Politique / Culture

Les étudiants texans apprendront bientôt que l'esclavage a joué un rôle central dans la guerre de Sécession

Temps de lecture : 2 min

Jusque-là, il était traité comme un thème annexe.

Des esclaves utilisent une égreneuse, en 1869 | Wikimedia Commons License by

À la rentrée 2019-2020, les programmes scolaires texans changeront: du primaire au lycée, les élèves apprendront désormais en cours d'histoire que l'esclavage a joué «un rôle central» lors de la guerre civile américaine de 1861-1865.

Réforme des programmes

Jusqu'alors, l'étude de la guerre de Sécession en terre texane mettait en avant trois cause. Dans l'ordre: le sectionalisme, les droits des États, et l'esclavage. La décision de réforme votée ce jeudi par le Bureau de l'éducation du Texas a été motivée par une proposition venant des démocrates du conseil d'administration, formulée en septembre, qui proposait de faire de l'esclavage la seule cause à l'origine du conflit.

Les républicains, d'abord opposés à cette réforme, ont finalement trouvé un compromis, qui ferait de l'expansion de l'esclavage «la cause du sectionalisme, des désaccords sur les droits des États et de la guerre civile».

Le démocrate Lawrence Allen Junior, seul membre afro-américain du conseil, a déclaré: «Je ne pense pas que nous disposons réellement d'un consensus sur la question dans notre État. Si nous ne pouvons donc pas aboutir à un consensus, nous devons laisser à nos étudiants la possibilité de regarder les événements en multipliant les points de vue».

Des programmes d'histoire politisés

Aux États-Unis, les programmes d'histoire, qui restent pour partie à la discrétion de chaque État puis des écoles, font régulièrement l'objet de débats quant à leur orientation idéologique.

En septembre, le Texas avait supprimé de ses programmes la mention, parmi d'autres personnalités historiques, de Hillary Clinton et de la militante aveugle et sourde Helen Keller, dans le but de «rationaliser» les standards de l'État en matière d'études en sciences humaines. La réforme votée jeudi vient d'annuler cette décision.

D'autres thèmes historiques étaient sujets à débat lors du vote, notamment concernant le conflit israélo-palestinien: le programme actuel n'énonce toujours qu'une seule cause originelle, identifiée comme «le rejet de l'existence de l'État d'Israël par la ligue arabe et la majorité des nations arabes».

«Cela indique en fait à l'étudiant quoi penser, plutôt que de lui suggérer d'étudier un problème et d'apprendre les faits qui y sont reliés», dénonce l'historien David Fisher, professeur à l'université du Texas Rio Grande Valley.

Le Texas est le deuxième État après la Californie à compter le plus d'élèves scolarisés dans le public (5,4 millions d'étudiants). Les programmes sanctionnés par le Bureau de l'éducation ne sont pas toujours obligatoires, mais affectent souvent le contenu des manuels scolaires proposés aux élèves.

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