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Sur Instagram aussi, l’extrême droite prospère

Temps de lecture : 2 min

Malgré une image plutôt lisse, le réseau de partage de photos accueille des figures de l'alt-right bannies ailleurs.

Alex Jones | Capture d'écran via Info Wars
Alex Jones | Capture d'écran via Info Wars

Ce n’est que cette année que les réseaux sociaux ont commencé à prendre la mesure de l’ampleur des discours haineux sur leurs plateformes. Facebook et YouTube ont petit à petit bannis les propagateurs de haine d’extrême droite les plus populaires, et notamment Alex Jones et son média InfoWars. Le conspirationniste est connu pour nier –entre autres– la tuerie de l’école primaire Sandy Hook, qui a fait une trentaine de victimes, la plupart entre 6 et 7 ans. Twitter a longtemps hésité, mais a fini par emboîter le pas aux autres sites.

Il existe néanmoins un réseau social où des figures bannies partout ailleurs sont encore présentes. Instagram bénéficie d'une image d'appli très sage où l’on partage ses jolies photos, pas vraiment celle d'un nid à fachos. Pourtant, Alex Jones y dispose bien d’un compte, où il est suivi par 230.000 personnes. La plupart de ses publications sont destinées à se plaindre d'avoir été viré des autres réseaux et sont moins extrêmes que le contenu habituel d'InfoWars, mais un lien dans sa bio renvoie vers le site.

Une autre figure de l’alt-right interdite sur Twitter, Milo Yannopoulos, figure aussi sur Instagram, où un peu moins de 400.000 personnes se sont abonnées à son compte. Lorsque des colis piégé ont été retrouvé à la chaîne de télévision américaine CNN et chez plusieurs personnalités démocrates, Yannopoulos a posté une photo dont la légende se désolait que les bombes n’aient pas explosées. Après avoir premièrement refusé de supprimer le post, Instagram a finalement plié devant l’indignation du public.

Si Yannopoulos n’est pas banni de Facebook, il est à noter que les comptes d’Alex Jones et d’InfoWars y ont été supprimés. Pourtant, Instagram appartient à Facebook et Stéphanie Noon, la porte parole d’Instagram, affirme au Daily Beast que les règles de modération des deux réseaux sont identiques.

Théories du complot antisémites

Au-delà de la suppression ou non des comptes de figures proéminentes de l’alt-right, il semblerait que pour leurs milliers d’admirateurs et admiractrices, Instagram soit un bon outil d’organisation.

Après le massacre antisémite de Pittsburg, le New York Times s’est rendu compte, en tapant #Jews («Juifs») sur Instagram, que des dizaines de milliers de posts utilisaient #Jewsdid911 («Les juifs ont causés le 11-Septembre») et partageaient des mèmes et théories du complot antisémites.

Depuis, Instagram a supprimé le hashtag, mais il est loin d’être unique. Dans un thread Twitter, un internaute a montré que #Soros –pour le milliardaire juif George Soros, une cible privilégiée des complotistes antisémites– est utilisé pour partager des postes d’extrême droite. Ce hashtag, toujours actif, compte 23.000 publications.

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Pire, lorsque l’on tape «#georgesoros» dans la barre de recherche, l’algorithme propose automatiquement de rechercher #georgesorosmustdie («George Soros doit mourir»), #georgesorosnazi ou bien #georgesorosisaterrorist («George Soros est un terroriste»), alors même que ces hashtags ne sont pas populaires, puisqu’ils ne rassemblent que trois ou quatre publications chacun. Parmi ces propositions se trouve aussi #georgesoroscaravan, une théorie du complot qui lie le milliardaire à la caravane de migrants et migrantes en route vers les États-Unis, et à laquelle le tueur de Pittsburgh croit dur comme fer.

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