Économie

Les nouveaux sièges d’Amazon agacent déjà

Temps de lecture : 2 min

L'issue du concours lancé par le géant ne fait pas que des heureux.

Jeff Bezos, le PDG d'Amazon lors d'une conférence en septembre 2018 | Jim Watson / AFP
Jeff Bezos, le PDG d'Amazon lors d'une conférence en septembre 2018 | Jim Watson / AFP

En septembre 2017, Amazon a annoncé chercher un emplacement pour installer son second siège social, en plus de celui existant, à Seattle. Pour cela, la société a organisé un concours permettant à n’importe quelle ville de lui envoyer sa candidature. Finalement, la firme de Jeff Bezos va diviser en deux son «HQ2», entre les banlieues de New York et de Washington D.C.

Lors de l’annonce du concours, Amazon faisait miroiter monts et merveilles aux villes choisies: cinq milliards de dollars d'investissements et 50.000 emplois. Cette promesse a attirée 238 candidatures provenant de tout les États-Unis et même du Canada.

Les villes candidates se sont alors adonnées à des coups de com' plus ridicules les uns que les autres (Empire State Building illuminé en orange, cactus géant envoyé à Jeff Bezos, spectateurs du stade d’Ottawa encouragés à acclamer Amazon, boites Amazon géantes, etc.) afin d’attirer l’attention du géant du e-commerce. Sur le terrain toutefois, l’accueil est bien plus mitigé.

Gentrification

L’une des principales critiques est que les emplois promis vont surtout contribuer à gentrifier les zones où Amazon va s’installer. Or New York comme Washington souffre déjà d’un manque de logements abordables et d’un nombre élevé de sans-abris. À Seattle, où est situé le premier siège, qui emploie 45.000 personnes, les loyers ont augmenté de 31% entre 2013 et 2018 et la valeur de l’immobilier de 73%. Ces augmentations ont conduit au déplacement des foyers à bas revenu et à une crise du nombre de sans-abris.

La croissance de la ville et l’augmentation des inégalités qui s’en est suivie n’aurait pas été possible sans Amazon. Ce n’est pas pour autant que la société soutient les initiatives structurelles contre les dégâts causés. Elle a au contraire contribué à étouffer une taxe sur les entreprises supposée financer des logements abordables.

«Arnaque»

L’autre critique majeure du procédé est qu’Amazon est accusée d’avoir toujours su où installer HQ2. En dehors de Seattle, Washington et New York sont les deux régions où l’entreprise emploie déjà le plus de monde. C’est-à-dire que les plus petites villes, ou celles qui espéraient que l’installation du siège puisse les aider à sortir de la misère, n’ont jamais réellement eu leur chance. Ce qui a conduit certains à accuser Amazon d’avoir monté une gigantesque arnaque.

Car en plus d’un énorme coup de pub, le concours aura surtout eu comme bénéfice de s’offrir des subventions monstres promises par les villes candidates pour attirer la firme chez elles. «L’argent des impôts devrait être destiné aux écoles, au logement, pour loger les sans-abris. À la place, il est offert à l’homme le plus riche du monde», enrage Deborah Axt, une militante new yorkaise. Et elle n’est pas seule, de nombreux militants de la société civile locale s’inquiètent des subventions et des exonérations fiscales accordées à une entreprise qui pèse un peu moins d’un trillion de dollars.

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