Société / Monde

Pour protéger des réfugiés, une église néerlandaise fait des services religieux constants depuis un mois

Temps de lecture : 2 min

La loi empêche la police de rentrer dans les lieux de cultes pendant qu’il y a une cérémonie.

Capture d'écran de l'église de Bethel sur Google Street View.
Capture d'écran de l'église de Bethel sur Google Street View.

Bethel est une petite église protestante de La Haye, aux Pays-Bas. Depuis environ un mois, elle a la particularité d’offrir un service religieux continu, 24h/24, à ses paroissiens. Ce n’est pas parce qu’il y a foule et qu’il faut contenter tout le monde. En réalité, l’église protège une famille de réfugiés arméniens de l'expulsion car la loi néerlandaise empêche les forces de l’ordre d’entrer dans un lieu de culte quand une cérémonie religieuse a lieu.

Les Tamrazyan sont aux Pays-Bas depuis neuf ans. Cette famille de cinq a fui l’Arménie en raison de l’activisme politique du père, Sasun, qui leur a valu des menaces de mort. Après des années de procédures judiciaires, un juge a octroyé l’asile à ces réfugiés.

Mais le gouvernement a lancé d’autres procédures judiciaires et a réussi à contourner cette décision. Ils ont ensuite demandé un «pardon des enfants», une politique qui permet aux familles de réfugiés avec enfants (évidemment) qui résident aux Pays-Bas depuis plus de cinq ans d’obtenir un permis de séjour. La tentative avait de bonnes chances d’être vaine – seules 100 des 1360 demandes ont été accordées depuis mai 2013 – elle l’a été.

Après ces tentatives infructueuses et avoir appris qu’ils étaient visés par une procédure d’expulsion, les Tamrazyan ont cherché asile dans une église mais elle était trop petite pour accueillir la famille. Ils ont donc lancé un appel à d’autres paroisses protestantes de la Haye. C’est donc l’église de Bethel qui a répondu favorablement, le 25 octobre dernier.

«En accueillant cette famille, nous pouvons leur donner le temps et l’endroit nécessaires pour démontrer au secrétaire d’État l’urgence de leur situation», a déclaré Theo Hettema, le président du Conseil général des ministres du culte protestant.

La requête a pourtant mis l’église dans une position inconfortable, car «aucune église ne devrait avoir à choisir entre le respect de la dignité humaine et le respect du gouvernement», a continué Hettema. Mais il a expliqué que la communauté avait continué et continuera de les accueillir pour rester fidèle à l’esprit «d’ouverture et d’hospitalité de l’église».

Slate.fr

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