Monde / Économie

La Thaïlande explose le tourisme mondial (et son écosystème)

Temps de lecture : 2 min

Le tourisme fait la fortune du pays en même temps qu'il en dévaste la faune et la flore.

Une touriste en canoé photographie des fleurs de lotus à travers le parc national de Khao Sam Roi Yot, au sud de la Thaïlande, le 5 mai 2017 | Roberto Schmidt / AFP
Une touriste en canoé photographie des fleurs de lotus à travers le parc national de Khao Sam Roi Yot, au sud de la Thaïlande, le 5 mai 2017 | Roberto Schmidt / AFP

Destination prisée par les voyageurs en quête d'exotisme, le royaume de Thaïlande est la quatrième destination touristique la plus rentable au monde. Bien loin devant les autres pays d'Asie, elle a généré l'année dernière pas moins de 57 milliards de dollars (soit 49 milliards d'euros) de recettes touristiques internationales.

Derrière elle, Macao (36 milliards de dollars), le Japon (34 milliards), Hong Kong et la Chine (toutes deux à 33 milliards) peinent à rivaliser sur le continent. Devant, à l'échelle mondiale, seulement la France (61 milliards), l'Espagne (68 milliards) et les États-Unis, qui caracolent bien loin devant, avec 211 milliards de dollars.

D'ici l'année prochaine, le nombre de touristes en goguette pourrait bien atteindre les 40 millions, soit plus de la moitié de la population du pays.

Une offre en expansion continue

Depuis trois ans, Bangkok tient la première place de l'index mondial des villes de destination publié par Mastercard: ville la plus visitée, elle est aussi celle où les touristes déboursent en moyenne 173$ (soit 150€) par jour, et où l'on attend encore une hausse de 14% d'ici la fin de l'année.

«En Thaïlande, il y en a pour tous les goûts. De l’île privée avec villa privée à la bouffe de rue incroyable qui ne coûte que quelques dollars, il y a la diversité et la variété qui n'existent que dans peu d'autres marchés. Il n’est pas surprenant que beaucoup de gens y partent, et y dépensent de l'argent», raconte Rebecca Mazzaro, la manageuse d'une agence de voyages en Asie.

C'est que la ville multiplie les efforts pour être toujours plus attractive et faire tourner le tourisme: de grands complexes hôteliers comme le Four Seasons, Rosewood, Mandarin Oriental et Waldorf Astoria sont attendus, de même que le monumental Icon Siam, ensemble de deux gratte-ciel encore en construction qui devrait accueillir d'ici novembre un restaurant du chef étoilé Alain Ducasse.

«Nous constatons l’agrandissement de Bangkok depuis quelques années, déclare de son côté Dino Michael, le responsable de la chaîne hôtelière Waldorf Astoria Hotels & Resorts. Le consommateur est devenu plus sophistiqué, et la scène de la restauration est devenue plus sophistiquée.» Pour lui, la ville fait figure de vitrine: «C’est une renommée mondiale et un point de départ incontournable».

Le revers de la médaille

Mais ce tourisme effréné n'est pas sans conséquences sur l'écologie. Les îles et les plages du pays sont les premières à en essuyer les plâtres: en février, la renommée baie de Maya avait dû annoncer la fermeture de son accès aux bateaux pendant quatre mois, le temps de régénérer son écosystème, et notamment ses récifs coralliens, fortement affectés par les déchets rejetés dans la mer et les allées et venues des bateaux. Début octobre, les autorités ont déclaré qu'elle resterait fermée, les dommages étant trop conséquents. À cela font écho les autres îles de Koh Khai et Koh Tachai, qui ont subi un sort similaire.

À Phuket, c'est la population de tortues qui a fortement diminué, conséquence de la pollution des plages. Face aux monceaux de déchets qui n'ont de cesse de s'accumuler, 70 hôteliers se sont regroupés afin de mettre en place des mesures pour limiter les dégâts, et l'utilisation de plastique sur l'île.

Dans le nord de la Thaïlande, c'est la faune qui patît de la situation, tigres et éléphants premiers en ligne de mire: les animaux sont maltraités et font parfois l'objet de trafics pour constituer des attractions touristiques.

Reste que tout cela est bien rentable.

Slate.fr

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