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En un mois, deux Afro-Américains tués par la police alors qu'ils tentaient d'éviter des fusillades

Temps de lecture : 2 min

Deux semaines après le décès d'un agent de sécurité noir qui avait appréhendé l'auteur d'une fusillade, un jeune homme qui était intervenu dans une autre tuerie dans un centre commercial a aussi été abattu par erreur.

Une manifestation contre les violences policières, à Chicago en avril 2018. | Scott Olson / AFP
Une manifestation contre les violences policières, à Chicago en avril 2018. | Scott Olson / AFP

Dans le cas d'E.J. Bradford Jr., un Afro-Américain de 21 ans qui a été tué par un policier dans un centre commercial en Alabama le 22 novembre dernier, la version de la police a changé plusieurs fois. Les forces de l'ordre se sont d'abord félicitées d'avoir tué l'auteur d'une fusillade qui avait fait deux blessés, puis ont reconnu que Bradford n'était en fait pas le tueur (celui-ci a été arrêté deux semaines plus tard), avant de dire trois jours plus tard que Bradford brandissait une arme de façon menaçante. La police est ensuite revenue sur cette description et a déclaré que Bradford ne menaçait personne.

Or l'autopsie vient de déterminer que le policier avait tiré dans le dos du jeune homme, qui est mort après que des balles ont touché l'arrière de son cou, l'arrière de sa tête et son dos. Son avocat a déclaré que suite à ces résultats, le policier devrait être inculpé, car si Bradford s'éloignait de lui de dos, il ne pouvait pas être considéré comme une menace imminente.

Selon plusieurs témoins, Bradford, qui portait une arme légale, avait essayé de protéger les passants pendant la fusillade. Et à leur arrivée, les forces de l'ordre n'avaient pas communiqué avec lui avant de tirer. Pour l'instant, le policier qui a tué Bradford a été suspendu et une enquête a été ouverte. La vidéosurveillance de la fusillade n'a pas encore été rendue publique.

Cet incident est intervenu moins de deux semaines après le décès de Jemel Roberson, un agent de sécurité noir qui a été tué par la police dans un bar près de Chicago alors qu'il venait d'appréhender l'auteur d'une fusillade. Roberson avait réussi à immobiliser le tireur mais quand la police est arrivée, les officiers ont immédiatement tué l'agent de sécurité, pensant que c'était lui qui était à l'origine de la fusillade.

Ces deux cas soulignent que contrairement à ce que répètent Donald Trump et de nombreux Républicains aux États-Unis, la présence de personnes armées bien intentionnées ne permet pas d'éviter les fusillades. Ils révèlent aussi à quel point le port d'arme légal est problématique pour les Afro-Américains, qui sont rapidement considérés comme des menaces par la police.

Dans de nombreux États, comme l'Alabama, les habitants ont le droit de porter des armes en public. Les policiers doivent donc s'adapter à cette situation et ne pas considérer que toute personne armée est nécessairement dangereuse. Mais lorsque la personne armée est noire, les policiers ont plus souvent tendance à voir une menace immédiate et à tirer.

Slate.fr

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