Sciences

Faut-il faire revivre les espèces animales disparues?

Temps de lecture : 13 min

Les avancées scientifiques devraient bientôt permettre de cloner des animaux éteints. Mais est-ce vraiment la chose à faire?

Najin et Fatu, les deux dernières femelles de la sous-espèce des rhinocéros blancs du Nord, le 20 mars 2018 dans la réserve de Nanyuki, au Kenya | Tony Karumba / AFP
Najin et Fatu, les deux dernières femelles de la sous-espèce des rhinocéros blancs du Nord, le 20 mars 2018 dans la réserve de Nanyuki, au Kenya | Tony Karumba / AFP

Ce texte a été adapté de Mammutens Återkomst de Torill Kornfeldt, traduit en anglais par Fiona Graham sous le titre The Re-Origin of Species: A Second Chance for Extinct Animals.

Alors que j’observais Nola, quelque chose en elle me rappelait ma grand-mère, qui raffolait des caftans larges et colorés et –du moins me semblait-il– se sentait à l’aise, dans son élément, partout où elle allait.

Même si Nola était grassouillette et plutôt imposante, ses mouvements étaient dignes et majestueux, bien que loin d’être rapides. Elle n’avait pas vraiment de soucis dans la vie, chaque jour ensoleillé ressemblait au précédent. Elle appréciait les pommes et adorait se faire consciencieusement gratter le dos. Elle parvenait toujours à ce que le vieux rhinocéros mâle reste à sa place. Il était évident que c’était elle la cheffe de l’enclos.

«J’ai parfois entendu les conservateurs animaliers dire que Nola ne courait quasiment plus, mais je l’ai vu charger aussi vite qu’une locomotive à vapeur, quand son colocataire l’avait énervée et qu’elle voulait le faire déguerpir», raconte Darra Davis, la responsable des programmes pédagogiques qui m’a fait visiter le zoo.

Le compagnon de Nola était un rhinocéros blanc du Sud, une sous-espèce différente de celle de Nola. La raison principale de sa présence à ses côtés était de fournir à la femelle un peu de compagnie. Tout espoir de voir les deux animaux se reproduire avait disparu depuis longtemps.

Responsabilité envers les générations futures

Nola appartenait à une espèce animale qui s’est, très concrètement, éteinte. Les gens sont fascinés par la fin des choses, par les derniers représentants d’une lignée. Peut-être cela explique-t-il pourquoi, alors que j’admirais ce monumental rhinocéros se promener paisiblement, je me suis sentie encore plus émue que d’habitude.

Lorsque je suis allée lui rendre visite en 2015 au zoo de San Diego, aux États-Unis, il ne restait déjà plus que quatre rhinocéros blancs du Nord dans le monde. À la mort de Nola, en novembre 2015, leur nombre passa à trois, et après celle de Sudan, le dernier mâle de la sous-espèce, en mars 2018, sa population mondiale est tombée à deux individus. Najin et Fatu, les deux dernières femelles, semblent incapables d’avoir des petits. Quel que soit le nombre d’inséminations tentées, il semble que plus aucun rhinocéros blanc du Nord ne pourra voir le jour de manière naturelle.

Un gardien de la réserve Ol Pejeta au Kenya prend soin de Sudan, le dernier mâle rhinocéros blanc du Nord, le 5 décembre 2016 | Tony Karumba / AFP

C’est principalement le braconnage qui est à l’origine de cette extinction lente, mais inéluctable. Au marché noir, la corne de rhinocéros se négocie à un prix aussi élevé que la cocaïne ou l’or. Les cornes braconnées sont utilisées dans des médecines alternatives –alors que leurs vertus sont totalement inexistantes– ou servent à la fabrication de manches de poignards de cérémonie et autres objets décoratifs.

«Dans le fond, le tout est de savoir si nous pensons avoir une responsabilité envers les générations futures. La plupart des gens s’accordent à dire que nous avons une responsabilité envers nos propres enfants et petits-enfants, mais peut-être pas envers les populations qui pourraient vivre sur Terre dans des dizaines de milliers d’années. Pourtant, les décisions que nous prenons aujourd’hui auront des conséquences pendant tout ce laps de temps», explique Oliver Ryder dans son bureau, à quelques centaines de mètres de l’enclos de Nola.

Chercheur, il est responsable du département de génétique du zoo. En disant cela, il n’évoque pas seulement le fait que les espèces disparaissent aujourd’hui à un rythme alarmant et que la biodiversité terrestre ne cesse de diminuer. Ce qu’il veut dire, c’est aussi que nos décisions pourraient rendre le monde meilleur et permettre de sauver des espèces animales.

Oliver Ryder est fasciné par les rhinocéros depuis qu’il a vu les premiers individus arriver au zoo, quand il était encore étudiant en doctorat. Depuis, il a assisté au rétablissement et à l’augmentation du nombre d’individus d’une autre espèce, le rhinocéros blanc du Sud, pendant que la sous-espèce du Nord, à laquelle appartenait Nola, disparaissait.

Bien que le rhinocéros blanc du Nord soit en pratique déjà éteint, tout espoir n'est pas perdu pour autant. Dans le zoo situé à la périphérie de San Diego existe un autre genre de zoo, très différent, plein d’éprouvettes en plastique et d’azote liquide. Six immenses conteneurs abritent des milliers de petites éprouvettes remplies de cellules, d’ovules, de sperme et de quelques embryons provenant d’environ un millier d’espèces animales.

Bibliothèque d'échantillons congelés

Lorsqu’il ouvre l'un des conteneurs, Oliver Ryder laisse s’échapper un nuage de vapeur froide d’azote liquide. Équipé d’épais gants en caoutchouc violets pour éviter de se blesser aux mains, il soulève lentement le récipient contenant les cellules de douze rhinocéros blancs du Nord –douze individus sans lien de parenté peuvent suffire au rétablissement de l’espèce.

Les douze éprouvettes pourraient de nouveau permettre à de jeunes rhinocéros de gambader joyeusement, à l’image de véhicules blindés miniatures. Car à l’inverse des corps conservés par taxidermie ou plongés dans du formol que l’on retrouve dans les musées du monde entier, les cellules congelées dans le sous-sol du zoo sont encore vivantes.

«Ce sont les cellules qui contiennent la vie. Toute tentative de faire revivre une espèce animale doit se faire à partir de cellules. Beaucoup de gens sont obsédés par les gènes, mais il est impossible de créer la vie à partir de l’ADN seul», explique le chercheur, en remettant les éprouvettes à leur place, avant de retirer ses gants.

Si un certain nombre de ces cellules sont décongelées dans un récipient de culture contenant un milieu nutritif, elles vont commencer à se développer, se diviser et se multiplier. Cette méthode fait des cellules une ressource renouvelable, ce qui permet de les conserver presque indéfiniment, explique Oliver Ryder. Personne ne sait exactement combien de temps les cellules congelées peuvent rester viables, mais celles qu’ont congelées des scientifiques en 1976, lorsque la collecte a commencé, sont toujours en excellent état.

Chaque «individu congelé» est représenté par huit tubes à essai, et chacun de ces tubes contient environ dix millions de cellules. Dans la plupart des cas, elles proviennent de biopsies faites sur des animaux vivants, mais il est également possible de prélever des échantillons de cellules sur des animaux venant juste de mourir. «99,9% des cellules que nous possédons ici à l’état congelé proviennent d’individus qui sont aujourd’hui morts, même s’ils étaient encore en vie lorsque nous avons prélevé ces échantillons. Elles sont d’une valeur inestimable. C’est quelque chose d’absolument irremplaçable», signale le scientifique.

«J’étais derrière mon microscope en train d’examiner ses cellules, quand j’ai vraiment compris: cette espèce avait désormais disparu.»

Oliver Ryder, chercheur au zoo de San Diego

Parmi les tubes à essai, on trouve des espèces qui sont déjà éteintes. Oliver Ryder me parle du po-o-uli masqué, un petit oiseau gris arborant un masque noir autour des yeux et endémique d’Hawaii. Les scientifiques se sont rendu compte que l’espèce était menacée et ont discuté de la pertinence de sillonner les forêts pour essayer d’attraper les quelques individus encore en vie. On pensait que les oiseaux pourraient se reproduire en captivité et que les petits pourraient être remis en liberté plus tard.

Mais ces discussions ont traîné en longueur, et tandis que les scientifiques débattaient, la population de ce passereau a décliné. Dès 2002, il ne restait plus que trois individus. En 2004, le dernier mâle a été attrapé, mais les scientifiques n’ont pas réussi à lui trouver une femelle pour qu’il puisse se reproduire avant de mourir, quelques mois plus tard. Le corps de l’oiseau a été envoyé à Oliver Ryder.

«C’était aux alentours de Noël, et j’étais derrière mon microscope en train d’examiner ses cellules, quand j’ai vraiment compris. C’était une prise de conscience intense et douloureuse: cette espèce avait désormais disparu. Je pense que ça a beaucoup touché toutes les personnes qui ont travaillé sur cette tentative de sauvetage.»

Les milliers d’espèces représentées là sont principalement des mammifères, mais on y trouve également un certain nombre d’oiseaux, de reptiles et d’amphibiens. Aussi impressionnant soit cet ensemble, il ne représente qu’une minuscule partie de tous les vertébrés qui existent aujourd’hui.

Les scientifiques estiment par exemple le nombre d’espèces mammifères à plus de cinq milliers, allant des rhinocéros aux plus petites chauves-souris, sans parler de tous les autres types d’animaux existants. À mesure que le nombre d’espèces animales menacées d’extinction augmente, les chances de remplir les trous de cette bibliothèque de cellules chutent.

Des cellules souches aux rhinocéros clonés

Son travail sur les cellules congelées fait qu’Oliver Ryder est en permanence conscient de la menace et de l’irrévocabilité de la mort. «Notre objectif n’a jamais été d’établir un mausolée. Nous voulons permettre de sauver ces espèces. Je pense qu’aucun de nous ne se rendait réellement compte du potentiel de ces cellules lorsque nous avons commencé. C’est par la suite que les recherches ont prouvé qu’il était possible de produire des créatures vivantes à partir de cellules cutanées.»

Cette découverte scientifique a été l’une des plus importantes de ce nouveau millénaire. En 2006, un chercheur japonais nommé Shinya Yamanaka a démontré qu’il pouvait prélever de simples cellules de peau d’une souris et les transformer en cellules souches. Que des cellules souches puissent être obtenues de cette façon a suscité d’immenses espoirs dans le monde de la recherche médicale.

En théorie, ces cellules peuvent permettre de donner naissance à de nouveaux organes à partir des propres cellules du patient, ainsi que de réparer des lésions ou des dommages. Il pourrait également être possible de transformer les cellules cutanées entreposées dans le congélateur d’Oliver Ryder en de tout nouveaux êtres vivants.

«Le rhinocéros blanc du Nord est une espèce qui va disparaître et nous avons une décision à prendre pour savoir si nous devons tenter de la sauver.»

Jeanne Loring, professeure de neurobiologie

Jeanne Loring a une voix magnifique, profonde et éraillée, dont les notes rauques étaient accentuées par le fait qu’elle avait attrapé froid lorsque nous nous sommes rencontrés. Professeure de neurobiologie et directrice du Centre de médecine régénérative de l'Institut de recherche Scripps de San Diego, elle travaille principalement dans la recherche médicale. L’un de ses principaux domaines de recherche porte sur l’utilisation des cellules souches dans le traitement de la maladie de Parkinson. Les recherches visant à sauver le rhinocéros blanc du Nord en collaboration avec Oliver Ryder sont un projet parallèle.

«Si j’avais un million de dollars et que je devais choisir entre les investir dans la conservation d’habitats pour les espèces menacées d’extinction ou dans la recherche génétique à l’intention de ces espèces, je pense que je trouverais plus important de lutter pour la préservation d’habitats et la protection des animaux contre le braconnage. Mais le rhinocéros blanc du Nord est une espèce qui va disparaître et nous avons une décision à prendre pour savoir si nous devons tenter de la sauver, et jusqu’à où nous sommes prêts à aller pour le faire. Il n’y pas d’autres solutions», déclare-t-elle.

Il y a plusieurs années, des membres de son équipe ont commencé à essayer de convertir les cellules congelées en cellules cutanées. Il n’y avait absolument aucune garantie de succès. Au contraire, on s’attendait plutôt à échouer. À l’époque, les seules espèces pour lesquelles la technique était fructueuse étaient les souris et les humains. C’était assez compliqué, d’après Jeanne Loring, mais finalement, les chercheurs réussirent à transformer des cellules ordinaires du rhinocéros en cellules souches.

Jeanne espère qu’un jour, ils prendront les douze échantillons congelés de rhinocéros qui sont conservés dans le laboratoire et appliqueront la même méthode. En toute logique, l’étape suivante serait d’essayer de faire évoluer les cellules souches en embryons, créant ainsi des clones des rhinocéros qui vivaient autrefois.

Devoir de tenter le tout pour le tout

Mais la professeure prévoit d’aller encore plus loin: elle souhaite appliquer un nouveau procédé et transformer les cellules en spermatozoïdes et en ovules non fertilisés. Si ce projet était couronné de succès, ce serait une percée scientifique majeure. «Il n’y a aucune raison de penser que l’on ne peut pas réussir quelque chose, simplement parce que cela n’a jamais été effectué auparavant.»

Plusieurs équipes de recherche tentent actuellement de trouver des moyens de transformer des cellules souches en ovules ou en spermatozoïdes (gamètes). En cas de succès, cela pourrait notamment aider certaines personnes voulant fonder une famille à avoir des enfants biologiques. Une fois que la méthode aura été développée, que ce soit par Jeanne Loring ou quelqu’un d’autre, elle tentera de l’appliquer aux cellules congelées.

Il est ensuite prévu d’effectuer toutes les combinaisons de croisement entre les ovules et les spermatozoïdes disponibles, maximisant ainsi la variation génétique de la première génération des nouveaux rhinocéros.

Les embryons de rhinocéros obtenus seraient ensuite implantés chez des femelles en utilisant la méthode classique de FIV. Ces mères porteuses seraient de l’espèce des rhinocéros blancs du Sud, qui sont proches des rhinocéros blancs du Nord mais pas en voie d’extinction.

«Le plus merveilleux avec cette technique est que nous pouvons aussi l’appliquer à des cellules congelées provenant d’animaux morts. Nous n’avons pas besoin d’avoir recours à des animaux en vie», commente Jeanne.

Au zoo de San Diego, une chercheuse pointe l'échographie montrant l'embryon porté par Victoria, une femelle rhinocéros blanc du Sud inseminée avec le sperme d'un rhinocéros blanc du Nord. | Tammy Spratt / San Diego Zoo Safari Park / AFP

Jeanne Loring ne souhaite pas faire d’estimation sur le temps qu’il faudrait avant de voir naître le premier rhinocéros blanc du Nord cloné. Pour Oliver Ryder, l’essentiel est de continuer leur travail. «Personnellement, je pense que nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour sauver les espèces qui existent actuellement. En ce qui concerne le rhinocéros blanc du Nord, je pense que nous devrions tenter le tout pour le tout. Nous avons les outils, et je n’ai aucune envie d’abandonner en disant que c’est impossible.»

Ces outils sont de plus en plus sophistiqués. De récentes recherches ont montré que les rhinocéros blancs du Nord et du Sud sont davantage apparentés que ce que l'on pensait, ce qui signifie que les chances de succès de la gestation par mère porteuse sont encore plus grandes.

En juillet 2018, des essais ont été tentés avec des hybrides entre les deux sous-espèces. En utilisant des spermatozoïdes congelés de rhinocéros blancs du Nord et des ovules de rhinocéros blancs du Sud, les scientifiques ont développé des embryons et espèrent assister à une naissance d’ici quelques années. Tout cela laisse penser que la possibilité de faire revivre cette espèce ne cesse de se rapprocher.

Promesses d'un monde meilleur

Nous manipulons déjà la nature de tant de manières différentes, lance Oliver Ryder. Alors que nous continuons à discuter des perspectives ouvertes par ces nouvelles techniques, il me paraît cependant fatigué et légèrement abattu. Le problème, selon lui, n’est pas uniquement que nous faisons disparaître des espèces, mais aussi notre façon de façonner la nature tout entière.

«L’idée qu’il existe un jardin d’Éden quelque part, une nature qui ne soit pas abîmée par les êtres humains, n’est plus imaginable. La nature ne fonctionne plus ainsi. En fin de compte, c’est nous qui modelons la nature. Notre influence est immense, et elle va devenir de plus en plus dominante et envahissante. Et cela va se produire d'une façon que nous ne pouvons même pas vraiment imaginer ou comprendre aujourd’hui», explique-t-il.

Cette idée me semble terrifiante. Ce n’est pas le monde dans lequel je veux vivre. Mais Oliver Ryder voit aussi des possibilités dans ce genre d’avenir. Selon lui, il est de notre rôle à nous, êtres humains, de commencer à réfléchir à la manière dont nous devons exercer l’intendance du monde naturel. Si nous le faisions, nous pourrions utiliser notre immense influence afin de rendre le monde meilleur.

«Aujourd’hui, nous représentons une force qui détruit la biodiversité et mène les espèces à leur perte. Mais si nous le voulions, nous pourrions devenir la première espèce de l’histoire biologique à développer la biodiversité en pleine conscience», affirme-t-il.

Alors que je regardais Nola en train de manger dans son enclos, je ne pouvais qu’être d’accord. Si les scientifiques ont le pouvoir de sauver cette espèce, je veux que cela soit fait. Le rhinocéros blanc du Nord est une espèce déjà pratiquement éteinte. Et pourtant, d’un autre point de vue, il s'agit d'une espèce qui ne va jamais disparaître. Tant que rien n’arrive aux conteneurs remplis d’azote liquide, les cellules des douze individus resteront en sécurité, promesses d’un meilleur avenir.

Je commence néanmoins à me demander s’il ne s’agirait pas d’une promesse vide de sens. Peut-être peut-on considérer que tant que les cellules sont viables, les animaux ne sont pas vraiment morts. Mais quelque chose a bien été perdu, et dire le contraire serait absurde. Même s’il est possible que de nouveaux rhinocéros remplacent les anciens, ils ne seront pas identiques. Cela dit, les rhinocéros qui arpentaient l’Afrique il y a cinquante ans étaient différents de ceux qui vivaient il y a 100.000 ans. Quelle importance cela a-t-il?

Le zoo congelé semble être une tentative de mettre le compte à rebours sur pause, de préserver la nature telle qu’elle est aujourd’hui. Mais pourquoi la nature actuelle aurait-elle plus de valeur que le monde naturel d’il y a 10.000 ans ou que les espèces qui existeront dans 10.000 ans? Honnêtement, je n’en ai aucune idée, mais j’ai un nœud à l’estomac quand je pense à la mort de Nola, quand je pense que tout ce qui rend son espèce unique ne sera plus. Le sentiment que cela ne doit pas arriver est plus fort que tous les raisonnements philosophiques dont je suis capable.

Torill Kornfeldt Journaliste scientifique et écrivaine

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