Égalités / Économie

En matière de leadership, les qualités dites féminines sont toujours considérées comme superflues

Temps de lecture : 2 min

Que ce soit par des hommes ou par des femmes.

 Qui mettre à la bonne place?  | homethods via Flickr CC License by

Cela n'étonnera personne: plus on monte dans la hiérarchie sociale, plus les femmes se font rares. Une étude menée par deux psychologues de Yale et de l'université de New York à Abou Dabi éclaire d'un jour nouveau ce phénomène en montrant que les traits de caractère que l'on retrouve davantage chez les femmes que chez les hommes de pouvoir –comme la tolérance et le goût pour la coopération– sont considérés comme désirables mais superflus. Autre fait remarquable, ces qualités sont estimées comme aussi accessoires par les hommes que par les femmes, tout le monde privilégiant pour ses chefs des traits typiquement masculins, comme l'assurance.

Pour arriver à ces résultats, les chercheurs ont demandé à 273 femmes et hommes de concevoir leur leader idéal en sélectionnant différents traits dans une liste. L'une consignait des caractères relevant de l'agentivité, davantage présents chez les hommes, et la seconde de la participativité, des traits plus fréquents chez les femmes. Lorsqu'ils pouvaient choisir autant de traits qu'ils le désiraient, les sujets valorisaient davantage les profils participatifs, mais dans l'exercice à options limitées, ils mettaient prioritairement l'accent sur la compétence et l'affirmation de soi –deux valeurs «agentives» qu'expriment plutôt les hommes ayant des responsabilités.

Dans une autre partie de l'expérience, les participantes et participants devaient dire combien ils étaient prêts à payer pour minimiser certains traits parmi les plus négatifs des deux listes. Femmes et hommes préféraient faire obstacle à l'arrogance et à l'obstination, pour le versant masculin, et à la timidité et à l'émotivité du côté féminin. À noter que les femmes étaient plus promptes à saquer des traits négatifs typiquement masculins dans leur portrait robot, alors que l'inverse n'était pas vrai chez les hommes. De même, les femmes étaient plus à même de valoriser des traits «féminins» chez leur leader idéal, mais du moment qu'il était un homme.

Enfin, les scientifiques allaient demander à 249 femmes et hommes de s'imaginer dans un rôle de «chef» ou d'«assistant» et de lister les qualités qu'ils attribuaient en priorité à l'efficacité de leur poste. Ici encore, quel que soit leur sexe, les volontaires ont privilégié les traits agentiques lorsqu'ils s'imaginaient en chef et les traits participatifs lorsqu'ils se plaçaient dans une position subalterne.

Slate.fr

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