Trophées MGEN EdTech : l’innovation au service de la pédagogie
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Trophées MGEN EdTech : l’innovation au service de la pédagogie

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Slate.fr

Coup de projecteur sur les nouveaux visages des technologies de l’éducation lors de la première cérémonie MGEN EdTech en partenariat avec Cap Digital et Ashoka. Syrinx et Poppy Station ont respectivement reçu le premier et second prix du jury, et la solution Mobidys le prix coup de cœur.

«Ce projet nous a touchés», a expliqué Isabelle Hébert, directrice générale de MGEN à propos de Syrinx, lauréat du 1er prix, remis le 19 novembre, à l'occasion de la première cérémonie dédiée aux Edtech et organisée par le groupe MGEN en partenariat avec Cap Digital et Ashoka.

Après plusieurs heures de délibéré, le jury a choisi le gagnant : l’association id6 qui développe Syrinx, un jeu vidéo et une plateforme à visée éducative pour les élèves de lycées professionnels et technologiques. L’enjeu : «réconcilier des adolescents avec l’enseignement en se basant sur ‘une zone de confort’ pour eux, le jeu vidéo», a indiqué Pascal Chaumette, le directeur de id6.

Syrinx, un jeu vidéo immersif pour apprendre la conduite de projet

Ce jeu sérieux immersif apprend au «joueur élève» les différentes étapes de la conduite d’un projet à travers une fiction futuriste. Le professeur, de son côté, peut suivre sa progression directement sur la plateforme et l’évaluer.

Le rapport entre l’enseignant et l’élève en ressort transformé. «C’est extraordinaire de voir que la relation magistrale disparait au profit d’une relation horizontale», a souligné Pascal Chaumette. C’est ce qui permet à des jeunes en difficultés, voire en rupture scolaire, de renouer avec le savoir. Une volonté qui a su séduire les quatre membres du jury composé d’Isabelle Hébert, de représentants d’Ashoka et de Cap Digital mais aussi de l’Enseignement supérieur.

«Avec ces trophées, MGEN - dont l’activité principale est d’accompagner et de protéger les enseignants - souhaite s’inscrire dans la trajectoire de la communauté éducative», a expliqué Marc Tranchat, son vice-président. «Mais MGEN veut aussi asseoir une conviction profonde, celle que les nouvelles technologies peuvent conserver un caractère humain», a-t-il ajouté. Si les nouvelles technologies peuvent parfois conduire à des dérives, les EdTech ont avant tout un impact social positif.

Poppy Station, des parcours pédagogiques de robotique

Dans cette veine, l’initiative Poppy Station, récompensée par le second prix MGEN EdTech, consiste à créer un «bien commun» dans le domaine de la robotique.

«L’offre de robots regroupe le pire comme le meilleur. Le pire étant le robot au pied du sapin qui s’allume, fait de la musique, mais ne sert à rien», s’est amusé Antonin Cois, président de Poppy Station, et responsable du développement à la Ligue de l’enseignement, à l’origine du projet aux côtés de l’INRIA, d’HESAM Université, de SNCF Développement, d’IFÉ ET DE Mobots-EPFL. Mais Poppy Station veut offrir le meilleur en développant «l’accès à des robots conçus pour l’éducation tout en offrant la possibilité de les ouvrir et de les coder.»

Pour ce faire, Poppy Station promeut une offre de robotique en open source, dont il est possible de reproduire les plans, et propose des parcours pédagogiques à partir de ces ressources.

«Pour nous ce prix va tout changer», s’est enthousiasmé Antonin Cois, après avoir reçu le prix. «Aujourd’hui, nous sommes très sollicités et nous allons profiter de l’accompagnement offert en guise de récompense pour notre développement», a-t-il poursuivi. Les gagnants seront suivis pendant un an par MGEN et ses partenaires avant d’intégrer le programme d’accélération Tech for Good de la Station F pour une semaine.

Mobidys, une aide à la lecture pour les enfants «dys»

Comme Syrinx, Mobidys, lauréat du prix coup de cœur décerné à l’issue du vote en ligne des militants et des salariés du groupe MGEN, cherche à faciliter l’apprentissage des enfants en difficultés. Cette solution numérique permet de donner des outils de lecture et de compréhension aux enfants «dys». Comprenez les enfants atteints de troubles de dyslexie, de dyspraxie ou de dyscalculie.

Les livres concernés sont ainsi numérisés et offrent des fonctionnalités multiples: un code couleur différents pour les consonnes, les voyelles et les lettres muettes, une barre numérique mobile pour ne pas perdre sa ligne ou encore la possibilité d’écouter le texte en audio. «La solution sera proposée aux collèges qui le souhaitent dès la rentrée 2019 pour les livres de littérature», a indiqué Marion Berthaut, la directrice générale de la start-up. Les manuels scolaires seront quant à eux disponibles en version audio.

Dix projets nominés

L'impact humain positif des nouvelles technologies est aussi mis en lumière par Signes de sens, retenu dans le top dix des projets candidats sur les 111 candidatures reçues par MGEN! Cet outil pédagogique incarné par un personnage animé, Ben le Koala, apprend les émotions et les gestes du quotidien aux enfants autistes notamment.

«Le numérique peut aussi être un outil innovant pour développer la créativité à l’école tant qu’on apprend aux élèves à utiliser les bons outils et tant qu’on forme les enseignants à leur usage», a estimé François Taddei, directeur du Centre de recherches interdisciplinaires (CRI), invité à intervenir pendant la soirée.

C’est justement l’ambition de Wakatoon et des CMR (Parcours Connecté) figurant tous deux parmi les dix projets nominés. Le premier propose une application permettant aux enfants de créer leurs propres dessins animés à partir de coloriages et le second offre des outils numériques aux élèves pour apprendre la musique.

Parmi les autres projets nominés, on retrouve Artips, une newsletter gratuite de culture générale qui donne des informations sur différents thèmes (l’art, la musique et les sciences), mais aussi O’Clock qui a conçu Eddi une salle de classe virtuelle reproduisant les interactions réelles d'une salle de cours. Quant à Sara 112, un autre projet sélectionné, il s’agit d’une solution d’assistance aux situations d’urgences telles qu'un accident ou une intrusion.

La start up Unly est une entreprise dont la mission est de faciliter l’accès à l’éducation en levant les barrières financières existantes. En son sein, la plateforme Studylink propose à des jeunes étudiants de se faire financer leurs coûts de formation par des particuliers.

Allant au-delà de leur fonction de supports ou d’outils pédagogiques, les EdTech peuvent aussi apprendre aux élèves comment la machine fonctionne de l'intérieur.

Faire confiance à l’intelligence collective

Chaque prix s’accompagne d’un soutien financier de 10 000 euros. Un joli coup de pouce qui permettra, par exemple, à Poppy Station d’embaucher de nouveaux collaborateurs. Les lauréats bénéficieront enfin d’une visibilité au Salon de l'Education, du 23 au 25 novembre à Paris, et d’une publication dans la revue Valeurs Mutualistes de MGEN.

Le franc succès de cette première édition ouvre la porte à d’autres trophées MGEN EdTech dans les prochaines années. D’autant que les défis à relever ne manquent pas dans ce domaine, qui nous concerne tous, de près ou de loin. «Les EdTech représentent un sujet très important de façon personnelle, lorsque l’on est parent», a d’ailleurs estimé Isabelle Hébert.

Comment offrir un rempart contre les divers risques de manipulations numériques? Comment apprendre au jeune public à conserver son esprit critique face à la surabondance d’informations? Comment intégrer les progrès de la recherche en pédagogie dans l’enseignement et à l’école? Pour François Taddei, les réponses à ces interrogations devront reposer sur «l’intelligence collective».

Comment faire en sorte que les nouvelles technologies deviennent un outil de démocratisation de l’accès à l’apprentissage et non un facteur d’inégalité? «Il faudra aider chacun à acquérir un niveau de compétence et de formation suffisant pour utiliser les outils numériques», a également évoqué le directeur du CRI comme piste de réflexion. Autant de problématiques auxquelles les lauréats de demain continueront à répondre avec des concepts innovants.

Photo: Pascal Chaumette, président de l’association id6 et Isabelle Hébert, directrice générale du groupe MGEN. Crédit photo @Hervé Thouroude
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