Sciences / Monde

La Nasa n’arrête pas de perdre des trésors inestimables

Temps de lecture : 2 min

Perdus, volés ou vendus, des équipements historiques ont échappé au fil du temps au contrôle de l’agence spatiale.

Okay, Houston, we've had a problem here | NASA via Unsplash CC License by
Okay, Houston, we've had a problem here | NASA via Unsplash CC License by

De toutes les agences gouvernementales du monde, la plus prestigieuse est sans doute la Nasa. Il faut dire que la National aeronautics and space administration, qui s’occupe du programme spatial civil des États-Unis, a un beau palmarès. Première sonde à voyager au-delà de la ceinture d’astéroïdes, premier engin spatial réutilisable, et bien sûr premier homme sur la Lune ne sont qu’une infime partie de ses succès. Le soft-power américain a fait le reste et des films comme Apollo 13, L’Étoffe des Héros ou plus récemment First Man ont achevé d’inscrire la Nasa dans nos inconscients collectifs.

La légende qui l’entoure pourrait faire penser que cette administration spatiale est composée uniquement de personnel ultra-qualifié et infaillible. Il faut au moins ça pour conduire des missions qui impliquent de la très haute technologie et des calculs extrêmement compliqués. De même, on pourrait penser qu’elle prend les précautions nécéssaires pour conserver tout ce qui redescend de l’espace.

La Nasa, une boîte comme les autres

Pourtant un «Audit des propriétés historiques de la Nasa» conduit par l’inspecteur général de cette administration (qui veille au bon fonctionnement interne) vient de tirer des conclusions plutôt embarrassantes pour l’agence. Il semblerait que, comme dans la plupart des autres boîtes, il y ait des petits soucis de gestion.

Le rapport rendu par l’inspecteur général explique que depuis sa création en 1958, la Nasa a produit de nombreux éléments appelés «Heritage assets», des équipements trop vieux pour pouvoir encore servir mais qui ont un potentiel intérêt «historique, culturel, éducatif ou esthétique». Et, plus important encore, qui ne sont pas «remplaçables et représentent donc une perte importante pour la Nasa et le pays» dans le cas où ils disparaîtraient.

Or la Nasa a longtemps été très mauvaise dans la conservation de ses biens historiques. En 2014, un historien aperçoit dans le jardin de l’un de ses voisins un véhicule qui ressemble beaucoup à un vieux prototype de module lunaire. Il prévient la Nasa, qui à son tour contacte le voisin qui affirme qu’il est prêt à rendre le module. Seulement, après quatre mois sans nouvelles de l’agence, il décide de le vendre à un ferrailleur. Le module a finalement fini aux enchères.

Mauvaise tenue des registres

Ce cas n'est pas isolé. Des registres mal tenus ont contribué à perdre un sac rempli de poussière lunaire récupéré par la mission Apollo 11, la première à avoir conduit des humains sur la Lune. En 2003, le FBI saisit le sac dans le cadre d’une enquête criminelle. En 2015, il est vendu 995 dollars à une vente aux enchères gouvernementale. Envoyé à la Nasa pour le faire authentifier, l’agence confirme qu’il provient bien d’Apollo 11 et décide de le garder, mais un tribunal estime que la vente était légitime. Son propriétaire le récupère puis le revend pour 1,8 million de dollars.

Une histoire rapportée dans l'audit est encore plus stupide. Trois manettes de commande d’Apollo 11 étaient entreposées dans un coffre-fort. Un employé de la Nasa approchant de la retraite demande à son supérieur ce qu’il doit en faire. Ce dernier lui répond qu’il n’a qu’à les jeter à la poubelle. L'employé préfère les rapporter chez lui. Si bien qu'aujourd'hui ce sont des manettes factices qui sont exposées au musée de l'espace…

Slate.fr

Newsletters

Le long chemin de l'écocide pour s'imposer dans le droit international

Le long chemin de l'écocide pour s'imposer dans le droit international

Depuis quelques années, des initiatives naissent dans le monde pour que les tribunaux l'inscrive comme crime environnemental.

Les reptiles les plus venimeux au monde

Les reptiles les plus venimeux au monde

«Je parcours le monde afin de trouver et de voir les reptiles et les amphibiens les plus étranges, les plus venimeux et les plus beaux», raconte le photographe Matthijs Kuijpers. Son projet de livre, intitulé Cold Instinct, a...

Que valent les tests ADN pour décrire nos origines?

Que valent les tests ADN pour décrire nos origines?

Contrairement à l'image savamment véhiculée par ces entreprises, le génome n'est pas un grand livre qui recenserait, à l'infini, les moindres détails des vicissitudes de nos aïeux.

Newsletters