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Jet Li a refusé de jouer dans Matrix pour rester maître de ses mouvements

Temps de lecture : 2 min

L’acteur chinois redoutait de se faire déposséder de ses techniques d’arts martiaux si un studio américain les numérisait.

Jet Li lors d'un déplacement à New York en septembre 2014 | Andrew Burton / AFP
Jet Li lors d'un déplacement à New York en septembre 2014 | Andrew Burton / AFP

Récemment, les nouvelles technologies ont été à l'origine d'un débat sur la moralité de certaines techniques de cinéma. Par exemple, dans le film Rogue One, un spin-off de Star Wars, le personnage du Grand Moff Tarkin figure dans plusieurs scènes. Pourtant, son interprète Peter Cushing est mort en 1994, soit vingt-et-un ans avant la sortie du film. Son visage a été reproduit grâce à des images d’archives puis collées sur le visage d’un autre acteur. La question était alors de savoir à qui appartient le visage d’un comédien, et s'il est bien éthique de l’utiliser après sa mort.

Récemment, l'acteur et artiste d'arts martiaux chinois Jet Li a encore étendu ce débat. Aujourd’hui, Li se fait rare sur le grand écran à cause d’un combat contre l’hyperthyroïdie, mais au début des années 2000, il était l’une des super-stars du cinéma d’action. C’est donc naturellement que les soeurs Wachowsky lui avaient proposé un rôle dans Matrix Reloaded, un blockbuster très inspiré des films d’action asiatiques. Ce que l’acteur avait refusé, le rôle de Seraphin ayant finalement échu à Collin Chou, un comédien taïwanais.

Six mois de numérisation

Dans une récente interview, Jet Li raconte qu’il avait réalisé que «les Américains voulaient que je sois sur le tournage pendant trois mois mais que je puisse être avec l’équipe du film pendant neuf mois en tout. Pendant six mois, ils voulaient enregistrer tous mes mouvements et les copier dans une bibliothèque numérique. Ensuite, ces enregistrements leur auraient appartenu».

À l’époque, alors que les effets spéciaux étaient loin d’être capables de pouvoir reproduire un acteur aussi bien que dans Rogue One, Li était déjà inquiet de ce à quoi la numérisation de ses mouvements pourrait servir. Notamment, il craignait que la future technologie permette à des réalisateurs états-uniens de reproduire son corps mouvant et d'y adjoindre le visage d’un autre acteur.

Propriété intellectuelle

La question se pose d’autant plus qu’une ou un artiste d'arts martiaux est forcément limité par son vieillissement. Comme le précise Li lui-même: «Je me suis entraîné toute ma vie. Et nous, les artistes martiaux, ne pouvons que vieillir, alors que mes mouvements de combat pourraient leur appartenir en tant que propriété intellectuelle pour toujours. Donc j’ai dit que je ne pouvais pas le faire».

La question pourrait se poser aussi pour des danseurs ou des danseuses par exemple. Cela avait été le cas lorsque Natalie Portman avait remporté un Oscar pour Black Swann. Alors que son entraînement de ballerine d’un an avait été loué par la critique, sa doublure corps, Sarah Lane, avait affirmé que dans la grande majorité des plans où l’on voit un corps entier, c’était en fait elle qui était filmée, le visage de Natalie Portman étant rajouté numériquement en post-production. Précisément ce que redoutait Jet Li huit ans avant.

Slate.fr

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