Parents & enfants / Société

L’interdiction de la fessée pourrait entraîner une baisse de la violence chez les jeunes

Temps de lecture : 2 min

Une étude montre que la violence des jeunes est plus basse dans les pays qui interdisent totalement les châtiments corporels.

La jurisprudence française autorise toujours les châtiments corporels | Caleb Woods via Unsplash CC License by
La jurisprudence française autorise toujours les châtiments corporels | Caleb Woods via Unsplash CC License by

L’interdiction de la fessée revient souvent dans le débat public. La ministre de la Santé Agnès Buzyn s’est engagée à soutenir l'interdiction des châtiments corporels en France. En février, des parlementaires de tous bords (sauf le Rassemblement national) ont déposé une proposition de loi pour faire inscrire dans le code civil le droit des enfants à une «éducation sans violence». Une interdiction des violences et des traitements humiliants avaient été votée en 2016 avant d’être censurée par le Conseil constitutionnel pour un vice de forme.

Alors que le «droit de correction» est reconnu par la jurisprudence, ces parlementaires espèrent que la France va sortir de son isolement sur la question, alors que vingt-deux des vingt-huit pays de l’Union européenne interdisent déjà totalement les «violences éducatives ordinaires» (VEO). Une nouvelle étude pourrait bien apporter de l’eau à leur moulin.

Une enquête publiée dans le journal BMJ Open a observé les comportements de plus de 400.000 jeunes dans quatre-vingt-huit pays. Parmis ces pays, trente bannissent totalement les châtiments corporels, trente-huit partiellement et vingt n’ont pas d’interdiction du tout. Au sein de ces États, l’équipe de recherche a étudié les données sur les confrontations physiques entre jeunes. À partir de quatre bagarres ou plus, l’étude considère être en présence de «violences fréquentes».

Une différence impressionnante

Dans les pays où les punitions physiques sont totalement proscrites, la fréquence de la violence entre jeunes est 69% moins élevée chez les jeunes hommes et 42% chez les jeunes femmes que dans les pays sans interdiction. L’équipe de recherche en a donc conclu que les pays dans lesquels la violence contre les enfants est interdite sont aussi ceux où l'on observe le moins de violences juvéniles.

Toutefois, les chercheurs et chercheuses précisent qu'en raison de «la manière dont l’enquête a été conduite, il n’est pas tout à fait clair [d'établir] si ces interdictions ont modifié la manière dont les enfants sont éduqués ou si elles ne sont que le reflet d’un millieu moins violent, qui limite la violence infantile».

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