elle, féminité ne rime pas avec maternité et ça plaît beaucoup à certaines organisations féministes. On pourrait même en faire un modèle de «femme libérée»: indépendante, elle peut exercer tous les métiers, même les plus masculins. Mattel a déjà sorti des Barbie pilotes d'avion, officiers de marine et astronautes. Un modèle «présidente des Etats-Unis» a même été commercialisé en 2000. Bien avant que Hillary Clinton ou Sarah Palin se déclarent candidates à la Maison Blanche.
Bruno AskenaziSi vous avez aimé cet article, vous aimerez peut-être «Ken vivra toujours dans l'ombre de Barbie» ou «Black Barbie, une barbie qui vous ressemble.» Voir aussi notre portfolio Magnum sur les 50 ans de Barbie.
Image de une: Barbie fait de la plongée, DR.
Mis à jour le 14/02/2010 à 17h10









































Le french bashing a été un grand moment de défoulement collectif pour les américains au moment du déclenchement de la guerre en Irak. Vue de l'extérieur, c'était un peu grotesque. Je me souviens des reportages montrant des parlementaires américains rebaptisant en grande pompe les french fries, liberty fries à la cantine du Congrès. Mais pour les américains, qu'est-ce que c'était bon. Enfin quelqu'un dont on pouvait se moquer sans se faire taxer de sexisme, racisme etc.
Père d'une ancienne petite fille, et résolument opposé à Barbie pour toutes les raisons que vous avez soulignées dans votre article, je peux , alors qu'aujourd'hui la petite fille est devenue grande, reconnaître que si Barbie n'avait pas existé, il eut fallu l'inventer.
Qu'est-ce c'était bon en tant que père, d'être mu par une juste indignation et d'avoir des certitudes en matière d'éducation. :~) Merci Barbie.
Eh bien, El Gato, merci de votre honnêteté, mais quelle tristesse à vous voir, par un tel revirement, vieillir dans les idées.
Puisqu'il eut fallu l'inventer, la poupée de nos temps, pourquoi ne l'avez vous pas fait, pourquoi n'avez vous pas encouragé des entreprises culturelles qui se défendent contre l'invasion de cette agressive (commercialement et culturellement) et imbécile Barbie. C'est évident qu'il faut aux enfants, même les garçons, des poupées ou des figurines pour développer leurs émotions, leur caractère et leur sens social au travers de jeux de rôle et d'identification. Mais pourquoi succomber à ce faux modèle imposé par la culture décadente d'un empire désormais en pleine décomposition?
Les arabes et d'autres cultures ont inventé leurs propres poupées et de ce fait écarté ce commerce odieux de l'Amérique barbare. Ils ne sont pas tombés comme vous dans le panneau. Et même, je suis sûr qu'on trouve mieux que Barbie sur le marché européen.
Je crains d'avoir été par trop elliptique.
Puisqu'il eut fallu l'inventer, la poupée de nos temps, pourquoi ne l'avez vous pas fait, pourquoi n'avez vous pas encouragé des entreprises culturelles qui se défendent contre l'invasion de cette agressive (commercialement et culturellement) et imbécile Barbie. C'est évident qu'il faut aux enfants, même les garçons, des poupées ou des figurines pour développer leurs émotions, leur caractère et leur sens social au travers de jeux de rôle et d'identification.
A vrai dire si j'émettais l'idée qu'il eut fallu l'inventer, ce n'était pas pour encourager les enfants à développer leurs émotions, leur caractère ou leur sens social, mais c'était pour rassurer les parents sur leur role d'éducateur. Quoi de plus réconfortant pour un père, souvent en proie au doute sur ce qui est bon ou non pour l'éducation de son enfant, qu'une cible aussi évidente que la poupée Barbie. C'était une réponse qui se voulait humoristique à la question posée par Bruno Askenazi: "Barbie, pourquoi tant de haine ?". Je suis d'ailleurs heureux de ne pas avoir lu son article lorsqu'il en était encore temps, car je dois confesser que je suis passé totalement à coté de la dimension féministe de Barbie. :~)
Les arabes et d'autres cultures ont inventé leurs propres poupées et de ce fait écarté ce commerce odieux de l'Amérique barbare.
Faites-vous référence à cette poupée ?
http://www.suchablog.com/fulla-la-barbie-musulmane
Je crois que je préferre encore Barbie s'il faut réellement accorder du crédit à cette article:
"Monsieur Abidin explique : « Il ne s’agit pas seulement de mettre un hidjab sur une poupée Barbie. Avec Fulla, j’ai voulu créer un personnage que parents et enfants puissent considérer comme un membre de leur famille. Elle est honnête et ne ment jamais, elle est aimante, dévouée, et elle respecte son père et sa mère. Elle est bonne avec ses amies, aime la lecture et adore la mode ». "
" pour les sorties, il s’agit d’un tchador noire qui lui cache tout le corps et le visage à part les yeux et une partie du front. Alors que la tenue de la maison est moderne avec une petite jupe et un débardeur, un make-up bien apparent. Tout ça pour faire passer le message que Fulla est bel et bien la musulmane moderne. Elle a le teint mat et les yeux marrons et connaît un succès énorme : 2 millions de poupées ont été vendues depuis son lancement en 2003."
"Même si un lancement de Fulla médecin et Fulla enseignante est prévue sur le marché, une chose est sure, Fulla n’aura jamais de petit copain, comme le Ken de Barbie. « Les parents ne veulent pas de ça, Ce n’est pas culturellement correct. Fulla sera toujours célibataire »"
"Dans une autre série de pubs, des actrices syriennes présentent les effets personnels de Fulla, en rappelant aux fillettes : « Quand vous sortez Fulla de la maison, n’oubliez pas de lui faire porter son abaya ! »"
Fulla me semble toute aussi aliénée par la consommation que Barbie, et devoir supporter en plus le poids de la religion et de l'image que les religieux se font des femmes.
Je suis toujours frappé par tout ses compétents qui savent lire dans nos têtes qui savent ce que nous pensons et ce que nous allons devenir.
Je suis Corse à un îlien et quelle île premier handicap,
j'ai effectué mes études sur le continent, j'ai habité un quartier "moyen"autre handicap d'une ville moyenne, j'ai tapé du point dans les bals un "voyou", j'ai eu quelques gueules de bois un "alcoolique"...., alors les grands prêtres de l'esprit auraient vu en moi un gamin à fort risque d'instabilité, et non messieurs les gourous ce n'est pas ce qui est arrivé
Et que dire de ma fille qui a joué avec des barbies et tous les accessoires qui vont avec, résultat des études supérieures, maman depuis peu et maternante ....
Nous sommes dans un monde où certains pensent que tout se lit dans les gestes et paroles que l'esprit peut-être vu de l'extérieur et prédire l'avenir de chacun quelle foutaise d'ailleurs les facs sont pleines de futurs diseurs de bonne aventure
Laissons nos enfants et leur rêve, la période de l'insouciance est si courte
Je me demande ce que madame Badinter peut bien penser de la poupée Barbie ?
Ma fille a joué avec une poupée Barbie, offerte par sa grand-mère. Moi j'étais contre et je n'ai jamais accepté d'en acheter.
Cela ne l'a pas empêchée de faire une carrière d'ingénieur, et de nourrir ses deux enfants au sein.
Elle nourrissait aussi les enfants des autres, puisque lorsqu'elle avait un enfant qui tétait un sein, le lait de l'autre coulait directement dans le biberon destiné au lactarium de l'hôpital qui venait une fois par jour récupérer les biberons pour les enfants prématurés.
L'horreur totale selon madame Badinter, à ce que j'ai compris !