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Les applications dédiées aux règles profitent avant tout à ceux qui les font (souvent des hommes)

Temps de lecture : 2 min

Comme le reste des applis, celles de santé sont aussi faites pour vendre des publicités ou des informations personnelles.

La plupart des apps sont bardées de publicités, pleines de bugs et imprécises | Erol Ahmed pseudo du photographe via Unsplash CC License by
La plupart des apps sont bardées de publicités, pleines de bugs et imprécises | Erol Ahmed pseudo du photographe via Unsplash CC License by

Les applications dédiées aux règles sont un énorme marché. Ces trois dernières années, il est estimé qu’environ un milliard de dollars ont été versés dans la technologie dédiée à la santé féminine. En 2025, le secteur devrait peser 50 milliards.

Les apps destinées à suivre les menstruations ont mis du temps à s’imposer. Ce retard est en partie dû au fait que les hommes occupent la majorité des postes de direction dans l’industrie de la tech. L’exemple le plus criant de ce phénomène est probablement Apple. Au sein de la firme de Cupertino, les femmes n’occupent que 29% des positions de leadership, une répartition standard dans la Silicon Valley. Quand Apple Health, l’application santé de la société a été annoncée en grande pompe en 2014, elle ne contenait aucune fonctionnalité à propos des règles. Il a fallu attendre un an pour qu’un moyen d’établir un suivi de son cycle soit ajouté.

C’est en 2013 que le marché pour ce type d’applications est réellement sorti de terre avec le lancement de Glow par Max Levchin, un fondateur de PayPal et quatre autres hommes. Après avoir collecté 23 million de dollars en un an, il leur est apparu que les cycles menstruels étaient un très bon moyen de gagner de l’argent.

Un marché comme les autres

Si les apps se présentent comme une aide pour mieux vivre ses règles, elle composent surtout un marché dont les personnes menstruées ne sont pas les bénéficiaires mais de simples cibles. Si il existe des applis bien conçues, la plupart sont des logiciels abusant du rose, des fleurs, des papillons mais aussi de bug et, surtout, de publicités. Des scientifiques du Columbia University Médical Center a étudié les offres en la matière et le constat est accablant: sur 108 applications gratuites étudiées, «95% sont imprécises. Peu d’entre elles citent des références médicales ou ont impliqué des professionnels du secteur.». Pas très rassurant pour des produits destinés à la santé.

La grossesse, jackpot des annonceurs

De plus, beaucoup d’entre elles sont orientées avant tout vers la grossesse. À son lancement, Glow (censée être dans le haut-de-gamme), proposait d’«aider à tomber enceinte». Mais ses concepteurs se sont vite aperçus que la moitié des utilisatrices cherchait justement à l’éviter. Problème: ce sont plutôt les femmes enceintes qui intéressent les annonceurs.

Les informations personnelles relatives à la reproduction sont très recherchées car la préparation à devenir parent est l’une des rares périodes de la vie où une personne est susceptible de «s’accrocher à de nouvelles marques». Un moment idéal pour capter de nouveaux prospects, qui feraient bien de se méfier quand ils accordent des droits sur leurs données (relations sexuelles, contraception, etc…): la sécurité de ces applis n’est pas toujours garantie.

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