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Au Texas, une immigrée condamnée à huit ans de prison pour avoir voté

Temps de lecture : 2 min

Originaire du Mexique mais titulaire d'une carte verte, Maria Rosa Ortega croyait qu'elle avait le droit de voter.

Un bureau de vote à El Paso, au Texas, le 6 novembre 2018. | Chip Somodevilla / AFP
Un bureau de vote à El Paso, au Texas, le 6 novembre 2018. | Chip Somodevilla / AFP

Quand Maria Rosa Ortega a voté aux élections locales au Texas en 2012 et 2014, personne ne lui a fait remarqué qu'en tant que résidente permanente, elle n'avait pas le droit de vote. Seuls les citoyennes et citoyens américains ont ce droit, mais Ortega, une immigrée originaire du Mexique, avait coché la case «citoyenne» car elle pensait que sa carte verte le lui permettait. En 2015, après un déménagement, l'administration lui a signalé qu'elle n'avait pas le droit de vote, mais croyant à une erreur, Ortega a tenté de se réinscrire et c'est alors qu'une enquête a été ouverte.

En 2017, cette mère de quatre enfants a été condamnée à huit ans de prison pour fraude électorale. Elle a fait un mois de prison et a été relâchée sous caution. Son appel vient d'être rejeté par une cour d'appel du Texas.

Le procureur général de l'État, Ken Paxton, pour lequel Ortega avait par ailleurs voté, s'est félicité de cette condamnation: «Nous poursuivrons ceux qui prétendent avoir ce droit et subvertissent intentionnellement le processus électoral».

Selon ses avocats, Maria Rosa Ortega, qui a arrêté l'école au collège, a tout simplement fait une erreur. Même si sa peine de prison était réduite, en tant que non-citoyenne coupable de crime, elle risque d'être expulsée vers le Mexique (un pays qu'elle a quitté quand elle était bébé). Elle a encore la possibilité de faire un dernier appel, mais il n'est pas sûr qu'elle puisse rester libre en attendant.

Alors que les cas de fraude électorale sont extrêmement rares aux États-Unis, il s'agit d'un thème cher à Donald Trump et à de nombreux Républicains. En effet, le président américain a plusieurs fois répété que des «millions» d'immigrés non citoyens avaient voté illégalement en 2016, alors qu'en fait, le ministère de la justice n'avait trouvé que dix-neuf cas de ce genre.

Les avocats d'Ortega pensent que la sévérité de sa condamnation est liée à ce contexte politique. Pendant son procès en 2017, le procureur avait dit au jury: «Si vous décidez qu'elle n'est pas coupable, vous imaginez le déferlement de vote illégal qui en découlerait dans ce pays?»

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