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Suivez cette voiture (pour détecter une fraude sociale)

Temps de lecture : 2 min

La technologie rend de plus en plus facile l’espionnage de citoyens et citoyennes ordinaires.

Une entreprise dispose de plusieurs milliards de photos de plaques d'immatriculations géolocalisées | Nathaniel Dahan via Unsplash CC License by
Une entreprise dispose de plusieurs milliards de photos de plaques d'immatriculations géolocalisées | Nathaniel Dahan via Unsplash CC License by

Quand on pense espionnage, on imagine souvent des conflits entre États ennemis ou la surveillance du crime organisé. Mais aujourd’hui, la technologie permet une surveillance massive qui peut cibler absolument tout le monde.

Aux États-Unis, si le fisc américain suspecte quelqu’un de frauder les impôts, le quatrième amendement lui interdit de planter un GPS sur sa voiture pour espionner ses allées et venues. Par contre, il a le droit de suivre cette personne et de prendre en photo sa plaque d’immatriculation. Il est aussi autorisé à entrer ces photos dans une base de données navigable.

Pour une agence gouvernementale, des actions banales effectuées au cours d'une journée constituent de potentiels indices pour détecter une fraude. Une modification du trajet matinal peut signifier un changement de travail. Des aller-retour dans une clinique ou dans une pharmacie une affection médicale. Se rendre à une soupe populaire peut être le signe d'une ruine; une séance de shopping dans des boutiques de luxe celui d'une fortune soudaine.

Surveillance de masse

Des entreprises américaines exploitent ce filon en collectant des millions de données et en les vendant. C’est le cas de Vigilant Solution, qui dispose d’un système nommé Licence plate recognition (reconnaissance de plaque d’immatriculation). Il consiste en un vaste réseau de caméras qui photographient automatiquement toutes les plaques d’immatriculation qui passent devant elles. En 2016, un journaliste de the Atlantic expliquait qu’au moment de la rédaction de son article, la base de données de Vigilant Solution comptait plus de 2,2 milliards de photos géolocalisées. Et que quatre-vingts millions de nouvelles images venaient s’ajouter chaque mois.

Sur son site internet, la société vise clairement une clientèle policière, en indiquant que des kidnappings, viols, meurtres, actes terrorisme et autres crimes peuvent être résolus grâce à ses services. Selon l’enquête de The Atlantic, 3.000 agences des forces de l’ordre avaient déjà eu recours à la base de données en 2016.

Traque des bénéficiaires d'aides sociales

Récemment, une enquête de l’organisation Electronic Frontier Foundation a révélé que la police n’était pas la seule à piocher dans ces photos. À Sacramento, en Californie, le Department of Human Assistance, une agence cantonale qui gère les aides sociales, a ouvert un contrat de 10.000 dollars avec Vigilante Solutions. A priori, pour espionner des bénéficiaires des aides sociales.

Un document révèle que vingt-deux agents de cette organisations ont accédé à la base de données plus de 1.000 fois entre juin 2016 et juillet 2018. Ils ont ainsi pu traquer les déplacements d’une plaque d'immatriculation en particulier ou voir toutes les voitures qui sont allées dans un endroit donné. Alors que la loi californienne oblige à fournir une justification pour chaque recherche dans ce type de database et des audits réguliers, ces 1.000 recherches ont été effectuées sans supervision.

Slate.fr

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