Tech & internet / Monde

YouTube, réseau préféré de l’extrême droite américaine

Temps de lecture : 2 min

Le site de partage de vidéos est l'un des outils de radicalisation les plus puissants.

Capture d'écran de l'émission Info Wars, présentée par Alex Jones
Capture d'écran de l'émission Info Wars, présentée par Alex Jones

Pendant la campagne électorale américaine puis l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis, une nouvelle mouvance de l’extrême droite a émergé. L’alt-right est composée surtout de jeunes hommes blancs réactionnaires et a la particularité d’être née sur internet. Elle a émergé sur le forum en ligne 4chan et s’est propagée sur plusieurs plateformes, notamment Reddit et Discord. Elle y a développé un vocabulaire et des mèmes particuliers, destinés à donner une image jeune et cool à ses idées racistes, antisémites et antiféministes. Depuis, les activistes de l’alt-right, qui se divise en réalité en une myriade de groupes différents, ont largement pénétré le militantisme IRL (in real life), en organisant des manifestations. La plus importante, celle de Charlottesville en 2017, avait mené à la mort de Heather Heyer, une militante antifasciste.

Outre cet activisme sur le terrain, l’alt-right conserve une grande présence sur les réseaux sociaux. Et si ce sont des plateformes relativement confidentielles qui l'ont vu naître, il semblerait qu’aujourd’hui, c’est sur un réseau bien plus populaire que ses idées se répandent. Deux récentes enquêtes montrent que c’est désormais sur YouTube que prospèrent les idées d’extrême droite américaine.

YouTube en tête des sites les plus partagés

La première étude porte sur les pratiques de l’alt-right sur Twitter. Dans la section «Tweeted URLs», J.M. Berger, l’auteur de l’étude, analyse les liens tweetés par des membres de la mouvance. Il a observé que YouTube arrive loin devant les autres. Plus de 74.000 des tweets analysés renvoient vers une vidéo YouTube. Le deuxième site le plus représenté est Facebook, avec seulement 23.000 liens.

En plus d’être la plateforme la plus populaire, YouTube serait aussi la plus efficace pour convertir aux idées d’extrême droite. Le média d’investigation Bellingcat a étudié des leaks de conversations entre militants fascistes sur la plateforme de discussion Discord. Les journalistes ont étudié plus particulièrement soixante-quinze histoires de «red-pilling» d’activistes de l’alt-right, c’est-à-dire, le moment où ils ont définitivement viré à l’extrême droite –généralement la révélation que les juifs/femmes/gauchistes contrôleraient la société.

Accélérateur de radicalisation

L’analyse de ces données a montré que des vidéos YouTube sont très souvent au coeur de la radicalisation. La plupart des militants et militantes ont débuté en regardant des vidéos de la droite radicale relativement soft pour les standards de l’alt-right. Ben Shapiro, Milo Yiannopoulos ou Alex Jones (aujourd’hui banni de YouTube) sont par exemple cités. Puis un glissement s'opère vers des contenus toujours plus extrêmes, jusqu’à devenir explicitement fascistes.

Cela pourrait en partie être dû à l’algorithme du site, qui oriente les internautes vers des vidéos de plus en plus radicales. Ainsi, même si Shapiro désavoue publiquement l’alt-right ses vidéos sont suivies en auto-play de contenu qui y est directement rattaché. Comme l’explique l’un des utilisateurs de Discord dans l’article de Bellingcat: «Avant j’étais un Républicain modéré. Ce sont les gens [à la marge de la droite mainstream] qui m’ont amené là où je suis maintenant. C’est pour ça que je les aime bien, s'il n’y avait que les fascistes, on ne convertirait jamais personne.»

Slate.fr

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