Égalités / Société

Une robe pour détecter les agressions sexuelles

Temps de lecture : 2 min

Une équipe de recherche a mis au point une robe équipée de capteurs. Trois femmes envoyées dans une boîte de nuit pour la tester ont été touchées 157 fois en quatre heures.

Capture d'écran de la vidéo du projet «Une robe pour du respect»
Capture d'écran de la vidéo du projet «Une robe pour du respect»

Au cours d’une soirée dans une boîte de nuit, à votre avis, combien de fois une femme sera touchée sans son consentement? C’est ce que des chercheurs ont voulu vérifier, pour le compte de la marque Schweppes, associée à une agence de pub brésilienne. Dans ce pays, près de 86% des femmes affirment avoir fait l’objet d’atteintes sexuelles. Le projet, intitulé «Une robe pour du respect» (The Dress for Respect), consiste en une robe équipée de capteurs sensoriels qui enregistrent les pressions sur le corps et les transmettent sous forme de visualisation sur un écran de contrôle. Trois femmes ont ensuite été envoyées dans une boîte de nuit de Sao Paulo pour effectuer le test.

Dans la vidéo filmée par l’équipe de recherche, on peut voir les trois femmes être fréquemment touchées et exprimer à plusieurs reprises leur refus. Sur l’écran de contrôle, des zones s’allument en permanence. En moins de quatre heures, ces trois femmes ont été touchées près de 157 fois, soit plus de quarante fois par heure:

Les trois femmes qui ont subi ces attouchements au profit de cette campagne de sensibilisation expriment ensuite leur agacement: «Je vaux la peine qu’on me parle au moins cinq minutes», dit l’une d’elle. «Pourquoi ne pas essayer d’approcher les femmes avec élégance, intelligence, sens de l’humour et respect?», demande la vidéo en guise de conclusion.

Le seul espoir de cette vidéo vient de la réaction des hommes à qui les chercheurs ont montré plus tard le résultat. Dans le clip de l’agence de publicité, ils expriment des réactions indignées et de la surprise de voir à quel point ces trois femmes ont été touchées.

En France, une expérience a été menée pour aider à se mettre dans la peau des victimes d’agressions sexuelles. Le projet s’appelle La Traque et il a été réalisé par notre collaboratrice de Slate.fr, Pauline Verduzier, le réalisateur Guillaume Clere et l'auteur-comédien Pierre de Lengaigne. Il s’agit d’un court-métrage en réalité virtuelle, une expérience immersive de cinq minutes dans des situations de harcèlement sexuel, du point de vue de la victime, en huit clos, avec une image à 360°. De quoi susciter, peut-être, un changement de perspective...

Slate.fr

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