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Des applications désinstallées continuent de vous traquer

Temps de lecture : 2 min

Pour vous demander de les réinstaller.

La pratique est en théorie interdite par Google et Apple | Rami Al-zayat via Unsplash CC License by
La pratique est en théorie interdite par Google et Apple | Rami Al-zayat via Unsplash CC License by

Des entreprises ont trouvé le moyen de contourner les régulations d’Apple et d’Android pour savoir quels appareils ont désinstallé leur application et pouvoir envoyer des publicités pour essayer de récupérer son ou sa propriétaire.

Toutes les applications dans votre téléphone traquent vos moindres actions pour tenter de comprendre qui vous êtes dans le but, officiel, d’offrir une expérience plus personnalisée et, moins avouable, de vous adresser les publicités les plus à même de vous faire cliquer dessus. Pour cela, elles peuvent faire appel à des sociétés spécialisées. Une enquête de Bloomberg Businessweek affirme que plusieurs de ces sociétés offrent désormais des traqueurs qui permettent de savoir exactement qui désinstalle une application.

Ces traqueurs exploitent une possibilité qui a toujours été permise aux développeurs et aux développeuses, celle d’envoyer des notifications push silencieuses, afin de «réveiller» une app sans que ce ne soit notifié à la personne qui utilise le téléphone. Le but est de pouvoir rafraîchir une boite mail ou un réseau social avec du nouveau contenu, sans que l’app n’ait besoin d’être ouverte. La nouveauté est qu'ici, si le téléphone ne «répond» pas à une notification silencieuse, alors le traqueur estime que l’app a été supprimée du téléphone.

Contraire aux règlements d'Apple et Google

Les sociétés (Adjust, AppsFlyer, MoEngage, Localytics ou CleverTap) qui offrent cette fonctionnalité assurent ne rien faire de mal. Ehren Maedge, le vice président marketing de MoEngage affirme que «le dialogue est entre nos clients et leurs utilisateurs. S'ils ont trahi leur confiance, ça ne va pas leur bénéficier». Et cette clientèle est de haute volée: Tinder, Waze, Wish, Yelp, Spotify et bien d’autres.

En effet, les traqueurs en questions ne sont pas officiellement destinés à envoyer de la publicité. L’idée est qu’en sachant qui a désinstalé leur app, les sociétés développeuses puissent voir ce qui pose problème et tenter d’y remédier sans avoir à conduire d’enquête de satisfaction. Sauf qu’ici, elles ont accès à l’identification particulière du téléphone qui a supprimé l’app. Elles peuvent donc lui envoyer des publicités afin d’essayer de récupérer l'utilisateur ou utilisatrice.

User de notification push silencieuses pour constituer une audience publicitaire est interdit par les règlements de Google et d'Apple. «Traquer des gens sur internet une fois qu’ils ont arrêté d’utiliser votre produit est une pratique assez trouble, explique Alex Austin, le PDG de Branch Metrics, une entreprise qui choisit de ne pas proposer cette fonctionnalité à sa clientèle. Je pense que Google et Apple vont probablement bientôt sévir contre cette pratique.».

Slate.fr

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