Monde / Économie

Salvini cible les supérettes tenues par des immigrés

Temps de lecture : 2 min

Il voudrait les obliger à fermer à 21 heures, prétextant qu’elles sont un lieu de rencontre pour le trafic de drogue.

Matteo Salvini arrive à une conférence commune avec Marine Le Pen, en octobre 2018 | Tiziana Fabi / AFP
Matteo Salvini arrive à une conférence commune avec Marine Le Pen, en octobre 2018 | Tiziana Fabi / AFP

Le ministre de l'Intérieur et vice-président du Conseil italien Matteo Salvini poursuit ses assaults contre la population immigrée. En septembre, le gouvernement italien a décidé d’approuver des mesures sécuritaires proposées par l'Intérieur, visant tout particulièrement les migrants et migrantes, notamment en limitant encore les possibilités de demande d’asile.

Le ministre issu de la Ligue du Nord a récemment ajouté à ce décret une mesure qui obligerait les supérettes de quartier à fermer à 9 heures du soir. L’argument derrière cette décision est que ces petits commerces de proximité seraient «un lieu de rencontre pour la vente de drogue et des pour des personnes qui ramènent des ennuis».

Plus qu’une mesure anti-drogue, ce choix est surtout perçu comme une manière de viser les immigrés. Selon Angela Giufrida, correspondante du Guardian à Rome, beaucoup de ces petites épiceries sont tenues par des personnes originaires d’Inde ou du Bangladesh. Nombre d’entre elles ont acheté des murs pendant la crise financière, alors que les prix étaient au plus bas. Salvini affirme que la mesure ne vise pas les étrangers spécifiquement, mais il a tout de même appelé ces épiceries des «petites boutiques ethniques».

Protestations de la société civile

Pour Mauro Bussoni, le secrétaire général de Confesercenti, une association de commerçants, «on ne peut pas faire une loi qui discrimine certains employeurs envers les autres. Les entrepreneurs ont des droits et des devoirs: le devoir de respecter les règles mais aussi le droit de pouvoir ouvrir».

Même son de cloche du côté de Carlo Rienzi, le président de Codacons, une association de consommateurs. En plus de dénoncer la «généralisation» opérée par cette loi, il précise que les magasins ouverts tard le soir sont importants pour les achats de dernière minute.

En plus de la société civile, Andrea Marcucci, du Parti démocrate italien, de centre-gauche, s’est aussi élevé contre le projet. Il est même allé jusqu’à déclarer qu’imposer un couvre-feu était l’une des prémisses de l’établissement d’un «régime autoritaire».

Slate.fr

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