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En Arizona, des détenues protestent contre l'absence des produits d'hygiène de base

Temps de lecture : 2 min

L'administration pénitentiaire, qui est l'une des mieux financées de l’État, demeure indifférente aux pénuries de papier toilette.

Femmes en prison, État-Unis, 1996 | Tim Zielenbach / AFP
Femmes en prison, État-Unis, 1996 | Tim Zielenbach / AFP

Dans la prison de Perryville, en Arizona, la dignité des prisonniers et prisonnières n'est pas une priorité pour l'administration. Des lettres envoyées récemment par deux détenues témoignent des conditions précaires dans lesquelles elles sont maintenues, privées des produits d'hygiène de base.

«Je suis arrivée à court de papier toilette le dimanche 9 septembre, et bien que j'en aie continuellement demandé, on m'a dit qu'il n'y en avait plus. Ils avaient des serviettes hygiéniques, que j'ai utilisées à la place, jusqu'au lundi 1er octobre, quand il n'y en avait plus. J'ai alors dû utiliser un gant de toilette jusqu'au mercredi matin», écrit une femme.

Selon NPR, D'autres ont dû demander de l'aide à leur famille face à l'indifférence du personnel pénitentiaire.

Une atteinte à la dignité

La prison de Perryville, implantée à Goodyear, est la seule prison pour femmes de l'Arizona, comptant un peu plus de 4.000 femmes incarcérées. Avec un taux d'incarcération de 106 pour 100.000, l'Arizona est le sixième État du pays avec le taux d'incarcération de femmes le plus élevé.

La pénurie de papier toilette et l'absence de réaction de la part du service pénitentiaire a suscité de vives réactions parmi les défenseurs des droits des prisonnières et prisonniers et certains politiques.

«Comment pouvons-nous nous attendre à ce que les gens se réinsèrent d'eux-mêmes, si nous ne pouvons même pas les traiter comme des êtres humains? Si vous traitez les gens comme des animaux, en leur refusant les produits de première nécessité, comment pouvons-nous attendre d'eux qu'ils sortent de prison en ayant le sentiment de faire partie d'une communauté?», s'est indigné Joe Watson, un porte-parole de l'American Friends Service Committee de Tucson, un groupe de défense de justice sociale œuvrant notamment dans les prisons.

Athena Salman, une élue démocrate siégeant à la chambre des représentants de l'Arizona, a quant à elle dénoncé une situation «immorale et inhumaine» et une atteinte à la «dignité féminine», ajoutant que le système pénitentiaire était conçu «par des hommes et pour des hommes».

Déni de l'administration pénitentiaire

De son côté, le département du service correctionnel d'Arizona a récusé ces accusations, déclarant que cette histoire de pénurie était «absolument fausse». Andrew Wilder, le porte-parole pénitentiaire, a concédé un cas dans l'une des unités de la prison pour femmes, mais en incriminant les détenues:

«La triste réalité est que certaines détenues utilisent mal le papier toilette ou se présentent sous un faux jour pour en demander davantage. Cela peut perturber la capacité d'une unité à maintenir un approvisionnement raisonnable et fiable pour toutes les détenus

Face à cette explication, Salman pointe l'incohérence du discours au regard des moyens dont dispose la prison:

«Soyons lucides. C'est l'une des agences les mieux financées de l'État. Le Département des services pénitentiaires a reçu un budget d'un milliard de dollars. Comment se fait-il qu'il n'aient pas les besoins de subvenir aux besoins primaires de leurs détenus?»

Salman, qui avait déjà œuvré à augmenter le nombre de produits d'hygiène disponibles dans les centres pénitentiaires, entend codifier leur accès par un biais législatif.

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