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Donald Trump va déployer autant de soldats contre les migrants que contre l'État Islamique

Temps de lecture : 2 min

Le président américain a décidé d'envoyer au moins 5.000 soldats à la frontière, soit le même nombre de troupes qui luttent contre l'EI en Irak.

Donald Trump lors d'un meeting en Floride, le 31 octobre 2018. JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
Donald Trump lors d'un meeting en Floride, le 31 octobre 2018. JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

À une semaine des élections de mi-mandat, le président Donald Trump continue de vouloir donner l'impression que les 7.000 migrants partis du Honduras pour demander l'asile aux États-Unis menacent la sécurité du pays. Trump a caractérisé la caravane d'«urgence nationale», d'«invasion» et dit, sans preuve, qu'elle était infiltrée par des membres de gangs et des «Moyen-Orientaux».

Ce genre de diabolisation est amplifié par la chaîne Fox News, où plusieurs invités ont récemment déclaré que les migrants allaient amener des maladies comme la lèpre et la variole (qui a été éradiquée en 1980).

Dans les faits, une grande partie des membres de la caravane sont des femmes et des enfants qui sont actuellement au Mexique, à plusieurs semaines de la frontière américaine. Ils étaient 7.000 au départ, mais leur nombre a diminué au fil du voyage: selon les estimations du New York Times, ils sont environ 3.500.

Malgré cela, le président Trump a annoncé que 5.000 soldats seraient déployés à la frontière. Ils viennent s'ajouter aux 2.000 déjà dans cette zone pour un total d'environ 7.000, soit le nombre de troupes actuellement déployées en Irak et en Syrie pour lutter contre l'État Islamique.

Une décision critiquée

Comme le souligne Vox, l'armée américaine n'a pas légalement le droit d'arrêter et d'expulser les migrants. Les soldats seront donc là surtout pour apporter un soutien logistique: pour aider à transporter la police frontalière, procurer des soins médicaux, et renforcer la frontière. Mais le but de Trump est surtout de mettre en oeuvre une réaction forte contre les migrants afin de faire plaisir à l'électorat républicain à l'approche des élections.

La décision a en effet été critiquée par de nombreux anciens officiers qui accusent le Pentagone de déployer ces soldats à des fins purement politiques. C'est en effet plutôt d'habitude à la Garde Nationale que revient ce genre de mission.

«C'est une façon d'utiliser l'armée comme un accessoire», a expliqué Jason Dempsey, un ancien officier qui a combattu en Irak et Afghanistan et travaille désormais pour un think tank. «Ils vont perdre leur temps à aider la police frontalière.»

Le 31 octobre, dans une interview, Trump a semblé vouloir surenchérir et a déclaré qu'il pourrait envoyer jusqu'à 15.000 soldats à la frontière, ce qui serait le même nombre que ceux qui sont actuellement déployés en Afghanistan.

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