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Ce compte Facebook parodique est pris au sérieux par des millions de fans de Trump

Temps de lecture : 2 min

«Plus on est extrême, plus les gens nous croient», explique Christopher Blair, qui a créé un compte parodique très populaire chez les pro-Trump.

Capture d'écran du compte Facebook America's Last Line of Defense.
Capture d'écran du compte Facebook America's Last Line of Defense.

America's Last Line of Defense, la dernière ligne de défense de l'Amérique, est un compte Facebook parodique créé en 2016 par un blogueur qui voulait se moquer des excès du conservatisme trumpien. Un avertissement indique clairement que «rien sur cette page n'est vrai» et les faux titres sont particulièrement absurdes. Ces derniers mois, Christopher Blair, le créateur de la page, a écrit que la Californie avait institué la charia, que Barack Obama allait lancer une version 100% afro-américaine de La Petite maison dans la prairie sur Netflix et qu'une chaîne de supermarchés avait décidé de renommer les fruits vendus par leurs noms arabes pour promouvoir la diversité.

«Partagez si vous êtes indignés!», enjoint souvent Christopher Blair en fin de post. Et à chaque fois, plusieurs internautes s'enflamment sans voir le second degré.

Blair produit aussi de nombreux mèmes parodiques pro-Trump dignes de la Corée du Nord, comme celui-ci: «Vous savez ce que c'est? Des standing ovations pour Trump à travers le monde. Partagez pour montrer à quel point le monde aime notre président.»

Jusqu'à six millions de visiteurs

Selon le Washington Post, cette page Facebook est désormais la plus populaire du réseau social parmi les conservateurs pro-Trump de plus de 55 ans. Certains mois, la page attire jusqu'à six millions de visiteurs et peut générer jusqu'à 15.000 dollars en revenus publicitaires. Ses mèmes sont souvent réutilisés sur des sites de fake news russes ou macédoniens.

Les fans de ce compte Facebook sont un mélange de conservateurs qui ne voient pas la parodie et d'internautes qui trouvent la parodie amusante. Blair intervient souvent dans les commentaires pour expliquer aux pro-Trump que tous les mèmes, citations et titres sont faux. Les liens vers les faux articles ne fonctionnent même pas, mais cela n'empêche pas certains fans de les partager.

Pour Blair, ce qui avait donc commencé par être une blague a fini par révéler un inquiétant brouillage des frontières entre mensonge et réalité sur les réseaux sociaux.

«Malgré le niveau impressionnant de racisme, d'intolérance et d'abusrdité de nos contenus, les gens continuaient de nous lire, a écrit Blair sur un blog. Quelle est la limite? Y a-t-il un moment où les gens se rendent compte qu'on leur raconte des conneries et décident enfin de revenir à la réalité?».

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